Reprise du message précédent :
Tu sais, ça a été très très difficile pour moi également. L'être qui chérit une femme ayant subit toutes ces subisses dérouille aussi.
Sexuellement déjà, beaucoup de refus, beaucoup trop de fois ou j'avais l'impression de faire l'amour "seul", c'est à dire qu'elle n'était pas avec moi mentalement, etc...
Emotionellement aussi, car je l'ai ramassé à la petite cuillère de nombreuses fois.
Mais en fait, je suis extrêmement têtu, et je n'ai jamais cédé à ses bloquages. Je l'ai obligé en quelque sortes à me parler quand ça n'allait pas. Je ne la forçais pas non plus, mais je lui imposais comme une sorte de pression. Evidemment, ça aurait pu faire l'effet inverse, mais elle a fini par me confier tout. Mais vraiment tout.
Elle a déjà aperçu son violeur, elle a revécu les images alors qu'elle faisait l'amour avec moi. Elle a déjà paniqué en plein milieu, donc là je stoppe tout, je me retire d'elle et je la rassure (enfin, rassurer est un peu léger vu les crises de nerf et de larmes à ce moment là).
Il faut une très grande abnégation, penser qu'à elle avant toute chose, ne jamais la blâmer ou l'enfoncer. Il m'est arrivé de pleurer également, de ne plus supporter cette situation, tous ces sacrifices...tout ce que je n'aurais pas été obligé de faire avec une femme "normale" (ce n'est pas péjoratif ce mot
).
Ayant eu un passé comme tous les autres petits enfants, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Aujourd'hui, je pense que la plupart du chemin est fait, elle ose beaucoup plus, elle n'a plus peur de se dénuder totalement devant moi, elle est beaucoup plus stable émotionellement. Evidement, ça peut revenir parfois, comme lil94 l'a dit, c'est une porte qui peut se rouvrir, et chaque moment il y a ce risque.
Confies-toi à l'homme qui recroisera ta route. Les confidences "sur l'oreiller" comme on dit sont primordiales, et c'est l'amour, la tendresse, l'affection, l'écoute, la compréhension qui l'a aidé à s'en sortir.
Après il est vrai que je ne suis pas psy, c'est totalement subjectif ce témoignage. Je parle par rapport uniquement à ce que j'ai vécu. Voilà comment ma tendre s'en est sortie.
Je répète pour la seconde fois, désormais, elle veut connaître une certaine autre vision de la sexualité. Le problème c'est que le sexe comme on le vit tous normalement résulte d'une pulsion, et même si elle part d'un amour sincère, cette pulsion n'en est pas moins synonime d'une espèce de violence, tout orgasme est violent. C'est surement cette approche qui a longtemps bloqué ma chérie, la peur de l'orgasme, du sexe et de ce qui en découle en plus du traumatisme.
Elle veut désormais connaitre cette pratique qu'est le tantra, qu'on a un peu commencé à expérimenter ensemble, qui est une vision de l'amour et du sexe annulant toute pulsion. C'est en quelque sorte le sexe vu comme une spiritualité, la recherche de soi, la découverte de l'autre, comme le yoga. Une méditation sexuelle en quelque sorte pour que les deux êtres fusionnent ensemble pendant l'acte, ce qui amène à un orgasme beaucoup plus sain et beaucoup moins violent, qui est effectivement l'idéal pour elle.
Je pense qu'en expérimentant cela, elle va faire le dernier grand pas vers une sexualité normale, pour qu'enfin elle soit en paix avec elle-même près de huit ans après son viol. Il y a un sujet créé dans la rubrique "Kamasutra" si tu veux aller voir. Cela implique aussi d'avoir une confiance totale avec le/la partenaire.
Voilà. Le dialogue, la confiance, l'amour, l'écoute, la compréhension, c'est ce qui l'a aidé elle à s'en sortir. Il a peut être fallu que je donne énormément du mien, c'est vrai, mais quand je vois le résultat, quand je vois l'aboutissement enfin venir, le bout du tunnel, qu'elle s'en sort, qu'on s'en sort ensemble, je ne regrette rien, et je changerai notre histoire pour rien au monde.
Je l'aime quoi...
J'espère t'avoir aider avec ce témoignage. J'insiste sur le fait que c'est subjectif et que c'est uniquement du vécu. Je n'ai pas de grandes théories ou doctrines pour s'en sortir. C'est juste comme ça que ma copine s'en est sortie. Sa sorte de psychothérapie à elle quoi.
Bisou et bon courage