Réalité authentique et drôle : dans les années 60, l'éducation sexuelle n'existait pas du tout. Un grand nombre d'adolescents, ne recevaient absolument aucune éducation sexuelle. J'avais des copains de 18 ans qui ignoraient complètement l'existence des mots masturbation, testicules, verge, sperme, etc. Ils n'avaient aucune idée de ce que ça voulait dire.
A l'époque, tous les ados étaient maintenus volontairement dans une ignorance complète de tout ce qui avait rapport à l'intimité du corps et au sexe. " Pour ne pas leur donner des idées " ! Et dans toute la société il était interdit d'en parler, le sexe et la nudité était le plus grand tabou de la société. Ce qui permettait à chaque famille de faire tout ce qu'elle voulait en privé, et avec leurs relations même de plus vicieux. Car il y avait à l'époque une véritable vie privée. Avec la quasi impossibilité d'en parler ailleurs. C'était pas internet, c'était le contraire. Il fallait savoir se taire et sauver les apparences. Certains responsables, eux aussi en profitaient pour prendre des libertés, quasi assurés de ne pas être inquiétés.
L'Eglise catholique régnait littéralement sur la France. 80% des femmes étaient catholiques pratiquantes. Seule, l'Eglise dispensait une éducation sexuelle aux ados, garçons et filles. Toujours très incomplète, le plus souvent erronée, très orientée et très culpabilisante. Et quasiment impossible à respecter à la lettre.
En particulier, les fils de la haute société, ainsi que les fils de familles très catholiques. Toujours maintenus en odeurs de sainteté et supposés être des très purs au service des hauteurs de l'esprit et de l'âme.
Il y avait à l'époque véritablement trois classes sociales, comme avant la Révolution de 1789, qui se méprisaient mutuellement. Il était impossible de passer de l'une à l'autre. Et dans les écoles et lycées, les enseignants sélectionnaient les futurs diplômés uniquement en raison de leur origine sociale. Les ouvriers, employés et agriculteurs, les cadres supérieurs. Et entre les 2, la petite bourgeoisie moyenne.
Pour toutes les filles, c'était pire, en particulier pour les catholiques et celles de " la haute ".
Evidemment, la nature, qui est la même chez tout être humain normal, se moque complètement de la règle sociale de l'époque dans un pays. Et la seule éducation sexuelle valable, était celle des copains et copines, dans les écoles, collèges, et ailleurs. Les plus grands jouant un rôle décisif d'instruction. D'autant plus que à cet âge, chez tous, la nature se manifeste jusqu'à devenir une préoccupation majeure, avec un esprit de curiosité sans limites.
Seulement dans les écoles primaires, collèges et lycées, la plupart des fils de la haute société et des familles cathos, se trouvaient mélangés aux autres. Et eux aussi recevaient l'instruction sexuelle des copains, très contents de la recevoir. Avec les travaux pratiques qui allaient avec, c'est à dire les jeux vicieux et les expéditions sexe, quotidiens.
En particulier le vocabulaire. Extrêmement cru. Qui allait avec. Et le seul et unique possible pour nous. J'ai laissé un post dans la discussion " les mots cochons, ça vous plaît ? ".
A l'époque, évidemment, la mixité était considérée comme la dernière des horreurs, avec les encouragements de l'Eglise. La plupart des femmes ne travaillaient pas, et étaient femmes au foyer. Les garçons et les filles étaient très soigneusement séparés, à tous âges. On se retrouvait en dehors. Ce qui permettait aux filles, très intéressées de profiter de l'instruction des garçons, y compris le vocabulaire.
Forcément l'ignorance était extraordinaire chez tous. On se partageait nos nouvelles compétences. Nous recherchions tous les moyens d'instruction possibles, qui étaient rares. Beaucoup d'hommes et de femmes adultes, sous le manteau, nous aidaient franchement à nous délurer. Et pas seulement en famille.
Parmi les quelques moyens d'instruction, il y avait le porno, uniquement venant de l'étranger. Formellement interdit aux plus de 21 ans en France. Circulant sous le manteau, il était introduit en France par les routiers. Ils n'étaient pas contrôlés aux frontières, ça n'aurait servi à rien. Le contraire de maintenant. Les commerçantes servaient de dépositaires clandestines, et les mères de famille venaient se fournir régulièrement chez elles. Et c'était ces femmes qui le passaient aux ados, qui se le repassait entre copains et copines.
Ils y avait aussi les wc publics dans toute la France, qui étaient de véritables bordels. Très fréquentés par les hommes hétéros et bi, ils servaient aussi de " tasses ". Entres autres, les cloisons et les portes étaient entièrement recouvertes de graffitis obscènes, textes et dessins. Très instructifs, car laissés par des hommes adultes très expérimentés. Avec un vocabulaire particulièrement réussi, et l'expression de tous les fantasmes les plus crus, et les demandes de rendez-vous.
Une aubaine pour tous les ados, garçons et filles. D'autant plus facilement, que de toute évidence les ouvriers chargés de l'entretien des wc, encourageaient ces oeuvres d'art. Effaçant les moins réussis et laissant volontairement les chef-d'oeuvre, qui restaient intacts de très nombreuses années. Leur grand prétexte, pour sauver les apparences : plus on les efface, plus il y en a d'autres. Et c'était vrai ! Ces amusements ' artitiques " à l'époque coûtaient quatre ans de prison fermes, suivies de l'exclusion définitive de la société et de tout revenu. Les fils - et filles - de " la Haute ", et les cathos, emmenés par les copains, fréquentaient eux aussi ces endroits. Les filles, même grandes ados, fréquentaient beaucoup ces endroits dans un rôle d'instruction
Les filles, instruites par les copains, n'étaient pas les moins délurées et les moins hardies. D'autant plus que leurs mères les encourageaient secrètement. Les filles commençaient souvent à fréquenter les wc publics entre copines dès 11 ans, et beaucoup jusqu'à 18 ans. Quand je suis arrivé à 14 ans, certaines de mes copines me trouvant beaucoup trop coincé, m'ont recommandé vivement, plusieurs fois, d'aller faire un tour dans les wc publics " pour que je puisse apprendre ". J'ai ainsi fréquenté les wc publics régulièrement jusqu'à 18 ans, seul ou avec les copains. On y croisait très souvent d'autres ados, garçons et filles, et beaucoup d'hommes adultes, même des enseignants et employés d'établissements scolaires, qui n'étaient pas là pour autre chose. L'apprentissage du vocabulaire était au programme.
Il y avait aussi des déculottages fréquents avec ou sans jeux de touche-pipi, qui avaient uniquement un but instructif. Nous étions tous d'une pudeur terrible. Entre garçons nous n'aurions jamais accepté. Mais avec des filles, certains acceptaient. J'ai été invité plusieurs fois. " Si tu veux baisser ton slip avec la fille unetelle, c'est possible ". Trop pudique, j'ai toujours refusé.
Pourtant, c'était gratuit pour voir, et gratuit pour toucher !
Les fils et filles de la haute société ou de familles très catholiques, très puritaines, mais très intéressé(e)s, étaient entrainé(e)s par les groupes des copains et copines. Avec le vocabulaire qui allait avec. Leur corruption morale était totale et durait des années.
Quand la vraie instruction sexuelle arrivait, souvent à plus de 20 ans, et encore volontairement très incomplète, elle ne servait plus à grand-chose.
Et chez tous, l'ancien vocabulaire cohabitait avec le nouveau.
Et pour les garçons de " la Haute " ou très cathos, il y avait ensuite le service militaire. Avec la nudité et les bizutages collectifs très réputés à l'époque. Après le conseil de révision tout nus. Pour eux comme pour les autres. Beaucoup d'humoristes professionnels ont utilisé ce mélange des origines sociales au service militaire.
Toute ma scolarité, et au service militaire, j'ai assisté à l'initiation et à la corruption morale de quantité de fils et de filles de " la haute ", ou très cathos. Au début très méprisants et très distants. Rougissants très facilement. Avant de regagner plus tard de hautes responsabilités. Avec tous un passé secret. Et un vocabulaire inavouable. C'était d'ailleurs toujours par le vocabulaire, que commençait dès les plus jeunes classes, leur initiation.