dans les années 60, l'éducation sexuelle des ados n'existait pas du tout. la principale raison, c'était qu'il ne fallait pas leur donner des idées, ou parce que c'était le tabou de l'époque, ou parce que c'était difficile à faire. c'était aux seuls parents de s'en occuper, s'ils voulaient bien. l'église prenait des iniatives pour le salut des âmes.
l'église catholique, qui règnait sur la france, dispensait une éducation sexuelle très orientée, surtout d'interdiction, où le feu éternel tenait plus de place que les vérités scientifiques. par l'intermédiaire des parents. ou à confesse, où tombait inmanquablement la question, pour les garçons comme pour les filles : "est ce que tu te touches ? ". comme c'était presque toujours le même curé à chaque fois, la question était répétée à chaque confession pendant des mois et des années, jusqu'à ce que la réponse soit oui ! pour pouvoir être compris, les curés étaient obligés de demander aux filles : "est ce que tu te touches entre les cuisses ?" et aux garçons : "est ce que tu te branles ?". quand la réponse était enfin "oui", tombait une avalanche de questions : est ce que c'est souvent ? combien de temps ça dure ? à quoi tu penses ? etc. il fallait oser répondre.
une multitude de parents "oubliaient", tout simplement. et quantité d'ados à partir de 12 ans fuyaient l'église. certains parents en profitaient pour "orienter" l"ado, soit vers l'interdiction, soit vers la tolérance maximum, dans le contexte terriblement répressif de l'époque.
j'avais des copains de 18 ans qui n'avaient reçus aucune éducation sexuelle. il ne savaient pas du tout ce que voulait dire les mots masturbation, sodomie, verge, vulve, testicules, sperme, etc. ils ne connaissaient aucun mot scientifique. la seule éducation sexuelle qu'ils avaient reçue, c'était par les copains à l'école et le porno qui circulait sous le manteau et que quantité d'ados lisaient habituellement. les médecins hommes et femmes, s'ils voulaient se faire comprendre de beaucoup de garçons, devaient utiliser uniquement les mots branler, juter, etc. même avec des grands de 18 ans !
j'ai commencé à me branler et à juter à 12 ans, mais je n'ai reçu aucune éducation sexuelle avant 14 ans. à 14 ans, à 16 ans, et à 18 ans, progressivement par des lectures scientifiques très simples.
tous, nous recevions d'abord pendant des années, une formation "scolaire, uniquement entre copains". dans les écoles et lycées, la mixité était soigneusement interdite, filles et garçons étaient très séparés, pour ne pas donner des idées. ceux qui recevaient une éducation sexuelle, celle ci était tellement superficielle ou tellement insuffisante, que c'était l'école qui comptait le plus.
et dans les écoles, collèges et lycées, et centres de formation, à partir de 10-11 ans et jusqu'à plus de 21 ans, on apprenait entre nous un vocabulaire très cru, très cochon et très osé, que la plupart d'entre nous gardaient toute leur vie. et dont la valeur érotique était maximum.
par exemple : une verge c'était une bite, un noeud, ou une cacate (qui est la véritable orthographe d'origine de quêquête). elle s'appellait un zob, seulement quand elle était raide. les testicules, c'était les couilles.
se masturber, c'était se branler. le sperme c'était la jute, et éjaculer c'était décharger ou juter. sodomiser c'était enculer.
la sodomie, c'était l'enculage.
une vulve, c'était une chatte. les seins, c'était les nichons.
aucun des rares manuels d'éducation sexuelle de l'époque ne disait que les filles et les femmes pouvaient se masturber. et aucun n'évoquait le clitoris. c'était le tabou suprême, surtout pour l'église catholique !
le clitoris, c'était le bouton.
ce qui me fait jouir, c'est que les fils de familles catholiques, et les fils des familles de haut niveau, très puritaines, très strictes, très répressives, très méprisantes, étaient obligés d'apprendre eux aussi ces mots obscènes et ils étaient obligés de participer à nos discutions vicieuses interminables. dès l'école primaire à 11 ans, jusqu'à 20 ans. ils étaient d'autant plus intéressés qu'ils recevaient généralement une éducation sexuelle inexistante ou très insuffisante, eux aussi ! c'était l'apprentissage de la perversion.