| Nico8. |
Voilà ma contribution. Je sais, c'est pas très fun et gaudriole...
Malgré la chaleur déjà suffocante du printemps, la foule nombreuse était restée longtemps à écouter Jésus. Depuis son entrée triomphale à Jérusalem, le dimanche précédent, il avait été fêté comme jamais auparavant et chaque jour il s’entretenait longuement avec le peuple qui s’assemblait pour lui. Ce jeudi, vers quatre heures, les auditeurs quittaient peu à peu la place et rentraient chez eux, afin de préparer la fête des pains sans levain.
Après s’être esquivés furtivement, Jésus et Jean marchaient en silence dans les ruelles de Jérusalem. Après quelques détours, ils arrivèrent devant une petite maison ; Jean adressa un regard complice à Jésus et le laissa. « A ce soir ! ».
Lorsqu’il entra dans la pièce, elle l’attendait.
« Tu as vu comme ils sont nombreux ! Tu as vu comme ils t’aiment !»
Jésus vint s’asseoir auprès de Marie-Madeleine. Il aimait ces rares moments d’intimité, loin des disciples et des foules, lorsqu’il venait passer quelques instants avec elle. Ils parlaient peu mais se touchaient beaucoup, se caressaient, faisaient l’amour parfois. Marie-Madeleine, elle, était toujours désemparée, ne sachant véritablement que faire, le trouvant si proche, si humain, mais si lointain, tellement insaisissable. Dans ces minutes, Jésus semblait extrêmement fragile. Il quittait sa posture de docteur, son langage incompréhensible et s’abandonnait en silence dans ses bras.
Certes, elle ne le comprenait pas vraiment. A l’instar de Pierre et des autres, elle l’avait suivie, attirée subitement, mais sans bien savoir pourquoi. Comme eux, elle ne saisissait pas le sens de ses discours, mais elle l’aimait et ne l’aurait quitté pour rien au monde. Avec tous les autres, elle lui avait confié sa vie.
Ce jeudi, dans la moiteur de la nuit tombante, ils firent l’amour. Leur étreinte fut intense comme jamais. Jésus, sachant ce qui allait arriver, la caressa, lentement, profondément, jusqu’à mémoriser chaque cellule de sa peau. Les yeux fermés, tendrement du bout de ses doigts, il dessina plusieurs fois le galbe de ses seins. Il s’enivra de son corps. Marie-Madeleine fut surprise de ces attentions. Elle n’espérait rien. Après toutes ces années de misère, chacun de ses instants la comblait, mais elle avait compris qu’elle ne serait jamais reconnue comme sa femme. Le Messie n’a pas de femme. Va savoir pourquoi, mais il n’a pas de femme. De toute façon, elle s’en fichait. Confidente et amante, c’est le rôle qu’elle voulait, le rôle qu’elle aimait, celui qu’elle tenait depuis un an environ.
Un long silence pesant s’installa. Jésus s’assombrit. Il l’embrassa, se leva et s’habilla. « Tu n’oublies pas l’histoire du parfum ce soir ? ». Il tourna vers elle ses profonds yeux noirs, dans lesquels elle perçut soudain une tristesse indicible. Il ébaucha un sourire, et tentant de plaisanter, la voix mal assurée, il lança « Bon, c’est pas tout ça… mais j’ai un dîner ce soir. »
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