MoMA
(par Anne Archet, qui habite trop loin pour profiter du prix mais qui est toujours présente quand il est temps de gagner quelque chose)
J’épiais ce couple depuis le début de l’après-midi, les observant passer de Picasso à Braque, de Max Ernst à Frida Kahlo en se chuchotant à l’oreille, en s’embrassant dans le cou, en se caressant discrètement dans les coins sombres. Je ne pouvais m’empêcher de les suivre, fascinée par l’éclat de leur beauté, par la simplicité radieuse de leur amour.
Au détour d’un couloir, je les aperçus, se faufilant dans l’escalier de service. J’ouvris délicatement la porte, elle était là, accroupie devant lui, pompant sa verge avec ardeur. Elle me vit, se figea, le bout de son gland entre ses lèvres.
« It’s okay » leur dis-je en souriant. « Just let me watch. »
Il me rendit mon sourire ; elle se remit à sucer de plus belle.
Je fus le cerbère de la sortie d’urgence, la gardienne de leur amour. À deux mètres à peine des Demoiselles d’Avignon, je relevai ma jupe et glissai deux doigts sous ma culotte en les dévorant du regard. Consciente de performer devant public, elle faisait tout pour que j’admire sa technique. Elle taquina le méat du bout de sa langue, la fit glisser le long de la hampe jusqu’à ses couilles, elle le tint en haleine, pour ensuite l’engloutir frénétiquement dans un bruit baveux, obscène.
Je jouis alors que le sperme coulait du coin de sa bouche jusqu’à sa gorge.
« Hope you liked the exhibition » me dit le gardien de sécurité posté à la sortie du musée.
« One of the best I've ever witnessed » lui répondis-je, rougissante.