bisous vous 2
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Il tombait encore et toujours, il fusait vite, très vite. Une impression de chuter dans un puits sans fond. Bizarrement, il n’avait pas peur.
Soudain un choc. Son corps fut secoué de rapides tremblements.
Balou ouvrit les yeux. Il était complètement réveillé. Magali et Céline se tenaient devant lui. La nuit était tombée. Toutes deux portaient une longue tunique orangée à bretelles qui leur dévoilait leurs épaules nues. D’apparence on aurait dit de la soie. En tout cas c’est l’impression qu’eut Balou lorsque Céline se pencha vers lui pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres.
Céline et Magali s’allongèrent ensuite à ses côtés. Lui, restait couché, immobile, les yeux fixés au plafond. Elles savaient qu’elles ne devaient pas le brusquer.
Céline avait raconté à sa compagne ce qu’il leur était arrivé pendant la vingtaine de minutes où Magali avait pris soin du corps terrestre de Balou. Elle-même était impatiente maintenant de voyager ainsi dans le Merveilleux.
La petite main blanche de Céline caressait le front de Balou, « Tu es le père de la petite fille que je porte », lui dit-elle en pensée. « Margaret t’a dit que tu étais l’élu, celui qui nous montrerait la voie, celui qui porte le don de procréation et de sublime semence ». Elle déposa un baiser sur le front luisant de son amant, une pellicule de sueur l’enveloppait encore.
- Je ne suis pas digne, annonça Balou.
- Que dis-tu mon cœur ? Pas digne ? Après tout ce que tu as vu ? Margaret t’a dit de croire en toi, nous t’aiderons Magali et moi, tu sais que tu peux compter sur nous.
Céline lui avait répondu de sa plus douce voix. Elle lui avait lancé son sourire si charmeur qui le faisait craquer à chaque fois.
Balou pensait à son voyage. La déesse Margaret leur avait parlé. Il ne s’attendait pas du tout à découvrir une femme de ce genre. Elle était très typée. C’était une indienne à la peau caramel, aux yeux noirs, aux longs cheveux sombres qui pendaient jusqu’au bas du dos. Elle portait un sari. L’âge ne voulait certes rien dire, mais elle ressemblait à une femme d’une trentaine d’années.
Elle les avait accueillis dans un jardin aux plantes tropicales. De multiples ruisseaux et jets d’eau agrémentaient la flore ambiante.
« Nous avons toujours existé », commença-t-elle. « Le Monde perdu, comme vous l’appelez, n’est qu’une partie des Mondes féminins. Une multitude de dimensions, et d’espaces-temps fourmillent dans l’univers. Mais je dois vous avouer que dans votre galaxie, vous étiez les seuls êtres vivants à pouvoir nous accueillir. La terre a transformé mon peuple, puisque les rayons du soleil ont décimé une partie importante des amazones ».
Il l’avait écouté attentivement, buvant religieusement ses paroles. Les lèvres de la déesse ne bougeaient pas, seule sa voix résonnait dans la tête de Balou.
« Je suis ravie que Magali et Céline vous aient trouvé. Comme elles vous l’ont expliqué, vous avez le don, celui des temps anciens. Aucun humain ne m’a jamais rencontré, alors vous pouvez mesurer la confiance que je vous porte, jeune homme. «
Margaret se leva. « Reste assise un moment ici sur le banc », dit-elle à Céline. Puis, elle prit Balou par le bras et l’entraîna au fond du jardin.
Ils marchèrent côte à côte sans mot dire. La femme était presque aussi grande que Balou.
- Un instant, dit-elle.
Balou se tourna vers elle. Margaret plongea son regard sombre dans le sien. Balou sentit qu’elle pénétrait en lui. Il ne pu plus bouger. Figé, immobile, mais conscient, il vit le visage de Margaret se rapprocher du sien.
Elle l’embrassa doucement, sur ses joues. Puis, sa langue douce et chaude s’insinua entre les lèvres du garçon. Un parfum de gingembre et de coriandre émanait de la femme. En un tour de main Balou fut nu.
« Je suis nu devant une déesse », cria mentalement Balou.
Il explosa de bonheur lorsque les lèvres de Margaret se posèrent sur sa hampe déjà dressée. Agenouillée devant son invité, la déesse suçait le mortel lentement. Sa langue rouge, et longue, s’enroulait autour du tronc.
Balou dû s’adosser au palmier, sinon il allait flancher. Ses cuisses tremblaient. Il voyait son sexe dans la bouche de la femme. Mais son sexe grossissait aussi à vue d’œil, il atteignait une taille inouïe. Margaret prit entre ses mains les bourses elles aussi devenues grosses comme des tomates.
Elle but longuement à la verge longue et grosse. De belles veines bleues courraient sous la fine peau tendue à l’extrême. La bouche parfaitement ajustée à l’énorme gland violet, suçait Balou avec une grande tendresse. Margaret jetait souvent un regard amusé à l’homme debout au-dessus d’elle, elle l’écoutait hurler sa joie, crier sa jouissance intensément.
Céline, assise sagement sur le petit banc, entendit les hurlements de Balou. Elle savait ce qui se passait, elle souriait. « Il aurait dû s’y attendre, il est encore bien naïf ce petit homme », pensa-t-elle en caressant son ventre de femme enceinte.
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- Merci Balou, ça faisait si longtemps, j’en avais follement envie, merci encore mille fois.
Margaret lui déposa une douce bise sur ses lèvres.
- Je vous avais injecté un sérum dans votre verge, ce qui a permit d’augmenter sa taille et aussi celle des bourses. Ainsi la semence n’en a été que plus importante.
Balou ne dit rien, il était vanné. Il avait par contre terriblement soif. Enfin il lâcha :
- Comment allons-nous retourner sur terre ? Il nous a semblé qu’une force prodigieuse a fait exploser le pont en pierres.
- N’ayez crainte, ce sont les mauvais esprits qui hantent les faubourgs de mon royaume. Dans votre religion le christianisme, on appelle cela les démons ou les anges déchus, il me semble, non ?
Balou jeta un regard horrifié à la déesse.
- Que voulez-vous mon cher, le bien et le mal ne sont pas que des notions terrestres. Allez courage, vous voyagerez sur la felouque royale.
Il se rappelait avoir embarqué avec Céline sur un antique rafiot égyptien, puis plus rien, le trou noir, et la folle chute vers son enveloppe charnelle.
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Les mois avaient passé. Céline, Magali, et Balou représentaient ce qu’on a coutume d’appeler un ménage à trois. La petite Charlotte était née. Magali avait pris les choses en main pendant la grossesse de son amie. Balou avait déménagé et rejoint les deux femmes dans le manoir où déjà elles habitaient. Les trois employés qui géraient la propriété l’avaient accueilli chaleureusement. Enfin ravi de constater et de savoir un homme en compagnie des deux femmes. Le climat était d’autant plus sympathique puisque le bébé rajeunissait et égayait également la vieille demeure.
Charlotte était née au manoir. Magali fut une sage-femme remarquable. La maman allaitait la petite, pour lui transmettre force et savoir.
Chaque nuit, Balou faisait l’amour avec Céline et Magali. Il produisait pour elle la semence nourricière avec amour. Il les aimait toutes les deux, et de surcroît il était père d’une adorable petite fille blonde.
La petite famille vivait bien, les fonds accumulés au fil des siècles permettaient un train de vie confortable, ils provenaient d’une origine très ancienne. Balou ne posait pas de question, car il savait qu’il n’était que de passage sur terre, contrairement à ses femmes.
Il continuait de travailler, pour donner le change, mais il avait perdu tout intérêt pour la Firme. Il était heureux certes, mais bien souvent Annie son assistante, le retrouvait assis devant son écran en train de pleurer. Elle se faisait un sang d’encre, Balou ne lui disait rien, le mutisme complet.
Personne ne savait qu’il était papa, et qu’il vivait avec deux superbes créatures, dans un manoir somptueux, à l’écart de Beaune.
« Est-ce le prix à payer ? « Souvent cette question lui torturait l’esprit.
Il avait coupé les ponts avec ses amis et sa famille, il vivait presque en ermite. Le soir venu, des cascades d’orgasmes le submergeaient, il hurlait de joie avec ses compagnes.
« Est-ce, le Merveilleux ? «, il ne savait plus.
Balou avait vécu tant d’évènements en l’espace d’une année. Il avait vu, vécu, des choses que nul humain ne verrait jamais. « Le jour où je ne serai plus aussi vigoureux et fertile, elles me remplaceront, ça c’est évident. Elles me plongeront alors dans un bocal de formol en souvenir. Je me retrouverai ainsi au fond d’une cave comme tous les autres ».
Telles étaient ses sombres pensées à l’instant où Annie fit une entrée fracassante dans son bureau.
- Bon maintenant ça suffit ! Tu as une mine de croque-mort ! Sacrebleu faut te bouger !
Annie gesticulait, elle sautillait, et trépignait autour de Balou. Lui, restait stoïquement assis dans son fauteuil, l’œil éteint.
Elle le secoua par les épaules. On aurait dit qu’il était shooté. Il s’écroula.
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Un mal au crâne terrible, une envie de vomir. « Putain je vais gerber » se dit Balou. Il était secoué, ses joues le brûlaient, « Merde, on me gifle », mais c’était si bon de rester dans le noir, de fuir la réalité, dormir, encore et toujours. Il sombra à nouveau dans l’inconscience.
Balou flottait dans un état conscient et inconscient à la fois, l’obscurité était devenue son refuge. Il tentait de se reconstruire mentalement, mais il ne voulait pas encore se réveiller. Il savait qu’il était en sécurité, certainement dans un hôpital ou en clinique. Il entendait des brouhahas, des bribes de conversation de ci delà.
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Le soleil brillait de mille feux. Il étincelait la chambre. Un rayon téméraire se glissa sur le visage du patient endormi. La poitrine de l’homme se soulevait à un rythme régulier. Un drap blanc recouvrait son corps.
Vanessa monta l’escalier menant à la chambre à coucher. Dix heures du matin avaient sonné à la grande horloge comtoise du salon. Zoé le chat gambadait dans le jardin, l’hiver s’était enfin envolé. « Heureusement, qu’elles sont parties aussi », pensa la grande et brune jeune femme. Elle portait un jeans, ainsi qu’une chemise à carreaux de Balou, son mari. Elle marchait pieds nus, la chaleur du parquet lui faisait du bien.
La porte grinça dans ses gonds, « Zut je vais le réveiller », se dit Vanessa.
Elle entra.
Son mari allongé, la regardait de ses brunes prunelles. Une larme coulait sur chaque joue.
« Je t’aime », murmura-t-il.
FIN
Epilogue :
Dans sa folie Balou avait complètement occulté Vanessa. Il s’était inventé une vie parallèle pour assouvir ses fantasmes. Son entourage professionnel n’avait rien détecté immédiatement, seule Annie avait continué ses investigations.
Annie avait mené son enquête, elle savait que Balou plongeait dans un abîme sans fond. Sa mission consistait à éradiquer la horde des suceuses, puisqu’elle appartenait aux services secrets…
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Plusieurs mois avaient passé. Un dimanche matin dans la campagne bourguignonne, un lézard se légumait au soleil. Le disque solaire chauffait déjà les pierres pour la journée.
Au-dessus du lézard, une fenêtre ouverte laissa échapper des hurlements. Le lézard effrayé déguerpit.
La femme jouissait sous la bouche de l’homme. Il la buvait, allongé entre ses cuisses.
Vanessa adorait lorsque son mari agissait ainsi en improvisant une séance de câlins matinaux…Elle savait qu’ensuite il aimerait la sodomiser, puis, ils dégusteraient des sushis et sashimis, en savourant un petit verre de vin blanc.
Ils s’aimaient, et cela était l’essentiel.
Balou, printemps 2006
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Je préfère glisser ma peau sous des draps pour le plaisir des sens que de la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence.
Raymond Devos