Comme je déprime, je relis mes histoires, et je me dis que celle-ci pourrait convenir en ces lieux? peut-être...
Un petit
à Soph qui m'a inspirée lors d'une de nos nombreuses soirées "Je-te-maudis-toi-l-homme-qui-ne-m-aime-pas", et un petit
pour moi qui me retrouve lamentablement célibataire ce soir et qui pourrait bien finir comme c'te pauv'Mara...
Je suis Mara, la fille célibataire dont personne ne comprend le célibat. Personne sauf moi.
Je vous explique en vitesse ?
Ça va prendre deux minutes, c’est typique, vous allez vite piger pourquoi je vais finir ma vie seule… Donc, tout a (re)commencé vendredi. J’étais au boulot avec les Bitch, mes collègues féminines, toutes des salopes. Quand Ju, elle est en manque, Ju grave !, se met à chanter une rengaine qui se limite à quelques mots fredonnés sur l’air des bijoux, comme dans Tintin et les bijoux de la Castafiore, de Faust
- J’ai envie de me faire baiser !
Putain, j’en ai marre de trainer avec ces folles ! Regarde là, l’autre qui met pas de soutien et qui pointe comme une chambre à air en rougissant, faussement pudique.
Moi, j’en ai marre de toute cette vulgarité, de tous ces sentiments bons marchés, je ne veux plus me faire baiser. J’en ai marre qu’on me baise, qu’on me prenne, qu’on me tringle, qu’on me retourne dans tous les sens, qu’on se finisse dans ma bouche, ou au creux de mes reins. J’ai envie qu’on me trouve belle, qu’on me caresse avec passion, qu’on se souvienne de mon nom ou en tout cas de mon prénom, et qu’on me fasse l’amour. Rien qu’une fois.
Au lieu de ça, je lui souris à Julie et j’enchaine avec la vanne du jour.
- Tellement le quêtant que je pourrais m’envoyer tout un autobus…
- Et quoi, on sort ce soir ?
Non, on ne sort pas !
En boite on ne rencontre que des crétins, la bite en fleur, les mains baladeuses et la femme qui les attend sagement à la maison avec les mouflets ; ou les morpions au garde à vous n’attendant que la charge pour courir envahir une toison vierge.
Les autres se rétractent, mais je ne suis pas une fana du coït interrompu.
Je dis oui, parce que la baise, ça ressemble un peu à de l’amour, alors c’est mieux que rien, non ?
Elle est contente Julie. Sur qu’elle va trébucher sur un vieux. Drôle de mœurs, Julie. Et qu’elle va tomber amoureuse, elle tombe toujours amoureuse Julie, avant de se prendre le énième râteau du mois. C’est de sa faute aussi, elle n’a pas besoin d’avoir l’air aussi désespérée.
Bref, vendredi soir, je me retrouve à tenir la chandelle au Havanna, rejetant les gros lourds qui viennent baver sur le tissu transparent de mon corsage, noir, tressé.
Moi aussi j’ai tout d’un coup envie de me bourrer la gueule. Pourquoi je me gênerai ? Après tout, ils n’ont pas pour moi le respect que j’ai pour eux, de me montrer sous mon meilleur jour, des fois que je rencontrerai quelqu’un de bien… il est encore tôt. Je m’exécute, ça fait du bien, la tête qui tourne, les visages des gros lourds qui passent de répugnants à presqu’acceptables. Je m’emmerde, mais d’une force, quand je le vois entrer.
Il n’est pas seul. Tout un groupe de furieux l’accompagne, dont une femme qui s’accroche à son bras et une autre qui les enveloppe d’un regard jaloux. Classique. La femme et la maitresse. Lui, il s’en fout, pour la simple et bonne raison qu’il me sourit. Je ne savais pas qu’il viendrait, sinon je ne serais pas venue.
Mes jambes se mettent à battre la chamade et mon cœur à s’entrechoquer, à moins que ce ne soit le contraire, je ne sais plus… il s’approche.
- Salut Mara.
- Salut Alex.
- Tu es…
Il ne finit pas sa phrase. Il n’en a pas besoin, je sais qu’il me trouve sublime, je n’ai pas besoin de distinguer la bosse qui durcit sous le tissu de son pantalon pour le savoir, je le lis dans ses yeux. Alors il vient me faire la bise, pose sa main contre la chute de mes reins, m’attire assez près pour que je le sente battre contre la peau de mon ventre. A chaque fois c’est pareil… ses lèvres effleurent les miennes, j’ai envie que le monde s’arrête de tourner, j’ai envie d’aller chercher sa langue, de passer mes mains sous le coton de sa chemise. De ne plus attendre et de me laisser tomber sur la piste, au beau milieu de ces inconnus et de leur offrir en spectacle mon corps souillé par… par celui qui fut mien et que je n’ai pas su garder.
Conasse.
- Ça me fait plaisir de te voir.
- Moi aussi.
Connasse.
Il s’en retourne à ses amis, me plante là, je n’ai pas d’autre choix que de rejoindre Julie et son papy qui s’engorgent sauvagement depuis plus d’une plombe. Je n’en peux plus, c’est au dessus de mes forces, bien plus que je n’en peux supporter.
Je me barre.
L’air frais me fait du bien. Les larmes se battent pour rouler le long de mes joues, mais je les retiens, les larmes ce sont bien les seules choses que j’arrive à garder.
Je me souviens d’autrefois, toutes les autres fois où on a essayé, de disputes en réconciliations, de nos baisers passionnés, de sa façon de me faire l’amour. Et c’est ça, au fond que je recherche désespérément au fil de mes nombreuses (menteuse) conquêtes…
Alex sort à son tour, me repère, allume une Malbiche, les bonnes habitudes ont la vie rude…
- Tu t’en vas ?
- J’ai besoin de prendre l’air.
- C’est à cause de moi ?
Sa main sur mon épaule nue éveille des sensations que je croyais mortes en moi, les habitudes ont décidément la vie dure, les papillons qui bourdonnent derrière le nombril, centre de gravité qui s’affale dans le bas ventre, ses doigts sont froids au contact de ma peau brulante. Oh, oui, c’est à cause de lui, ça a toujours été à cause de lui.
Je les réchauffe de ma main, il se rapproche, laisse glisser son bras le long du mien, enserre ma taille et m’agrippe, le visage dans mes cheveux.
- J’ai envie de t’embrasser…
Il le fait et je sens que je flanche quand sa langue titille mon cou, ma nuque, mes épaules, quand ses mains passent sous mon top, quand son sexe durcit contre mes fesses et que je gémis. Comme avant. Je me retourne, il m’embrasse à pleine bouche, doucement mais avec fougue, tendrement mais avec la rage. La haine de notre séparation, la haine de cette attirance qui résiste à tout et à toutes celles qui peuvent prendre ma place, ou essayer de le faire.
Il prend ma main, la colle contre son entrejambe et je sais que ça va finir comme à chaque fois que la vie nous met en contact.
- Viens.
- Où ?
- Peu importe.
- J’ai pas envie… maintenant… pas comme ça !
- Comment ?
Pas avec ta femme qui t’attend, pas avec la certitude que tu ne m’appelleras plus après, parce que ce n’est pas moi qui partage ta vie.
On est partis, j’habite pas loin, on s’est allongés l’un contre l’autre.
Sa main remonte le long de ma jambe, je me réveille instantanément. J’avais oublié qu’on était nus, on avait trop bus, on n’a pas entendu sonner son portable, on s’est juste foutus à poil, histoire de voir si on était toujours excitants une fois les vêtements éparpillés par terre. Ses doigts fouillent mon intimité, comme s’il la découvrait pour la première fois, et ma réaction est instantanée, je me cabre, réflexe pavlovien au souvenir de la jouissance, de son érection en moi.
J’ai chaud.
J’ai envie de transpirer.
De décharger mon manque de lui en le tuant sous le poids de mon désir.
Il descend sous la couette, commence à me lécher, mes pieds se tordent sous le plaisir que provoquent ses baisers, ses mordillements, sa langue qui titille, qui joue, qui suce et recrache mon clitoris jusqu’à ce que j’en hurle.
Gourmande je le prends dans ma bouche, quand il me mange, j’ai toujours faim, alors j’essaie de l’avaler.
Je le déguste comme une glace, je l’empêche de couler, je mordille à mon tour, j’aspire, j’enroule ma langue autour de lui, et je laisse glisser mes ongles sur la peau hérissée de son scrotum. On est fous.
On ne devrait pas, il ne devrait pas me retourner, il devrait se protéger, je ne prends pas la pilule.
Mais il entre en moi comme en terrain conquis, un sourire coquin que je devine sur son visage, amant attentionné, amant terrifiant. Je jouis à répétitions, putain, comme c’est bon…
Ses mains en coupole sur mes seins, la mienne qui guide son sexe en moi, il me fait l’amour comme à chaque fois, comme si c’était la première fois parce qu’à chaque fois on se dit que c’est la dernière.
Les draps se raidissent sous nos corps assoupis, cette fois, la sonnerie nous ébranle, j’ouvre les yeux, je le branle, parce que j’adore le réveiller comme ça.
Le matin coquin est gâché par le retour brutal à la réalité, le rappel à l’ordre de la moitié, et je suppose aussi du tiers.
Non il ne fait pas de conneries, il est allé boire un verre ailleurs avec un pote. Non, y a pas de bruit, il est aux toilettes. Charmant. Prévisible. Comme le reste.
Il m’a fait l’amour, tout d’un coup je me sens souillée.
Oui, il l’aime.
Il arrive, il finit son verre, il sera là dans quelques minutes.
Un quart d’heure maxi.
Il revient en moi, je laisse les larmes rouler cette fois, je sens les veines qui gonflent contres mes parois, je resserre les muscles autour de lui, je ne veux pas qu’il arrête, je ne veux pas qu’il se retire, je veux qu’il reste là, toujours.
Il va, il vient, il joue avec mes tétons, il me répète à quel point je suis belle, comme ma peau est douce, à quel point il aime ce qu’il est en train de me faire. Qu’il aime me faire l’amour.
Oui, il me fait l’amour mais j’ai quand même l’impression qu’il m’a bien baisée.
Et il s’en retourne à sa femme.
Et là je me hais.
Pas pour ce que j’ai fait la nuit de vendredi à samedi. Mais pour ce que je m’apprête à faire.
Je sais qu’il ne m’aime pas vraiment, sinon c’est moi qu’il aurait épousée. Mais il m’a appelée. Il veut qu’on se voie, ce soir. Le beurre, l’argent du beurre et la chatte de la crémière, avec une réduction sur les miches.
Salaud.
Et moi, comme une conne, je suis en train d’enfiler une paire de Dim Up, j’ai assorti mon string et mon soutien gorge. Je suis épilée de partout, j’ai la peau douce, je sens bon. Ma jupe vous semblerait beaucoup trop courte, et mes cuissardes tout à fait inconvenantes. Et je ne vous parle même pas du décolleté plongeant qui laisse deviner la dentelle sans la dévoiler.
Et j’ai peur.
Parce que je sais que je vais l’aimer jusqu’à la fin des temps pour rien.
Mais je m’en fous, là, je file, il m’attend.
Et je sais que je serai déjà en train de gémir de plaisir en orientant sa queue vers mon cul, vers ma chatte, en espérant qu’en y perdant la tête il y perdra la raison… parce que je veux me soumettre à ses moindres désirs. Je veux être sa pute, je veux qu’il me possède jusqu’à ce que j’en crève.
Je suis une salope.
Une salope et une maso.
C’est grave docteur ?