bonjour à vous
voici la suite :
Après mon entretien, je croisai Isabelle à nouveau dans les couloirs, heureux hasard pensai-je. Je la vis venir à ma rencontre. Elle portait son sacro saint tailleur noir. Pas de jupe mais un pantalon qui j’avoue lui moulait joliment ses fesses. « Trigonet fait de belles choses » me lança-t-elle.
- Pardon ?
- Bin oui tu n’arrêtes pas de me reluquer dis donc ! Trigonet est la marque de vêtement, na !
Nous éclatâmes de rire.
- Lamarkanette aussi c’est bien », dis-je
- Ah tu connais ? Tu n’es donc pas si inculte que ça !
De mon côté je portais un superbe costume anthracite d’un célèbre couturier allemand, je m’approchai fébrilement d’elle. Il n’y avait personne alentour. Isabelle planta son regard gris bleu dans le mien, je déglutis et lâchait :
- Puis-je t’inviter à déjeuner ce midi ?
Je me sentais rougir.
- Oh c’est sympa, oui cela me ferait plaisir, gloussa Isabelle.
J’étais captivé par ses yeux, quasiment hypnotisé. Je ne disais rien, me dandinant devant elle.
- Allo, ici la Terre qui parle à la Lune, vous me recevez ?
- Hein, quoi ? Bafouillai-je.
- Rien gros bêta, on se retrouve à 12h30, ok ?
- Oui, oui, j’en sui ravi, merci d’accepter mon invitation Isabelle.
- Confidence pour confidence, je suis très heureuse moi aussi, minauda-t-elle en me lançant une œillade appuyée.
Le repas se déroula de la meilleure manière qui soit. Isabelle portait son tailleur noir, un chemisier blanc, ses escarpins claquaient sur le bitume. Nous revenions du restaurant en marchant et en bavardant avec entrain. J’avais perdu ma timidité car Isabelle m’avait vite mis à l’aise. Assis en face l’un de l’autre, on s’était regardé, observé. Nous avions chuchoté, pour ensuite pouffer de rire comme deux chenapans. Plusieurs fois nos doigts s’étaient effleurés, de délicieux frissons parcouraient alors mon corps, comme de douces décharges électriques.
Je parlais beaucoup de moi, de mon job, de ma vie, de ma déception de voir Isabelle à la place que je convoitais.
Isabelle encaissa en soupirant, plus surprise par les conséquences qu’elle n’imaginait pas avoir entraîné sur moi. « Vraiment crois-moi Balou, jamais ne n’aurais pu penser que cet échec te chagrinerait tant que ça » ; Elle semblait sincère la petite…me dis-je philosophe.
Isabelle m’avoua elle aussi une chose surprenante, tant sa vie privée était secrète.
Isabelle révéla une partie d’elle-même. Elle laissait derrière elle un gros chagrin d’amour, elle s’était fait plaquer après cinq ans de relation mais sans vie commune car elle tenait à son indépendance en appartement. Cela expliquait en partie sa froideur envers son entourage et son arrogance parfois retenue. Il y a maintenant deux ans qu’elle était seule.
Isabelle raconta sa vie, quelques anecdotes. Elle me parla de sa sœur jumelle Karine, qu’elle adorait et qui habitait en Gironde. « Elle doit être aussi belle que toi, j’imagine », glissai-je naturellement.
- Que tu es mignon, c’est gentil de ta part. Mais tu sais, tu n’es pas mal non plus.
- Euh, euh, tu trouves ?
- Mais oui, si tu savais le nombre de filles qui me parlent de toi au bureau. Elles te trouvent craquant. Et je peux te dire que même certaines femmes mariées se laisseraient bien tenter par une aventure avec toi.
« Si tu savais ma belle, la vie que je mène depuis ma séparation. Mais je n’ai encore jamais fricotté avec des filles de la firme ».
- Et bien dis donc, tu en sais des choses, m’exclamais-je.
- Mon poste me permet de connaître tout cela, mon cher tu devrais t’en rappeler.
- Oh oui, je m’en rends très bien compte tu sais.
- Allons, allons ne prends pas cet air de chien battu. Je n’aime pas les mecs qui se laissent aller, renchérit Isabelle en m’adressant un sourire ravageur celui-là.
Elle me regarda bien droit dans les yeux, puis continua :
- T’es vraiment un garçon charmant, merci encore pour ton invitation.
Je me remémorais ce dialogue en marchant aux côtés d’Isabelle. Elle était plus petite que moi, je la dépassais de plus d’une tête. Je se demandais comment elle pouvait être au lit.
Soudain, poussé par une impulsion, je posais mes doigts dans ses doux cheveux. Je lui caressais doucement la nuque. Nous nous arrêtâmes de marcher. Je laissai ma main chaude dans ses cheveux soyeux plusieurs secondes encore.
Isabelle prit ma main dans la sienne, elle déposa un doux baiser au creux de la paume
Mon cœur battait la chamade, je lui souriais, elle se rapprocha doucement. Puis elle enserra ma poitrine, elle me serra fort dans ses bras. Je lui caressai à nouveau ses cheveux, je me baissais pour déposer à mon tour un baiser dans son coup. Isabelle frémit. Mes mains caressèrent sa taille, elle redressa son visage vers moi, nos bouches allaient se toucher, nos souffles déjà se mêlaient...
Au dernier moment Isabelle, détourna son visage. Mes lèvres se posèrent sur sa joue.
- Pardonne-moi, mais c’est trop tôt, je ne peux pas.
Un peu décontenancé, je répondis :
- Ce n’est pas grave, je te comprends et je respecte ton choix.
- J’apprécie ta courtoisie, j’aime discuter avec toi Balou, laisse-moi le temps s’il te plait. Tu m’as fait découvrir de nouvelles sensations que je croyais perdues et enfouies au plus profond de moi.
Je déposais une seconde bise sur sa chaude joue. Elle me serra à nouveau dans ses bras, sans dire un mot.
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Message édité par balounet le 19-06-2008 à 12:54:06
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Je préfère glisser ma peau sous des draps pour le plaisir des sens que de la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence.
Raymond Devos