Certains anciens s'en souviendront peut-être.
LIVRE 1 - LUMIERE SUR LA NUIT.
CHAPITRE 1 - LE COMMENCEMENT.
Mes yeux me font mal, j’ai du mal à les ouvrir …
Mon épaule saigne, que m’arrive t’il ?
J’arrive enfin à ouvrir les yeux, je les garde plissés, la lueur due à ce soleil perpétuel m’empêche d’apercevoir le lieu où je me trouve …
Je suis dans une plaine, un cheval mort à mes côtés, je ne me souviens pas. Je pense que c’était le mien. Les armoiries sont bien les miennes, j’en suis désormais sûr.
Je suis habillé de mon armure ruisselante de sang, mais de trop grosses quantités, ce n’est pas uniquement le mien. Mon heaume me brûle, la chaleur est étouffante, je l’enlève. Non, ma peau est trop brulée, je dois m’en protéger. Je peux désormais facilement regarder autour de moi, j’ai ouvert ma visière. Des corps, des chevaux encore, des hommes, beaucoup d’hommes … Mais que s’est t’il passé ici ?
Cette contrée m’est inconnue, mais je me souviens de ce gué …. J’y vais, je dois comprendre. J’ai vraiment l’impression d’être déjà venu ici, mais ma mémoire me fait défaut. J’avance, je retrouve un chemin. J’ai autrefois mangé ici, j’ai en mémoire un repas avec des hommes. Oui, ils étaient même mes hommes. Je suis le seigneur de ces terres. Je suis venu ici pour combattre un fléau, quel est-il ? Je ne me souviens plus.
Il y eut également des affrontements ici, beaucoup de morts. Les cadavres ne sont toujours pas en putréfaction avancée, ils sont morts un peu avant les autres seulement … Sur le chemin ? Ouf, le soleil se couche, je me baignerais bien dans ce ruisseau, la chaleur m’est insupportable. Non, je dois savoir. Il fera bientôt nuit, je dois me dépêcher de découvrir ce qu’il s’est passé.
J’avance toujours, j’ai bien du marcher ½ lieue … Mes jambes me font mal, mais je ressens de moins en moins la fatigue. Mon épaule ne saigne plus, j’ai le ventre qui se noue. J’ai faim, je ne me souviens que de mon lointain festin, il me semble que c’est de ce jour que tout à commencé. Je dois trouver à manger, il le faut.
J’aperçois un cheval errant, je tire l’épée de son fourreau. Il aurait pu m’amener, mais je ne peux plus attendre … Je n’ai aps de quoi faire un feu, je dois manger. Tant pis, je mange la viande crue. Le goût est répugnant, non, différent … De toutes façons, j’ai trop faim. J’ai mal aux dents, la viande est dure, mais je crois que la vue sanguinolente de cet animal m’empêche de m’arrêter. Il est vrai que ce fut un délice …
Je suis repu, je dois me remettre en route au plus vite, la nuit tombe. J’entends des hurlements au loin, des gens qui crient. Je vais suivre cette route encore, elle me mènera à mon point de départ.
Je vois de la lumière au loin, je marche depuis deux heures au moins depuis mon repas. J’entends de mieux en mieux, le moindre craquement m’alerte, j’entends le bruit des feuilles siffler d’une douce mélodie à mes oreilles. Je peux enfin ouvrir les yeux, j’ai l’impression d’un changement, je ne comprends aps.
J’arrive dans un village, non, une ville. C’est ma ville, je me suis baigné dans cet étang dans ma tendre enfance, j’ai joué autour de cet arbre, je suis monté à cheval pour la première fois devant cette masure … Mes souvenirs reviennent, je me rappelle de cette journée, je devais me marier … Ma promise est à mes côtés, j’ai été élu par la grâce de dieu. Je suis devenu le seigneur de ce lieu, mon père est mort.
Un grand banquet, les convives chantent et dansent. Je me trouve aux côtés de ma femme, elle est superbe, je retrouve le sourire. Mon sourire est différent, je ressens une gêne, je ne comprends pas, mes dents me font mal. Je continue à marcher, je passe devant la maison de ma tante, la maison est vide. La ville est déserte, j’aperçois des cadavres, mais que s’est-il passé ? Je ne comprends aps.
J’ai entraperçu une tour, oui, c’est mon manoir. Je vais m’y rendre, je dois me reposer. Non, je ne suis pas fatigué, mais je dois savoir tout de même. La porte est fermée, non, elle est même barricadée. Je dois l’ouvrir. Impossible, j’ai beau taper dessus, elle ne bouge aps, je continue. J’entends du bruit, des pleurs, des cris qui s’étouffent dans la nuit désormais omniprésente.
J’entends la porte s’ouvrir. Je me retrouve face à une horde de villageois, survivants sans doute, leurs habits en lambeaux me prennent en pitié. Que s’est-il passé ? Je ne comprends aps. Je rentre, beaucoup de monde. La porte se referme derrière moi, la barricade est placée. Je tente mes premiers mots. Je crois qu’ils m’ont compris, ils me font signe de les suivre … Je suis en présence des derniers survivants de la région, alors commence un récit impressionnant des déboires auxquels ils ont eu à faire face.
Après le banquet, des hurlements se rapprochèrent à la nuit tombée. Une cohorte d’hommes tuaient tous les villageois qui se trouvaient sur leur passage, des dizaines de cadavres gisaient derrière eux … Nous prîmes les armes et commencions alors la riposte … Notre nombre joua très vite en notre faveur, ils n’avaient pas d’armes … Nous les poursuivirent dans la ville, nous nous sommes alors enfoncés jusqu’à la lune. L’homme qui me fait ce récit se redresse alors, « voilà tout ce que je peux vous dire ». Et ce fut au tour d’un homme jeune de s’avancer, l’air confus et apeuré à la fois. « Maître, je vous vous conter la suite ».
Nous avons poursuivi cette horde dans les plaines avoisinantes, avons dépassé un ruisseau. La bataille faisait rage, mais nous étions en surnombre. Nous avons vite réussi à les surpasser. Ils sont tous morts cette fois, nous en avons donc profité pour nous reposer et manger. Nous avons mangé des chevaux morts autour d’un bon foyer Nous avons ri, nous le méritions, qui étaient ces hommes sans peur ? Que cherchaient-ils ?
La nuit se faisait pesante, certains hommes commençaient à s’endormir, mais j’ai veillé. Puis tout à coup, les cris se rapprochèrent à nouveau, nous avons vu des paysans courir apeurés à notre rencontre … Ils criaient : « ils reviennent !! ». J’ai réveillé ceux qui dormaient, nous avons sorti les armes. Ils étaient beaucoup plus nombreux cette fois. Nous étions une centaine, mais leur arrivée nous fit vite comprendre de notre situation des plus chaotiques.
Ce fut un combat mémorable, mais mes hommes tombaient l’un après l’autre, et ces étranges hommes se penchaient sur certains mourants. Je suis un des derniers, l’homme me racontant l’histoire a réussi à s’enfuir, il regarde la scène du haut de la colline, il scrute l’horizon …. Ils arrivent par milliers, il prend peur, il s’enfuit, retourne à la ville.
Cette histoire met un coup de froid dans l’assistance, éberluée, n’osant plus un mot, une vaine parole …. Je commence à me rappeler … J’ai continué le combat pendant de longues minutes, je suis un excellent combattant, je suis submergé … Mon épaule me fait très mal, je suis à terre, je souffre énormément …. Je me réveille, j’ai mal aux yeux.
Mes souvenirs sont à présent récents, je prends peur. Mes dents me font mal, ma vue s’est améliorée malgré la faible torche …. J’ai faim. J’ai très faim.
Depuis ce jour funeste, j’erre aux abords des villages, à l’affût et en quête perpétuelle de nourriture, j’aime les humains, mes dents ne me font plus mal, j’ai faim.
Message édité par Arbiter le 17-05-2008 à 22:01:25
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"Si Superman est tellement malin, pourquoi est-ce qu'il met son slip par dessus son pantalon ?" Pierre Legaré*
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