Les Chroniques des Pierres Précieuses
* Prologue * :
- Papa, c'est quand que tu m'emmène dans les Montagnes Enchantées ? demanda Rubis.
L'homme éclata d'un rire frais et la regarda tendrement. Il se passa la main dans les cheveux.
- Trésor, bientôt, quans tu seras plus grande, c'est dangereux, là-bas ! répondit-il.
Rubis fronça les sourcils.
- Il y a déjà deux mois, tu m'as dit " bientôt " ! Maman dit que tu ne nous emmèneras jamais, c'est vrai ?
La fillette prit une expréssion inquiète.
- Mais ... biensur que si, pour l'instant, je ne sais pas, j'ai des choses à faire !
- Et qu'as-tu à faire, mon amour ? dit une voix derrière eux.
Le père et sa fille se retournèrent et virent une jeune femme aux cheveux roux flamboyant. Elle sourit et poursuivit :
- Alors ?
- Je dois aider le village à repousser la menace Ikar, je dois m'occuper du renard blessé que j'ai trouvé il y a deux jours, je dois remplir la réserve d'herbes de Balin, je dois protéger quelques temps Kimlan, l'apprenti chevalier contre les esprits mortels, je dois ...
- Stop ! la coupa sa femme, j'ai compris !
- Mais papa, quand tu auras fini tout ça, tu nous emmèneras ?
Son père soupira et fit un pauvre sourire :
- C'est que ...
Un bruit assourdissant se fit entendre. Comme un coup de marteau. Au dehors de la maison, ils entendirent des voix d'hommes hurler des ordres :
- Pillez cette maison, tuez toute personne qui se mettra en travers de votre chemin !
Une clameur effroyable s'éleva et Rubis se mit à pleurer. La porte s'ouvrit à la volée et des hommes en armure entrèrent et jaugèrent le père de Rubis.
- Tuons le, il risque d'être gênant !
Sans qu'il aie temps de réagir, le père du Rubis reçut un coup de gourdin sur le crâne. Il s'effondra au sol. Sa femme se pencha sur lui et essaya de le réveiller. La fillette ferma les yeux puis les ouvrit.
- Eh ma belle, t'es très mignonne ! héla l'un d'eux.
- Ne me touchez pas, sals Ikars ! Non ! Lâchez moi !
Un homme l'attrapa par le bras, et contre son gré, l'entraîna derrière une porte. Rubis entendit sa mère hurler et pleurer. Son coeur se serra. Son père était-il vraiment mort ? Et que faisait-il à sa mère ? Tout cela était trop dur pour son coeur d'enfant. Pendant ce temps, un homme s'était assis devant elle. Il la regardait, sans aucune pitié.
- Comment tu t'appelles ? dit-il.
- Rubis, mais pourquoi ma maman elle pleure, il faut la consoler !
L'homme fit un petite sourire vicieux.
- Elle a mal, il va la soigner, mentit-il.
Il hésitait à tuer cette fillette. Pas dangereuse, mais le Chef était très chipoteur.
- Ecoute-moi, Rubis, dit-il, tu vas fermer les yeux longtemps et après, il n'y aura plus rien, tu ne souffrira plus, d'accord ?
- Mais pourquoi ?
- Parce que je vais te faire perdre la mémoire, tu vas oublier tout ça, d'accord ?
- Je peux voir ma maman d'abord ?
- Non ! hurla t-il, soudain furibond, ferme les yeux ou tu aura mal !
- D'accord ! répondit Rubis, affolée.
Elle ferma les yeux. Un instant, elle attendit qu'il se passe quelquechose. Rien.
L'homme observait cette petite fille qu'il s'apprêtait à tuer en lui tranchant la gorge. Innocente fillette qui n'avait rien demandé. Il fut prit soudain d'une pitié immense pour elle. Il ne voulait plus la tuer.
- Rouvre tes yeux.
Elle s'éxécuta et le regarda.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle.
- Ecoute moi, Rubis, tu vas sortir de la maison, et tu vas courir et tu ne reviendra jamais, jamais ici, tu vas courir longtemps, sinon, les autres hommes tu tueront, d'accord ?
- Et ma maman ? Je peux la voir ?
Après une brève hésitation, l'homme répondit :
- Ta maman est morte, et ton père aussi, tu n'as plus personne, va t'en maintenant, cours loin !
- Mais ...
La voix de Rubis se brisa. Elle se leva et s'enfuit. Elle remonta les collines et se cacha et observa. Quelques minutes après, elle vit les hommes s'enfuir, loin, très loin.
Alors seulement, elle revint. La maison était vide, silencieuse. Tout avait été volé. Elle se précipita dans la chambre où sa mère avait été emmené. Elle la trouva étendue au sol, la respiration difficile. Sa poitrine était trouée, et une gerbe de sang s'en échappait.
- Maman, pourquoi tu saignes ? Tu as mal ?
- Non, je n'ai pas mal, parce que je sais qu'ils t'ont épargnés.
- Maman, pourquoi tu pleures ?
- Parce que je sais que la vie sera difficile sans ta maman.
- Maman, pourquoi tu ne seras plus là ?
- Non, je serais toujours là, dans ton coeur. Je t'aime, Rubis.
Le regard de la jeune femme se fixa au plafond, elle ne bougea plus !
- Maman, pourquoi tu ne dis plus rien ?
- ...
- Maman !
Rubis se souvint alors de son père. Elle se précipita dans la salle de séjour et le trouva, mort.
- Papa, maman est morte !
Ses larmes coulèrent sur le visage de l'homme. Alors, lentement, elle le vit ouvrir les yeux.
- Papa !
- Rubis, ma jolie princesse, oui, je t'emmènerai dans les montagnes enchantées, promesse.
- Papa !
- ...
A suivre ...[i]