Ne vous en faites pas pour ce roman. J'avais simplement donné le canevas, disons 90 pages et à lui de remplir. C'était l'histoire d'une jeune fille d'une petite ville alsacienne qui, à la fin de la 1ère Guerre Mondiale est repérée par un imprésario à l'église : elle a une voix à fracasser un miroir. Comme la province était en pleine dé-germanisation, il fallait des voix françaises pour l'opéra de Strasbourg. Voilà pour la trame. Et l'ami a bourré ça de considérations politiques ronflantes. Il y a la scène d'intro à l'église, à mon sens très émouvante, où l'imprésario assis à côté du maire découvre une voix d'or. Il a truffé l'intrigue de dialogues trop lourds. Je possède toujours ma version, mais je n'y ai pas touché car le sujet ne m'intéresse plus. De son côté, il cherche à le publier en feuilleton dans le journal pour lequel j'ai travaillé et où il écrit toujours; c'est à mon sens un excellent journaliste mais un piètre romancier. Je dirais, pour ma part, que je suis l'inverse. J'adore l'imaginaire mais j'ai du mal avec le récit de faits très pointus. Je l'ai fait pendant dix ans. Là, j'ai laissé tomber.
Dans l'état actuel du texte, je n'ai rien à craindre de la suite. Et je ne crois pas qu'un éditeur le prendrait. Ayant bossé moi-même pour une maison d'édition, je sais de quoi je parle.
Quant au directeur du journal, il sait que nous avons écrit l'intrigue ensemble. Si jamais il le prend en feuilleton -donc libre de droits - il me contactera. Ce sera probablement le cas cet automne, quand le journal redémarrera à son rythme de croisière.
Sinon, à la demande de l'ex directeur, j'avais publié en 2004 un autre roman en feuilleton dans ce journal. Il faudrait que je le reprenne car il a été conçu pour ce type de publication. En version livre, il devrait gagner en densité. Mais ça ne me dit rien. Je vais demander à l'éditeur des sherlockeries. Il aime assez les romans historiques sur la région - ici la Révolution française vue à travers un noble bourguignon qui entre en contre-révolution pour sauver des emplois et surtout pour restaurer la dignité des corporations de métiers, massacrée par ces crétins de révolutionnaires.
Il y aurait des tas de choses à faire, mais là, je suis fatiguée. Neuf bouquins en dix ans, c'est trop, sans compter toutes les autres commandes, des nouvelles pour Noël, des traductions, des machins collectifs sur un sujet précis. Et puis, je suis liée au nouvel éditeur pour trois ans. Donc, d'autres sherlockeries au programme...