METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - VINGTIEME EPISODE
2
A dix-sept ans Ombric écrivit sans jamais recevoir de réponse une centaine de lettres d’amour à une fille de sa classe. Un jour elle lui donna rendez-vous, il vint, elle lui annonça qu’elle voulait qu’il cesse de la harceler. Il adressa à ses amis une correspondance confuse où il parlait de désarroi et de la marche du monde et distribua les disques et les livres qui comptaient pour lui comme s’il allait mourir bientôt. Il fugua. Une nuit il rencontra sur le pont Saint-Pierre à Toulouse quatre Noirs qui lui demandèrent s’il connaissait des endroits où faire la fête, lui prirent son portefeuille, le rouèrent de coups et le balancèrent dans la Garonne. Dans l’eau glacée il ne mourut pas. Il nagea jusqu’à la berge aidé par le courant et resta là pendant trois heures à grelotter inconscient. Des insectes lui grimpèrent dessus, entrèrent dans sa bouche comme s’il était mort. Des employés de la voirie l’aperçurent. Il appelèrent le SAMU, qui le conduisit aux urgences. L’hôpital prévint la gendarmerie. Ses parents furent avertis. Cinq heures après son réveil il brisa un verre en le jetant au sol et entreprit avec le plus gros tesson de se déchirer les artères radiales et cubitales en tailladant la chair du bras de bas en haut comme un sagouin. Une infirmière l’interrompit. Il l’aspergea de sang et lui coupa le nez et la joue. On le transféra en psychiatrie. L’infirmière passa un test de dépistage du VIH qui fut négatif et subit de la chirurgie plastique. Il resta quatre mois chez les dingues. Il eut des relations sexuelles avec un dépressif de quarante ans qui le fournissait en shit et avec une schizophrène de seize qui se faisait appeler Alfred Hitchcock.
lire la suite :
http://metaphysiquedelaviande.blog [...] isode.html