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Lyon battit le PSG un à zéro. L’équipe du brigadier-chef Claude Zecke commença un quart d’heure plus tard l’apéro dans le fourgon. Ils étaient une dizaine à se partager deux bouteilles de rhum blanc et deux autres de whisky. Pour accompagner il y avait du coca et du jus d’orange. Après avoir terminé les bouteilles ils retournèrent au commissariat et passèrent à la bière. On mit de la musique. On gueula, on s’agita. On s’amusa bien, bourrés comme des coings. Quelqu’un cassa une bouteille par terre, un autre dansa sur une table. Un policier montra son cul, qu’un autre prit en photo, alors celui qui avait montré son cul montra sa bite et ils furent plusieurs à la photographier. Pendant ce temps Zecke et François Bourdon discutèrent à voix basse près des chiottes. Zecke dit à Bourdon t’es pas chiche et on entendit une détonation. Bourdon tomba mort la tête pleine de sang. Une éclaboussure couvrit le pictogramme sur la porte, celui affublé d’une fausse bite dessinée au marqueur noir. Zecke expliqua aux autres que Bourdon s’était suicidé et qu’il avait tenté de l’empêcher, après quoi il quitta le commissariat en disant ben quoi j’ai rien à voir là-dedans je retourne chez moi. Une mouche vint se poser sur le sang poisseux et se nourrir.
Au procès l’ex-policier affirma avoir vu son ami ôter cinq balles sur six du barillet et le faire tourner avant de s’enfoncer le canon dans la bouche. Il reconnut avoir dit t’es pas chiche à la victime avant qu’elle ne tire. Il déclara regretter sa phrase. Il trouvait dommage pour la police de perdre deux hommes de valeur à cause de cette histoire. Le procureur insista sur le suicide de sa maîtresse survenu un an auparavant et requit douze ans de prison. Le juge le condamna à sept. On le libéra au bout de quatre. Il trouva un emploi dans une société de gardiennage, le perdit. Il travailla dans une agence de filatures et d’enquêtes privées. Son employeur le vira. Il s’installa à son compte. Il vécut du RMI.
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