Je vais profiter de l'incognito que permet l'écriture sous pseudo pour vous faire un aveu.
Nous faisons un ménage à trois.
Je le dis très simplement : c'est assez agréable. En tous cas les avantages l'emportent nettement sur les petits inconvénients.
Elle, Marie et moi, nous sommes arrivés, je crois pouvoir le dire, à un point d'équilibre qui fait que les causes de dissensions sont de plus en plus rares.
Bien sûr, ayant décidé de dire la vérité, je ne peux cacher qu'il existe une certaine jalousie entre mes deux compagnes. Peut-être un tout petit peu moins du coté de Marie.
Mais pourquoi, le cacher ? Cette jalousie ne m’est pas désagréable.
Lorsque je reviens du rucher par exemple, elles se précipitent vers moi, comme si elles ne m'avaient pas vu depuis un siècle. Marie par exemple me fait beaucoup plus de mamours que lorsque nous n'étions que tous les deux.
Il y a une sorte d'émulation entre elles. C'est à celle qui dira le plus fort et le plus longtemps : "Je t'aime, tu m'as manqué, et plus à moi qu'à l'autre."
Mais n'allez pas croire qu'entre elles, c'est la guerre ouverte. Ah, non !! Cela, je ne le supporterais pas. Elles dialoguent normalement et se rendent mutuellement de petits services.
L'objectivité m'oblige à dire que c'est Marie la plus
serviable. Il faut bien le reconnaître, l'autre a un ego surdéveloppé. Elle estime que tout lui est dû. Elle a des droits et les fait respecter. Elle est très sourcilleuse sur ce point.
Je me moque un peu d'elle (gentiment) en l'appelant "Mademoiselle droits acquis".
Si vous saviez comme la vie à trois est agréable ! Amis, Amies, vous y viendriez tous.
Bien sûr, il faut savoir faire régner une certaine discipline. Par exemple, en voiture, c'est toujours Marie qui est à mes cotés (en vertu d'un droit d'ancienneté) et l'autre est toujours derrière. Elle l'accepte très bien du moment que c'est un problème de droit. Elle respecte le Droit comme elle fait respecter les siens.
J'ai longtemps hésité avant de vous parler de ce ménage à trois. Maintenant je l'ai fait.
Et il faut que je vous quitte immédiatement. Elle est là, Solen, qui me saute sur les genoux pour me dire que c'est l'heure de sa promenade. Elle ne me fichera pas la paix tant qu'elle n'aura pas son collier autour du cou.
Ah ! Ma petite Yorkshire qu'elle est gentille, et combien, avec Marie, elles s'attachent à me rendre heureux……