Trois remarques dénuées de malice.
Tout d'abord, mille et un livres, au rythme, disons honnête, d'un par semaine, cela nous en fait prendre pour dix-neuf ans. Mon prof de français de première, devant la tâche ingrate de donner d'urgence quelques notions d'histoire de la littérature à des sauvages ignares et parfaitement satisfaits de l'être, s'était plus modestement limité à cinquante.
Ensuite, il s'agit, si j'ai bien compris, des livres qu'il faut avoir lu. Attendu que l'église catholique met régulièrement à jour l'index des livres qu'il ne faut pas lire, l'inventaire dont il est question n'est-il pas superflu ?
Enfin, faut-il lire des livres pour savoir que Pagnol en a aussi écrit ou parcequ'il y en a des biens ? Et si l'on incline vers la seconde solution, faut-il conseiller, pour faire aimer Maupassant, Une vie plutôt que Le condamné à mort, et quelques autres contes ? Ou Les parents terribles plutôt que Le grand écart ? Ou Jacques le fataliste plutôt que Le neveu de Rameau ? Ou Regain plutôt qu'Un roi sans divertissement ?
Et pour Hermann Hesse, lequel on garde ? Ou lesquels, puisque pour Jules Vernes, on avait droit à deux...
Comme à Priskann, l'exercice me paraît un peu vain.