Cohen, Albert
Belle du seigneur est un grand roman d'amour; mais c'est bien plus que cela. Ariane est mariée à Adrien; elle s'ennuie à mourir. Lui, petit fonctionnaire arriviste de la Société des Nations, lui voue un amour fade et convenu. Solal, sous-secrétaire général de la S.D.N., tombe amoureux d'Ariane. Habilement, il éloigne Adrien pour une mission diplomatique de plusieurs mois, pendant lesquels il va vivre avec Ariane une passion dévorante. Il va perdre son emploi pour avoir voulu protéger ses frères juifs de la folie meurtrière des nazis. Éloignés du monde et renfermés dans cet amour extrême, Solal et Ariane vont plonger dans une descente aux enfers qui les conduira au suicide.
Au-delà de l'expression de cet amour ultime, beau et pathétique, Albert Cohen enrichit son roman de personnages truculents (les oncles de Solal) ou ridicules et pitoyables (Adrien Deume, mari d'Ariane; Antoinette Deume, belle-mère d'Ariane). Il fixe son récit dans une période trouble et menaçante de l'histoire, qui contribue à précipiter Solal et sa maîtresse vers une fin inévitable.
Il y a des livres de 100 pages qui vous tombent des mains, tellement ils sont insipides et mal écrits; celui-là est un gros pavé de 1100 pages que l'on regrette de terminer.
Cohen, Albert
Adrien, Ariane et Solal. Une femme, deux hommes et une histoire d'amour aux multiples facettes. Adrien est un fonctionnaire de la Société des Nations, n'aspirant qu'à l'ascension sociale, qui résume sa vie à la vie mondaine et qui aime sa femme. Sa femme, c'est Ariane. Elle est belle, magnifique, mais n'aime pas son mari. Elle ne sait pas trop ce qu'elle fait dans ce couple, elle ne vit qu'à moitié et ne fait rien de remarquable de sa vie. Solal est un grand dirigeant de la Société des Nations, et l'un des supérieurs directs d'Adrien.
Les personnages sont plantés. Au cours d'une soirée, Solal drague Ariane, qui s'éprend du supérieur de son mari. Naît entre eux une histoire d'amour, de tromperie. L'amour est beau, puis s'enlaidit, tombe dans la routine du quotidien pour devenir de plus en plus difficile.
Ce roman a d'incroyable le fait qu'il touche à toutes les facettes de l'Amour avec une sensibilité incroyable. Tout y passe, la naissance de la flamme, les espoirs, les doutes, les questionnements, les trahisons, les bagarres, les moments d'espoir, de doute, de rupture. On passe par tous les sentiments, et c'est écrit avec finesse, avec intelligence. L'histoire est faite de manière à nous emmener dans tous les détours de l'amour. Vous n'y croyez pas et pourtant c'est bien avec cette impression que l'on sort du livre.
Toutefois, je ne suis pas aussi satisfait du livre que j'aurais aimé l'être. Le roman est plutôt long (près de 1100 pages) et surtout, il est longuet. Chaque élément, chaque pensée, chaque action est peut-être très bien expliquée, mais de manière bien trop longue. Parfois, le sujet de préoccupation d'un personnage en devient une obsession. Je comprends bien le besoin pour l'auteur de la faire ressentir en tant que telle, mais est-ce que c'est une raison pour nous expliquer une pensée sur 15 pages de toutes les manières possibles, tout cela pour nous dire que c'est une obsession pour le personnage? Un autre exemple. Parfois, les personnages s'adressent directement à nous, le lecteur, qui sommes alors transformé pour quelques pages en personnage du roman. Mais alors catastrophe. Catastrophe parce que les personnages qui font ça sont bavards, bavards!!! Et ils nous sortent tout ce qui leur passe par la tête dans une seule et même phrase qui dure parfois plusieurs dizaine de pages, bonjour la galère!!
Les personnages méritent eux aussi un petit paragraphe. La première chose qui me vient à l'esprit pour parler d'eux, c'est qu'ils sont pathétiques. Adrien est le cocu de service, un fonctionnaire qui ne vit que par les mondanités et les yeux de son supérieur. Et à force de suivre ce personnage, on se rebute. Et puisque l'auteur fait dans la longueur, Adrien peut parfois devenir lassant. Ariane est pathétique aussi, mais dans un autre style. Dans le début de la période amoureuse, chaque geste devenait un geste d'amour, tout était fait pour son Aimé, etc. Tout le monde voit, je pense, ce que je veux dire. Elle en fait tellement qu'on ne peut que plaindre cette pauvre fille. Toutefois, pour ceux qui ont lu le livre, on voit bien que l'auteur n'est pas loin de la vérité. Et Solal. En voilà aussi un autre personnage pathétique, qui donne tant l'impression de s'embourber dans cette histoire d'amour.
Oui, pathétique, mais finalement, Cohen nous donne l'impression de toujours être près de la vérité, de toujours viser juste même quand Ariane en fait mille fois trop en se préparant pour son Aimé.
Un autre défaut du roman est pour moi son manque d'homogénéité. Plus d'un thème est abordé dans ce long roman, mais ils sont là chacun de leur côté par paquet. Pendant 50 pages, Solal ne va faire que de se lamenter sur le fait qu'il est juif. Durant un autre long passage, on aura le droit à une critique sur le monde des fonctionnaires, etc. Il y a de l'intérêt dans chaque thème, mais c'est donné par paquet, de manière parfois indigeste.
Toutefois, l'auteur change souvent de style d'écriture et c'est un bon point pour le roman.
Roman magistral pour ce qui est de la maîtrise du thème de l'amour, certains défauts dont une trop forte tendance à faire long viennent ternir le bilan général de ce roman.
http://www.guidelecture.com/critiq [...] 20seigneur
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"N' écoute pas Freud, mon cher soulier.
Il y a toujours quelque chose qu' il faut refouler"