bonjour
je laisse le début d'un de mes romans.
Attention, ce n'est pas pour les enfants...
laissez des commentaires même désastreux pour mon égo...la suite plus tard...
Voilà, ce dimanche je pars. Direction le Brésil.
Je n’attends rien d’extraordinaire de ce voyage. J’espère juste me sentir bien parce qu’ici, c’est pas la forme olympique. C’est même le vide sidéral. Pas d’amour, pas de travail et encore beaucoup de pas qui s’accumulent les uns à coté des autres. Alors dans ma cervelle, c est plus très bien en ordre ; c est même un beau bordel !
Partir à la découverte d’un monde inconnu reste un antidépresseur un peu plus fiable que le prozac. Enfin, je crois. Je ne suis plus très sûr de rien. Mais, il vaudrait mieux savoir à quoi m’en tenir. Moi, j’ai pas envie de péter un plomb ! Je suis comme Monsieur tout le monde, Je recherche la quiétude la sérénité, la joie d’être en vie et actuellement, c’est plutôt l’inverse. Mes angoisses me submergent, et je stresse pour un rien, une demi-contrariété, même pas un décès ou une catastrophe naturelle.
De ma carcasse, je m’en fous un peu pour être sincère. Si la cervelle fonctionne de travers, la matière solide n’a pas grand intérêt. Marcher c’est utile. Mais sans but, c’est comme tourner en rond à l’infini. Il me faut un but, un chemin à arpenter comme un pèlerin de Compostelle. Et moi j’ai que dalle, quelques larmes et ma télé couleur.
Cette idée de partir au brésil ne date d’hier. Ce n’est pas une lubie comme on pourrait le croire. Ça non ! Je ne suis encore timbré. Ce voyage me trotte dans le crâne depuis au moins 18 ans. C’est pas rien, c’est même sacré bout de vie.
Je me souviens parfaitement la première fois que l’idée d’aller dans cet immense pays avait jailli dans ma cervelle. J’avais 15 ans et déjà à l’époque, à l’intérieur de ma boite crânienne, ce n’était pas la pleine quiétude. Malgré tout, j’avais de l’espoir. Je baignais encore dans l’insouciance. Maintenant, ce n’est plus du tout le cas. Je suis un adulte avec la vie et les emmerdes qui vont avec. Un monsieur tout le monde noyer dans la masse, presque qu’un numéro de sécurité sociale.
Pour tout avouer, c’est la faute à la publicité, et à une sur la boisson« Schweppes » en particulier. Vous savez la boisson gazeuse au goût amer avec de la quinine à l’intérieur. Des filles en jupette avec string apparent dansaient sur une plage de sable blanc. Elle souriait une cannette à la main. Et pour en rajouter une couche, elles se déhanchaient sur un morceau de Chico Buarque. La bossa nova, j’ai toujours adoré ça. Une musique gaie et triste en même temps, une mélodie remplie d’hélium, un truc qui vous donne des ailes.
D’où je viens, des créatures de rêves en string, c est pas tous les jours qu’on peut se rincer l’œil dessus. Ca n’arrive quasiment jamais, sauf peut être si t’as l’œil affûté du voyeur maladif.
Alors moi, je veux pas mourir avant d’avoir vu tout ça de mes propres yeux, ce bonheur permanent qui donne envie de danser avec des filles au sourire extra large. Je sais, c’est pas énorme comme rêve mais cette pub, c’était un joli morceau de paradis sur terre. Un truc qui vous donne envie de croire à la vie.
Je me souviens je me disais et si c’était vrai, et si de l’autre coté de l’atlantique, c’était comme à la télé.
Je ne veux surtout pas louper l’occasion de danser sur la plage sans chaussures aux pieds. Sentir le sable chaud qui guiderait mes pas. Aujourd’hui, je troquerais juste le soda par une bière bien fraîche. C’est un détail réalisable. Mais pour le reste, je ne veux surtout rien changer. Je vais enfin savoir si cette publicité n’était que mensonge. J’en aurais bientôt le cœur net.
La vie c’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. . C’est pas le truc je dis et je le fais. Non ça serait trop facile. Il y a surtout de l’espoir et du désespoir. Et entre les deux, de l’attente, beaucoup d’attente et souvent pour rien, des clopinettes un léger goût salés de cacahouètes au mieux. Moi, je ne me sens pas plus con qu’un autre. Et pourtant, je n’y crois plus trop au bonheur. J’ai plus la patience d’attendre. J’ai même l’impression d’avoir fais que ça toute ma conne de vie : attendre ! Putain c’est long, interminable. Et le pire pour certain, ça peut durer jusqu'à la mort. Moi je dis stop ! assez, ras le bol de tout ce temps perdu.
Je me suis démené pour trouver un bon job avec du fric au bout. J’ai rempli mon contrat avec la société. J’étais productif. Et pourtant j’ai encore attendu. Alors aujourd’hui, je veux que le monde m’appartienne de fait, sans raison apparente. Par autorité maladive, je l’obtiendrais. Il est moi et juste pour moi. Les soucis, le quotidien qui te morfond et qui te tue à petit feu, je pisse dessus autant que ma vessie pourra le faire.
J’ai 33ans, je m’appelle Gérald et je sais pertinemment que je n’aurais jamais les moyens d’avoir une maison et même d’élever des enfants correctement. C’est dur comme constat mais je préfère le savoir maintenant au lieu de trimer et de patienter encore dix bonnes années pour des clopinettes, et juste de quoi payer mes impôts pour engraisser tous ces porcs qui dinent au Fouquet’s. Alors autant détruire le système, ou s’en extraire.
La révolution c’est utile quand on est des millions à la faire, autrement c’est juste bon à finir en prison. En conséquence, moi je préfère me casser dans mes rêves pour voir enfin qui je suis réellement. Je veux plus être ce type qui court après ce métro et qui dit essoufflé bonjour à son patron avec le sourire, et qui se fait entubé à longueur de journée en passant ses soirées devant les conneries de la télé juste bonne à endormir le peuple et à l’aliéné.
Moi, je veux mes rêves, respirer, toucher, agir, être, fumer, rouler à deux cents, faire l’amour à des déesses bronzées, ne plus penser et ne surtout plus être cet anonyme qui ne sent pas maître de son destin.
Alors, j’ai pris toutes mes économies, trois milles euros. Putain ! Plus de dix ans que je travaille et je n’ai que trois mille euros en poche et aucun patrimoine. Je vais tout craquer. Avec une somme aussi dérisoire, à quoi bon la garder.
Gamin, J’imaginai la plage, Rio, le sourire ultra brite des jolies filles. Enfin tous les clichés exotiques qu’on peut avoir sur ce type de lieu. Aujourd’hui, je me fous de tout cela, pas entièrement mais un peu. Je m’étais promis d’y aller. C est suffisant pour bouger ses fesses. Après pour voir quoi ? L’avenir me le dira. Je ne me fais pas de soucis pour cela. Ce voyage représente mon dernier rêve comme mon dernier espoir. La vie ne m’a pas réellement fait de cadeaux. Tant pis, je prendrais mon reste tant que j’en aurais le courage.
Les bonus, faut avoir les couilles de les attraper, car c’est sur, personne ne t’en donne des petits bouts de bonheur qui te remet les idées en place. Il faut les observer les bandeaux dans les rues, le bonheur c’est pas sur leur gueule qu’il est ; ah ça non ! Je peux pas me tromper, même quand ils sont beau et ben je trouve qu’ils puent bien la mocheté et encore j ai pas envie d’être vache car moi aussi je suis loin d’être beau. Pour ma part de l intérieur, je me sens malgré tout assez propre. Je n’ai pas l’impression d’être encore sali par le climat délétère qui sévit en sarkoland. Ah ! Je crois que je décernerais bien le trophée du plus vilain à lui et à ses idées. La France elle est belle ! Aussi belle que mes fesses c’est certain, et mon cul je peux vous le dire et ben il est blanc avec des poils et tout, enfin je reste pudique sur cette partie de mon anatomie et c’est pas par hasard ; si vous voyez ce que je veux dire.
Evidemment, Je pars seul dans ce drôle de périple. Mes amis, ils travaillent. Et eux à part les clubs et la grande Motte, il ne faut pas compter dessus pour laisser de la place au hasard. Cette histoire s’est la mienne. Enfin, Je crois, je ne sais plus. Je l’ai peut-être juste rêvée très fort. Vrai ou fausse, moi, je l’aime bien. Elle m’appartient. Elle fait partie de mon existence intrinsèquement. Bref, un petit morceau de vie échappé d’un quotidien rempli de merde ou de vide ou des deux.
J’ai trente trois ans et la vague impression de ne rien contrôler. Pis, je subis. Pourtant, j’ai essayé de m’en sortir, d’aimer, d’être heureux. Mais rien n' y a fait ; tout a foiré.
Dans la vie, il y a les ratés, les laissés pour compte et puis les autres ; Les connards, heureux heureux comme des chiens de vielle dame ; Dorlotés par la vie et le confort. Ah, les porcs comme elle doit être belle leur porcherie remplie de bonnes truies…