Nouveau venu sur votre site et auteur d'un roman policier inititulé Mort à Dunkerque, (paru en Juin dernier chez Ravet-Anceau), j'en profite pour faire ma petite promo personnelle. Je sais, ce n'est pas bien d'utiliser comme ça les espaces discussion pour des raisons bassement publicitaires mais si je ne le fais pas moi-même, qui le fera?
En gage de ma bonne volonté, je lève un coin du voile, un extrait du roman, en l'occurrence, qui donne le ton. Et qui sait ? peut-être l'envie d'en lire plus...
"Il fourrage dans un tiroir et en extirpe un paquet plutôt volumineux, il faut bien dire. Pas besoin de s’user la rétine. Tu te doutes bien qu’à quelques clauses de style près, deux trois licences poétiques, le message est le même.
- Au début, bien sûr, je n’y ai pas prêté attention, poursuit la baleine sans s’émouvoir. Comme vous, je me suis dit que c’était encore un fêlé, un rancunier, un ingrat peut-être. Et puis tout de même… La semaine dernière, ils ont téléphoné chez moi. A peu de choses près, le message était le même. On me disait que j’allais payer, me repentir, chier dans mon froc à l’occasion. Que l’heure était proche. J’en passe.
- Une voix que vous connaissiez?
- Une voix d’homme, c’est tout ce que je peux vous dire.
- Pourquoi ne pas avoir averti les flics ?
- Je ne vous ai pas attendu pour ça, figurez-vous. Ils m’ont fait comprendre qu’ils avaient d’autres chats à fouetter…
- Je veux bien le croire.
- …et m’ont conseillé de m’adresser à un détective privé.
- Excusez-moi, mais je ne vois pas bien ce que je pourrais faire pour vous. Ce qu’il vous faudrait c’est une protection rapprochée. Et ça, désolé, ce n’est pas mon rayon.
Sans attendre sa réponse, tu repousses ta chaise en arrière et amorces déjà un soulèvement du postérieur qui signifie en langage international que l’entretien est terminé. Dans le même mouvement, tu tends la main vers ton interlocuteur fantôme.
- Pour ça non plus, je ne vous ai pas attendu, il lâche.
Et pour répondre à ton geste, il lève une main tremblante (celle qui ne pas tient le cigare) pointant le canon d’un neuf millimètres dans ce qui semble malheureusement être ta direction.
- Je vous présente Rudy…, il déclare calmement.
Pendant un court instant, tu te demandes si tu n’es pas tombé sur un de ces pervers affectifs qui donnent des surnoms à leurs quéquettes. Celui-là, apparemment, il n’a rien trouvé de mieux que de baptiser son flingue Rudy. Un nom à la con, même pour un revolver. Mais tu sens que ça s’agite derrière toi. Tu te retournes lentement suivant la ligne imaginaire qui part du canon toujours tendu et qui finalement semble avoir pris pour cible autre chose que ta pomme. Ton regard tangue quelques secondes sur ce fil invisible au bout duquel s’est comme par miracle accroché un énorme poisson. Comme si le big boss à l’autre bout ramenait sa prise hors de l’eau, un énorme tas de chair au visage bovin sort de l’ombre venant se placer dans le rai de lumière. Rudy, You presume.
- … mon garde du corps.
Il t’aurait dit « Petit de rat de l’opéra » que tu ne l’aurais pas cru. Il faut dire que le Rudy en question a tout à fait la tête de l’emploi. Il n’a guère plus de trente ans mais son faciès rougeaud raconte toute son histoire. Enfoncés dans leurs orbites, deux yeux transpirent une sauvage crétinerie que sa boule à zéro et ses sourcils broussailleux ne tempèrent pas vraiment. Son cou de taureau solidaire de son énorme tête s’orne d’un tatouage dont tu ne veux pas trop savoir ce qu’il représente. Sans cautionner le délit de sale gueule, il y a quand même des types qui ont l’air de ce qu’ils sont.
- Et ça, c’est un P38, reprend l’homme d’affaires agitant son biniou. Voilà sans doute qui répond à vos inquiétudes quant à ma protection. Maintenant, rasseyez-vous et continuons notre petite discussion."
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à aller vous perdre sur mon blog
http://mortadunkerque.blogspirit.com/
A bientôt j'espère
