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| Dernière réponse | |
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| Sujet : abattoir | |
| livresfantastiques | c 'est fini dommage!!! |
| Vue Rapide de la discussion |
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| livresfantastiques | c 'est fini dommage!!! |
| livresfantastiques | c'est quoi le tourguenisme lol? vous etes vachement fort j'arrive pas a faire comme vous xD! |
| konsstrukt1 | en pleine nuit des cris me réveillent
je mets un moment à comprendre que c’est la meuf du dessus qui hurle et elle hurle un bon moment sans que je puisse me rendormir elle gueule après quelqu’un on dirait je ne comprends pas le sens de ses parôles à part à plusieurs reprises « putain mais c’est n’importe quoi » hurlé d’une voix hystérique et aigüe et voilà bien une phrase qui peut vouloir tout dire j’hésite à me lever à aller voir si tout va bien mais j’ai la flemme je préfère me concentrer sur la respiration de vanessa sourde et profonde et à tenter de me rendormir au bout d’un long moment les hurlements s’arrêtent d’un coup ça me fait penser à ma mère qui gueulait comme ça et comme ça je passais des nuits blanches à espérer qu’elle se taise enfin et je me fais aussi la réflexion que cette meuf qui vit au-dessus de chez nous je ne connais ni son nom ni son visage *** vanessa dort et moi quelquefois j’ai envie de me tirer d’ici pas seulement de cette maison mais aussi de ce pays d’aller là où ils sont pauvres de voir ce que ça fait de vivre dans un pays ou les putes locales coûtent moins chez qu’un hamburger français de voir ce que ça fait d’avoir abandonné la femme qu’on aime et l’enfant qu’elle porte de voir comment on se sent *** mercredi devant le chu de bordeaux un drap noué à une grillage portait des revendications écrites à la peinture fluo elles émanaient des kiné jeudi devant le chu de bordeaux la pluie fine rendait les déplacements pénibles le drap n’était plus noué qu’à un point le reste formait un tas sur le trottoir et prenait l’humidité la pluie fine délavait la peinture fluo *** sur la barre des tâches ça clignote orange j’ai sommeil mais je réponds quand même après tout je suis là pour ça la discussion s’enlise un peu je me demande où on va comme ça je me demande où je vais moi avec mes phrases toutes faites lui n’a pas l’air content ni pas content d’ailleurs mais plutôt l’air de se faire chier on a acheté nos webcam presque le même jour je lui montre mes nichons de temps en temps et il est content *** on ne sait pas encore si on va tuer un mongolien *** un antipape travaille pour la cia il s’appelle le pape noir et c’est lui qui bénit les balles qui servent à tuer les communistes *** abattoir c'est terminé. à partir de la semaine prochaine, holocauste, roman de sf. |
| konsstrukt1 | il y a un type qui prend le métro
avec sa copine sous le bras les papiers pour s’engager dans l’armée le type a l’air simple les joies simples de ne pas se poser de question bien manger bien bander tuer des types construire des ponts l’amour se lit dans ses yeux j’ai peur de lui *** le mercredi je quitte la maison avant huit heures je sors de l’immeuble et de la résidence et je longe la voie rapide je passe devant un restaurant chinois et une boutique d’articles de golf dont la vitrine est protégée par des plots en ciment décorés d’une scène de golf et une agence d’assurance et une boutique de luminaires et un boutique de hi fi et j’arrive à la zone des supermarchés darty bricorama mac donald’s flunch joué club ils sont tous fermés à part macdo tous les parkings sont déserts je me dirige vers carrefour l’air est froid et impregné d’essence même s’il n’y a presque pas de voiture les portes tambour tournent lentement j’entre dans la galerie marchande il est huit heures et quart les premiers clients sont déjà là ce sont tous des vieux et des vieilles ou alors des couples de vieux ils sont tous accrochés à leur chariot ils font comme un entonnoir à la pointe dirigée vers les grilles tous les regards sont tournés vers elles les vieux sont tous habillés pareils avec des pantalons de vieux et des gilets gris ou marron un vigile fait les cent pas il semble perdu dans ses pensées au milieu de la galerie marchande il y a un kiosque qui appartient à une chaîne de fleuristes l’employée est déjà là elle fait la mise en place elle porte un tablier vert aux couleurs de la société qui l’emploie de l’autre côté des grilles des employés circulent en portant des paniers ils mettent des produits en rayon les caissières sont à leur poste elles déchirent les rouleaux de pièces au guichet d’accueil les deux hôtesses discutent l’une d’elles rie il est huit heures vingt la télé se met en route partout dans la galerie je lève la tête vers le poste le plus proche de moi le programme dure moins de trois minutes et passe en boucle il passera en boucle jusqu’à la fermeture il y a d’abord un écran fixe avec le logo de carrefour puis les horaires d’ouverture puis l’heure puis la météo régionale et nationale et européenne puis les programmes de la télé hretzienne présentés par télé poche puis une information sportive présentée par l’équipe tv puis deux pétasses en maillot de bain prises en photo et assorties d’une fiche signalétique qui indique leurs prénoms leur ville d’origine leur cursus et leurs centres d’intéret puis les programmes de la tnt toujours présentés par télépoche et ça revient au début je détourne les yeux à huit heures trente les grilles s’ébranlent le grincement métallique capte l’attention de tout le monde comme un cargo qui rentre au port les grilles se lèvent lentement les vieux s’avencent synchrones vers la bouche c’est un peu effrayant *** au rayon électroménager deux vieux comparent les différents modèles de congélateurs ils parlent fort je les écoute *** il y a des insectes partout sur mon lit de longs insectes noirs il y en a qui ont des pattes il y en a qui ont des ailes je suis sous la couverture elle est bien bordée maman me dit de mettre la tête en dessous et que tout ira bien je bouge les jambes et les pieds pour les faire partir ils ne partent pas il y en a partout ils sont en tas il y en a aussi au plafond ils tombent je ne peux pas mettre la tête sous la couverture sinon je ne les verrai pas si je ferme les yeux ils vont marcher sur mon visage maman dort toute nue elle s’en fiche elle des insecte elle dit qu’elle n’a pas peur d’eux elle dit que ça la chatouille quand ils marchent sur sa peau et puis j’ouvre les yeux *** je porte les assiettes maman dort déjà sa tête est sur la table c’est la fin du journal télévisé maman ronfle un peu son verre d’eau est rempli son tube de cachets est ouvert sa plaquette de comprimés aussi il y a du tabac je dépose les deux assiettes près de la tête de maman j’éteins la télé dehors il pleut et j’aime le bruit de la pluie j’écoute la pluie et je me perds dans mes pensées et puis je sors de mes rêves et je vais chercher les fourchettes les pâtes sont presque prêtes je termine de mettre la table maman se réveille elle se lève pour aller rallumer la télé elle tousse elle baille *** rappel : le konsstrukt big band en live à strasbourg le 12/10. infos : http://www.konsstrukt.blogspot.com |
| konsstrukt1 | la rue sainte-catherine est soi-disant la plus longue rue piétonne de france
elle est légèrement en pente on peut voir la foule se masser et progresser lentement sur un kilomètre et demi entrant dans les magasins et sortant des magasins stationnant aux abords de macdo et de la brioche dorée esquivant les enquêteurs des instituts de sondages ou les quêteurs affiliés à la croix rouge internationale contournant les sdf qui font la manche des policiers arrêtent un type qui joue de la guitare devant go sport avec une casquette posée devant lui à trente mètres de là deux types équipés de marteaux-piqueurs défoncent la chaussée *** il y a plusieurs sortes de personnes qui vont au nirvana des types jeunes et discrets des vieux habillés comme des prolos des cadres qui ont du temps à tuer entre deux tgv des quadragénaires à l’air triste et ordinaire il y a environ une vingtaine de clients par jour après minuit ce sont surtout les habitués *** josé grimal est séquestré pendant plus de quatre heures il traverse des périodes d’inconscience et des périodes de conscience hébétée il ne cherche plus à parler il se laisse aller à pleurer et à gémir un peu son visage et son cou sont couverts de sang son tee-shirt est emplâtré de vomi son œil gauche est enflé la tuméfaction descend jusqu’à la moitié de la joue et prend une teinte violacée ses ravisseurs sont installés dans la kitchenette ils jouent à la bataille corse en buvant des bières et en racontant des conneries ils se marrent bien vers deux heures du matin l’un des deux types reçoit un coup de téléphone il va s’enfermer dans la salle de bain pour discuter pendant ce temps l’autre regarde josé avec un visage inexpressif en sortant de salle de bain le type dit y’a céline qui a appelé et ils veulent qu’on les rejoigne *** la première famille (la famille « A ») prend sa voiture une twingo de couleur vert d’eau la deuxième famille (la famille « B ») prend aussi sa voiture un renault espace de couleur gris métallisé le trajet va de la maison « A » à la maison « B » la distance entre les deux maisons est inférieure à deux kilomètres les enfants des deux familles confondues prennent place dans la voiture « B » la voiture « A » part en premier et la voiture « B » la suit de près d’autres voitures s’intercalent comme il arrive souvent à un moment un automobiliste fait un appel de phare à la voiture « A » malgré la faible distance restant à parcourir sur la route départementale le conducteur choisir d’arrêter la voiture et de voir ce qui ne va pas pour une raison demeurée inconnue l’un des enfants sort de la voiture il s’agit de l’enfant « B » il se fait faucher par un automobiliste qui appelle aussitôt les pompiers l’accident se déroule à quelque distance de telle sorte que les occupants de la voiture « A » ne s’en rendent pas compte immédiatement et ne réagissent qu’à la présence des pompiers l’enfant est mort et voilà *** l’odeur des gens normaux dans le bus me donne envie de vomir |
| konsstrukt1 | un texte à moi à paraître dans le prochain numéro de la revue chimères. je suis fier comme un pou. si, si.
sinon, trois nouvelles à télécharger sur un nouveau site, les nouvelles sont pas neuves, mais le site oui, ça peut l'aider de le faire mousser un peu. - goule : c'est le début, un peu remanié, de mon roman raté ghl : http://www.nousvelles.com/nouvelle [...] =712&cat=3 - pute : c'est la moitié, un peu remaniée, de mon roman réussi pute : http://www.nousvelles.com/nouvelle [...] =610&cat=3 - ma soeur : un texte court et très sordide qui était peut-être passé inaperçu à l'époque : http://www.nousvelles.com/nouvelle [...] =696&cat=3 *** la chambre est assez spacieuse les murs sont blancs le sol est recouvert d’une moquette bordeaux à poils ras un lit double flanqué de deux tables de nuit et deux veilleuses une armoire une table deux chaises des rideaux blancs à la fenêtre une cabine en plastique qui regroupe douche et WC un tableau qui représente une scène de pèche en haute mer accroché à l’un des murs et c’est tout. il ouvre la fenêtre et regarde un moment le fleuve de l’autre côté du fleuve il y a la route les arbres qui bordent le route une ligne d’immeubles la gare invisible derrière les immeubles dans un de ces immeubles vivait un copain à lui perdu de vue depuis le lycée il lève les yeux il considère le ciel lumineux et sans un seul nuage et puis son regard revient au fleuve sur la droite le fleuve passe sous le pont qui relie la gare au centre-ville après un virage il disparaît à la vue sur la gauche on le voit couler jusqu’à la route départementale il est bleu terne avec quelques zébrures marron des deux côtés de la berge il y a des pontons de bois à intervalles réguliers parfois des barques sont attachées aux pontons il ferme la fenêtre et va s’étendre sur le lit il allume la télé il zappe il s’attarde un instant sur une chaîne de cul où les acteurs parlent allemand il puis un moment plus long sur mcm *** dans le centre-ville des choses ont changé et d’autres non la maison de la presse est toujours à la même place le propriétaire a des cheveux blancs et presque la même tête il semble déprimé. il semblait déjà déprimé à l’époque la boulangerie d’en face a été remplacée par un magasin de fringues techno la vitrine de l’encadreur est passée au blanc d’espagne et il y a une affiche « à vendre » pareil pour la boucherie charcuterie en contrebas il y a le quartier de la glacière à l’époque la glacière c’était la zone les enfants y allaient prudemment ils se racontaient des histoires de baston entre arabes et gitans aujourd’hui il y a beaucoup de touristes et il fait très chaud aux coins des ruelles réhabilitées des hauts-parleur diffusent la nouvelle scène française il y a des boutiques de souvenirs des galeries ringardes des bars lounge des boutiques de fringues branchées avec show-room des restaurants à fooding encore en contrebas il y a les quais sur les quais tout est pareil qu’avant un restaurant à poisson après l’autre peut-être certains ont changé peut-être pas ça sent la vase des touristes âgés lisent les menus *** la vieille chaîne hi-fi prend la poussière les trente-trois tours mireille mathieu michelle torr les reprises des beatles et de simon and garfunkel par des orchestres de bal sardou carlos le premier épisode de goldorak raconté et mis en musique nana mouskouri petit papa noël chanté par Tino Rossi la chanson de rox et roucky interprétée par douchka le générique d’albator des tas d’autres poussiéreux *** la sortie de la gare est encombrée par des travaux des gens se pressent le tram charge une grosse brassée de voyageurs des flics patrouillent par groupes de trois un crs isolé discute avec un vigile privé des ouvriers fument des clopes il fait chaud deux punks font la manche il y a un kébab et un bar à putes (le nirvana, ouvert de quinze heures à dix-neuf heures, et puis à partir de vingt-deux heures) des sex-shops et des taxi-phones un taggueur en train de repeindre entièrement à la bombe noire le rideau de fer d’un sex-shop encore fermé le taggueur porte un blouson de skinhead et un masque à gaz il a les cheveux mi-longs et ’accorde pas la moindre attention aux passants *** un hôtel à vingt euros la nuit la chambre est miteuse un lit à une place une couverture marron et rêche comme dans les internats une fenêtre de petite taille qui donne sur une puît de lumière il est rempli d’ordures et de sacs-poubelle où les ordures s’accumulent des chiottes et un lavabo séparés du reste de la chambre par un paravent une penderie métallique à roulettes pas de table ni de télé |
| konsstrukt1 | la station-service est ouverte de six heures à vingt-trois heures
à midi la boutique se remplit de travailleurs qui viennent casser la croûte il y a les mecs de la dde habillés en orange il y a des vrp en costards-cravate il y a les maçons du chantier d’à-côté et de temps en temps un type qui ne parle à personne et à qui personne ne parle qui déambule parmi les rayons il regarde les marques et les prix des produits il écoute des morceaux de conversation il n’achète rien et il repart cinq ou dix minutes après pour lui c’est cinq ou dix minutes de gagnées sur l’extérieur *** dans la nuit de mardi à mercredi evelyne (surnommée eve par ses copines) est sorti plus tard que d’habitude du macdo de la zone commerciale des orchidées elle faisait la fermeture avec ses collègues mais son ex l’a appelée sur son portable pendant qu’elle discutait avec lui ses collègues lui ont fait au revoir de la main et sont partis elle est resté au téléphone pendant vingt-cinq minutes et après elle a traversé les parkings déserts en espérant ne pas rater le dernier tram elle s’est fait violer par trois mecs qui conduisaient une renault seize devant darty ils lui ont tabassé la gueule et l’ont laissé là à sangloter et à saigner de partout elle n’a pas porté plainte parce que l’un des mecs elle le reconnaissait c’était un copain de son frère et elle ne voulait pas d’histoire *** paul gardère et jean-louis antoniazzi travaillent ensemble pour la troisième fois paul est âgé de trente-sept ans et il est marié il a une fille de treize ans et un garçon de sept il a passé six ans en prison il a attaqué un fourgon blindé en association avec deux autres malfaiteurs il est sorti il y a un an il dit qu’il a besoin d’argent parce qu’il ne veut pas bosser toute sa vie comme un con jean-louis est âgé de trente-quatre ans il est recherché pour un meurtre commis il y a deux ans une femme de soixante-treize ans étranglée avec du fil de fer et cambriolée il est divorcé il n’a pas d’enfant il a besoin d’argent pour quitter la france ils pensent qu’après encore trois ou quatre boulots dans ce genre ils pourront se retirer du business ils disent business quand ils parlent de leur métier ils emploient ce mot entre eux ou bien quand ils en parlent à des tiers ou encore pour draguer des filles *** le deux mars deux mille six un corps décomposé par un séjour d’une semaine dans l’eau est remonté par des policiers qui draguaient la garonne pour un autre motif le trois mars deux mille six le médecin légiste déclare que la cause probable du décès est une surdose d’héroïne le cinq mars deux mille six l’identité judiciaire de bordeaux détermine que le cadavre est celui d’aurore pelletier en fugue depuis le quinze septembre deux mille cinq et recherchée pour homicide l’enquête est conclue le six mars deux mille six elle ne permet pas de savoir si la noyade est accidentelle ou criminelle ni de déterminer si aurore pelletier était vivante ou morte lorsque elle est tombée dans la garonne aucune procédure supplémentaire n’est envisagée et le corps est rendu à la famille *** cynthia mouzier constate que son mari est mort d’une crise cardiaque auparavant il effectuait des travaux de plomberie dans la cuisine il est affalé dans une posture grotesque des outils sont dispersés tout autour de lui son visage exprime une souffrance intense cynthia traverse un moment d’hébétude elle monte les escaliers qui mènent à la chambre elle jette un regard inexpressif au téléphone elle prend le couvre-lit en laine elle redescend elle s’en sert pour dissimuler grossièrement le cadavre elle décide ensuite de se doucher après quoi elle remonte enfiler une robe de chambre ensuite elle redescend s’installer sur le canapé elle y reste plusieurs heures son visage traduit tantôt l’accablement tantôt l’inquiétude et tantôt l’hésitation à vingt-deux heure elle constate que le téléviseur est resté allumé elle tend le bras vers la télécommande posée sur la table basse mais se ravise elle regarde la télé pendant un moment elle zappe d’une chaîne à l’autre elle a les yeux dans le vague elle se pend dans la chambre un peu après une heure du matin parce que c’est la seule pièce traversée par une poutre elle avait cinquante-deux ans son mari avait cinquante-quatre |
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