forums | blog livres | photos livres | jeux | concours
| forum actualité | forum cinéma | forum musique | forum arts et scènes | forum livres |
| forum télé et séries | forum fun | forum foot | forum jeux vidéo | forum sexe |
| Dernière réponse | |
|---|---|
| Sujet : abattoir | |
| livresfantastiques | c 'est fini dommage!!! |
| Vue Rapide de la discussion |
|---|
| konsstrukt1 | la station-service est ouverte de six heures à vingt-trois heures
à midi la boutique se remplit de travailleurs qui viennent casser la croûte il y a les mecs de la dde habillés en orange il y a des vrp en costards-cravate il y a les maçons du chantier d’à-côté et de temps en temps un type qui ne parle à personne et à qui personne ne parle qui déambule parmi les rayons il regarde les marques et les prix des produits il écoute des morceaux de conversation il n’achète rien et il repart cinq ou dix minutes après pour lui c’est cinq ou dix minutes de gagnées sur l’extérieur *** dans la nuit de mardi à mercredi evelyne (surnommée eve par ses copines) est sorti plus tard que d’habitude du macdo de la zone commerciale des orchidées elle faisait la fermeture avec ses collègues mais son ex l’a appelée sur son portable pendant qu’elle discutait avec lui ses collègues lui ont fait au revoir de la main et sont partis elle est resté au téléphone pendant vingt-cinq minutes et après elle a traversé les parkings déserts en espérant ne pas rater le dernier tram elle s’est fait violer par trois mecs qui conduisaient une renault seize devant darty ils lui ont tabassé la gueule et l’ont laissé là à sangloter et à saigner de partout elle n’a pas porté plainte parce que l’un des mecs elle le reconnaissait c’était un copain de son frère et elle ne voulait pas d’histoire *** paul gardère et jean-louis antoniazzi travaillent ensemble pour la troisième fois paul est âgé de trente-sept ans et il est marié il a une fille de treize ans et un garçon de sept il a passé six ans en prison il a attaqué un fourgon blindé en association avec deux autres malfaiteurs il est sorti il y a un an il dit qu’il a besoin d’argent parce qu’il ne veut pas bosser toute sa vie comme un con jean-louis est âgé de trente-quatre ans il est recherché pour un meurtre commis il y a deux ans une femme de soixante-treize ans étranglée avec du fil de fer et cambriolée il est divorcé il n’a pas d’enfant il a besoin d’argent pour quitter la france ils pensent qu’après encore trois ou quatre boulots dans ce genre ils pourront se retirer du business ils disent business quand ils parlent de leur métier ils emploient ce mot entre eux ou bien quand ils en parlent à des tiers ou encore pour draguer des filles *** le deux mars deux mille six un corps décomposé par un séjour d’une semaine dans l’eau est remonté par des policiers qui draguaient la garonne pour un autre motif le trois mars deux mille six le médecin légiste déclare que la cause probable du décès est une surdose d’héroïne le cinq mars deux mille six l’identité judiciaire de bordeaux détermine que le cadavre est celui d’aurore pelletier en fugue depuis le quinze septembre deux mille cinq et recherchée pour homicide l’enquête est conclue le six mars deux mille six elle ne permet pas de savoir si la noyade est accidentelle ou criminelle ni de déterminer si aurore pelletier était vivante ou morte lorsque elle est tombée dans la garonne aucune procédure supplémentaire n’est envisagée et le corps est rendu à la famille *** cynthia mouzier constate que son mari est mort d’une crise cardiaque auparavant il effectuait des travaux de plomberie dans la cuisine il est affalé dans une posture grotesque des outils sont dispersés tout autour de lui son visage exprime une souffrance intense cynthia traverse un moment d’hébétude elle monte les escaliers qui mènent à la chambre elle jette un regard inexpressif au téléphone elle prend le couvre-lit en laine elle redescend elle s’en sert pour dissimuler grossièrement le cadavre elle décide ensuite de se doucher après quoi elle remonte enfiler une robe de chambre ensuite elle redescend s’installer sur le canapé elle y reste plusieurs heures son visage traduit tantôt l’accablement tantôt l’inquiétude et tantôt l’hésitation à vingt-deux heure elle constate que le téléviseur est resté allumé elle tend le bras vers la télécommande posée sur la table basse mais se ravise elle regarde la télé pendant un moment elle zappe d’une chaîne à l’autre elle a les yeux dans le vague elle se pend dans la chambre un peu après une heure du matin parce que c’est la seule pièce traversée par une poutre elle avait cinquante-deux ans son mari avait cinquante-quatre |
| konsstrukt1 | un skinhead
dimanche à huit heures cinquante-deux du matin achète des croissants *** dans la rue vers deux ou trois heures du matin une nana crie et pleure son mec fout un coup de poing dans un mur la fille et le type s’en vont en criant toujours et il y a plein de jeunes qui ne réagissent pas plus tard peut-être le type tabasse la fille peut-être ils se réconcilient peut-être la police les sépare en tout cas la suite de leur histoire se déroule sans témoin *** vers deux heures du matin sur les quais un vigile qui porte encore sa veste de travail avec dessus l’écusson de la compagnie qui l’emploie passe en voiture il remarque des jeunes légèrement éméchés il s’arrête et les interpelle et leur vend pour dix euros une bouteille de clan campbell l’étiquette de la bouteille est très abimée *** les enfants sont enfermés dans la chambre pierre a huit ans et amélie a six ans ils entendent des bruits provenant du salon papa crie de colère et maman crie de peur ou de douleur il y a aussi des bruits de trucs cassés et puis maman crie plus fort et puis c’est le silence ensuite la porte claque pierre crie et appelle maman et maman ne répond pas les deux enfants pleurent et crient beaucoup au cours des six premières heures ensuite la terreur et la fatigue les plonge dans une sorte de résignation hébétée au bout de trente-six heures le mari se donne la mort à la terrasse d’un café au bout de trente-huit heures la police entre dans l’appartement *** marc-roger glowitz aime regarder des films pornos sa préférence va à ceux où des filles qui paraîssent quinze ans se font enculer par des types qui en paraissent trente au début il se cache pour regarder ces films il n’aimerait pas que sa femme ou son petit garçon tombent là-dessus et puis un jour son petit garçon le surprend en train de se branler marc-roger glowitz explique à son petit garçon que c’est normal que tous les papas font ça se toucher le zizi devant des films où les gens font l’amour et que c’est un secret entre les papas et les petits garçons et que les mamans ne doivent jamais être au courant c’est un secret entre garçons et il dit à son fils qu’il pourra être avec lui la prochaine fois il y pense et ça tourne et ça tourne dans sa tête et plus il y pense plus il se dit qu’entre le cul de son fils et la chatte des actrices il n’y a pas beaucoup de différences |
| konsstrukt1 | un type va à carrefour
il planque un fusil de chasse sous son imper il cherche sa femme qui vient de le larguer sa femme est caissière il va l’abattre devant des dizaines de témoins médusés *** c’est l’histoire d’une fille qui vit dans un pays pourri elle parle à tout le monde de son désir de se tirer n’importe où ailleurs spécialement à son frère plus jeune qu’elle un jour elle a un plan un type lui propose de transporter de la drogue dans son ventre et un aller simple pour la france en france la fille est violée et assassinée par les types qui doivent réceptionner la drogue un zonard est témoin de la scène il retrouve les meurtriers il les tue d’autres types veulent se venger il retrouvent la trace du zonard il foutent le bordel dans le foyer où il vit le zonard est obigé de fuir en piquant la voiture de la directrice une poursuite s’engage sur l’autoroute le zonard percute un motard le motard meurt sur le coup le zonard meurt quelques temps plus tard avant que les secours n’arrivent l’autre voiture celle des poursuivants à le temps d’éviter l’accident pendant ce temps le frère de la fille débarque en france clandestinement lui aussi mais par ses propres moyens il ne parle pas français il dispose juste d’une photo de sa sœur et d’un nom de famille à la gare du nord il se fait aggresser par des zonards on lui dérobe son sac vungt-quatre heures plus tard la police l’arrête et le place en centre de rétention en attendant c’est là qu’il se fait tuer d’un coup de poignard par un type qui en visait une autre au cours d’une bagarre qui ne le concernait pas leurs ventre à tous sont pleins de merde *** c’est l’histoire d’un type qui croit que la franchise des autres est constituée sur un socle de mensonge alors que ses mensonges à lui ses lachetés ses hypocrisies et ses fuites sont l’expression détournée d’une vérité supérieure et inattaquable du coup il se réfugie dans les fantasmes morbides et la masturbation compulsive et tout l’enjeu consiste à savoir si un jour il passera à l’acte et si ça sera à l’encontre des autres ou de lui son ventre à lui aussi est plein de merde *** les nids dans les arbres en face des immeubles font comme des immeubles eux aussi les oiseaux vont et viennent et il y a ce type de cinquante ans qui va et vient aussi avec son fils qui doit en avoir vingt-cinq ils vivent dans un garage et personne ne sait au juste ce qu’ils fabriquent *** dans le tramway aux heures de pointe il y a un passager qui transporte une pancarte il la tient à l’envers pour plus de commodité mais la croix dessinée en rouge et le christ dessus sont nettement reconnaissables non loin de ce type il y a un vieil arabe assis sur une banquette qui lit le coran à aucun moment du trajet ces deux-là ne se voient *** le festival cannibal canniche se tiendra à strasbourg du 10 au 12 octobre 2008. le konsstrukt big band y fera une lecture le 12 octobre à un horaire encore difficile à prévoir, a priori vers vingt heures mais vaudra mieux être là un peu avant, on sait jamais. il y aura un con qui lit, une projection vidéo, des bruits qui filent la diarrhée, une batterie, une clarinette, une basse, un choeur antique, des danseuses nues, et une peluche arnachée avec une double gode. (non, pour les danseuses nues, c'est pas vrai. mais tout le reste, oui) je lirai la fin de la nuit noire. pour le flyer, suivez ce lien : http://kumkumnoodles.free.fr/emb/c [...] _prev1.jpg pour le site officiel du festival, suivez ce lien : http://www.cannibalcaniche.com/festival/fest_stras.htm pour vous faire une idée des vidéos, suivez ce lien : http://www.myspace.com/ideo_tv ___________________________________ |
| konsstrukt1 | un type a attaqué
une pharmacie et jean-paul sartre a pris sa défense ce type a été abattu par des fascistes et simone signoret a chialé à son enterrement ce type voulait être un intellectuel truand alors qu’il n’était que l’inverse et sa mort a donné le fait-divers parfait *** hier à la télé il était question d’un commissaire jobard aujourd’hui dans les inrocks il est question de fabien jobard sociologue spécialisé dans les questions de police et après on s’étonne *** le goût du sang sur mes lèvres et le sang séché sur ma peau au réveil *** à la poste les pauvre font la queue pour retirer du fric et les riches pour envoyer des colis noël approche dans un coin trois vieilles attendent leur tour il y en a une qui est assise et deux autres qui sont debout celle qui est assise se plaint de ne plus voir son facteur habituel le petit jeune elle laisse passer un silence et elle explique qu’il s’est pendu après un second silence rempli du brouhaha discret de la poste les deux autres vieilles conviennent que c’est dommage *** dans la chambre mortuaire d’un hôpital une vieille femme se recueille devant son mari âgé lui aussi elle lui touche les yeux parce qu’elle croit que les morgues volent les yeux des morts pour les revendre quand elle pleure on dirait qu’elle rie c’est peut-être du au fait qu’elle porte un dentier |
| bebert. |
|
| konsstrukt1 | deux types conduisent des voitures remplies de résine de cannabis
il bombardent à deux cent sur l’autoroute ils partent d’espagne et ils vont à toulouse quelques jours plus tard on retrouve les voitures abandonnées sur une bande d’arrêt d’urgence et le shit est toujours là il y en a deux cent kilos tout le monde se demande ce que ces types ont bien pu devenir il y a quelqu’un quelque part qui connaît la réponse |
| konsstrukt1 | merci ! |
| bebert. |
j'aime bien |
| konsstrukt1 | ahmed est un bâtard
c’est ce que pense yoann et il le poignarde parce qu’il croit que c’est ahmed qui l’a dénoncé au flic pour le viol et c’est la vérité ahmed était un indicateur de la police et yoann ira en prison pendant trois ans parce qu’il a violé sarah |
| konsstrukt1 | dans un quartier défavorisé
il y a un début d’émeute un type en profite pour égorger avec un rasoir un autre type qui lui avait acheté un flingue à crédit et des balles il y a du sang partout |
| konsstrukt1 | deux voitures se poursuivent sur l’autoroute
dans celle de devant une femme est enfermée dans le coffre elle tambourine elle dispose de moins en moins d’air elle tambourine de moins en moins fort dans celle de derrière le passager et le conducteur ont des armes à feu achetées illégalement ils ont l’air tous les deux très préoccupés entre les longs moments de silence tendu ils parlent de gastronomie d’hôtels et de vacances |
| konsstrukt1 | le fils d’un ministre se donne la mort dans un studio de la banlieue parisienne
des types dont c’est le métier habillent le cadavre en travelo |
| konsstrukt1 | kévin tolla est sdf
le quatorze juillet il traîne sur la place du capitole à toulouse il profite de la foule pour piquer des portefeuilles ou des sacs à main il casse la gueule à un type qui le voit faire il le laisse en sang et s’échappe dans la foule le lendemain il raconte ça en se marrant à ses copains *** quatre recueils de poésie disponibles sur le site de léo scheer : konsstruktVOUSaime : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] ktvousaime les poèmes à la con de la vraie vie : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] s-a-la-con le bordel quotidien : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] -quotidien abattoir : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] t-abattoir |
| konsstrukt1 | on me rend mes lacets le contenu de mes poches est ce que ça veut dire que je vais sortir
on peut jamais savoir on entre et c'est cuit |
| konsstrukt1 | un psychiatre interroge un adolescent de douze ans
l’interrogatoire se déroule sur ordre du parquet l’adolescent à violé une camarade de classe il explique au psychiatre que ses parents sont cultivés que ses parents sont des connards qui comprennent tout des connards qui ont tout fait tout vu tout entendu essayé toutes les drogues que ses parents sont des connards que rien ne dérange que rien ne heurte que rien ne choque qu’il faut bien faire quelque chose quelque chose pour les réveiller enfin quelque chose quoi le soir suivant il met tout ça par écrit et il se pend dans sa cellule le psychiatre termine son rapport et passe à autre chose les parents sont tristes très tristes *** et un peu de promo liée à konsstruk, pour la route : - traction-brabant numéro 19 vient de paraître, avec deux textes de moi. pour se le procurer, prendre contact avec patrice maltaverne : p.maltaverne@orange.fr - paris numéro 2 vient de paraître, avec une interview de moi. pour se le procuper, écrire à gorzar : apneac@hotmail.fr - le fanzine du méchantes bêtes (le bar konsstrukt) vient de sortir aussi. pour se le procurer, écrire à amagauz@gmail.com - il y a une courte interview de moi dans le prochain chronic'art (parution en kiosque le 2 juillet) - et pour finir, lilas, artiste konsstrukt de renommée mondiale, a enfin son blog : http://lalilas.over-blog.com/ |
| konsstrukt1 | dans le sud de la france
un maçon de quarante vit en ménage avec une pute arabe du même âge un soir le type tue la fille et pour faire croire à un suicide il met le corps sur la voie ferrée en pleine nuit un premier train met le corps en morceaux et continue sa route sans rien avoir remarqué un deuxième train alerté par le sang s’arrête on trouvera la tête à deux cent mètres de là dans une vignes cette histoire est vraie *** il apparaît que des connards veulent casser la tronche à costes, faire le coup de poing à ses concerts, et aller ferrailler la gueule de ceux qui viendraient lui apporter son soutien. quoi ? ah mais non, ça se passera pas comme ça, à mort les fachos, sus à ses pédés de skins ! euh, non, les gars, ne vous méprenez pas, ce sont des antifascistes qui veulent savater costes à coups de barre de fer. un petit aperçu ici : http://lille.indymedia.org/spip.php?article13196 je soutiens costes. je suis christophe siébert, écrivain, pornographe, et fondateur du collectif konsstrukt. je suis publié par ces réfuges du révisionnisme, par ce repaire d’ancien nazis, que sont la musardine, caméras animales et orbis pictus club. je prends des cours de lever de bras droit pour espérer un jour être édité chez fayard, le célèbre éditeur d’extrème-droite qui a publié costes entre deux rééditions de mein kampft. ou chez hermaphrodites, qui lui dispute les manuscrits cachés de jean-marie lepen. je pourrais en rajouter dans la débilité sarcastique. ma position politique est la suivante : les artistes ne seront tranquille que le jour où le dernier fasciste aura eu la gueule étouffée, avec la bite et les couilles arrachées au dernier antifasciste. ou le contraire, je ne suis pas sectaire. j’invite donc tous ceux qui le veulent à répondre à cette annonce pour manifester leur soutien à jean-louis costes. ça ne mange pas de pain, ça ne soigne pas les fractures, ça ne remplace pas les concerts annulés et non payés, mais ça fait toujours plaisir. costes n’a, donc, pas joué à lille, ni à toulouse. c’est en fait toute sa nouvelle tournée, et la tournée promo de son nouveau bouquin, qui est compromise. mais quel crime a donc commis costes ? ah bin, c’est pas compliqué : il a répondu à une interview sur une radio d’extrème-droite. en effet, l’extrème-droite c’est caca. d’un autre côté, j’ai beau écouter tous les jours france-inter, j’ai pas encore entendu une seule annonce concernant la sortie de son bouquin. et, ne pas se positionner nettement contre l’extrème-droite, ne pas le gueuler aussi fort que possible, c’est super, super caca. n’en avoir rien à foutre de l’extrème-droite, je crois bien, même, que c’est encore plus caca qu’en être partisan. les extrème-droitiers, au moins, on les comprend. forcément, hein, à force de se cotoyer. frères d’armes, quoi. mes les extrème-rien à foutristes, ceux-là ils sont bizarres. ils sont pas humain, quasiment. trop bizarre. alors il faut soit essayer de les récupérer à tout prix (tactique droitière), soit les enfoncer dans le sol à coups de barres de fer (tactique gauchère). incroyable, ça, qu’on puisse n’en avoir rien à battre des luluttes entre fafa et antifafa. quand je me suis fait cambioler, ni les fafs ni leurs ennemis ne m’ont aidé ; ni la police. quand je me suis fait tabasser, non plus. quand je me suis retrouvé à la rue, non plus. quand les flics m’ont poursuivi pour outrage aux bonnes mœurs (je résume), non plus. incroyable, ça, qu’un artiste puisse oser s’en foutre, de la lutte des cons contre les cons. incroyable, vraiment. quelle audace ! quelle insolence ! ah mais ce con-là, on va te l’interdire vite fais, moi je te le dis. il serait pas antifa, robespierre, des fois ? bref. pour soutenir costes, répondez à ce message confus. pour ne pas le soutenir, prenez contact avec les milices antifascistes de votre quartier. elles sauront quoi faire. elles ont un important stock de brassards anarchistes à écouler. ne manquent que les bras. bien tendus. |
| konsstrukt1 | trois jeunes discutent de pognon
l’un des trois ne veut pas donner cinquante euros aux autres ils parlent fort pendant que les gens font la queue pour acheter des sandwiches juste à côté ils s’arrangent et puis ils s’éloignent moins d’une minutes après trois flics les coursent et les embarquent |
| konsstrukt1 | philippe étienne est bourré
il attend le dernier métro à la station bonne nouvelle à paris en face un couple se dispute il s’agit de thierry mattois et de hélène gouge hélène à un mauvais moment tombe sur la voie c’est à ce moment que le métro paraît d’abord les phares qui la saisissent et puis l’impact le métro fait beaucoup de bruit dans sa tentative de freiner mais le bruit des freins ne couvre pas le bruit du corps percuté dans les rames des gens tombent l’éclairage cru les révèlent nettement hélène survivra mais son cerveau sera détruit selon philippe étienne c’est le type qui l’a poussé selon therry mattois c’est elle qui s’est jeté lui n’a fait que tenter de la retenir l’enquête concluera qu’elle était dépressive mais pas suicidaire thierry matois sera acquité au bénéfice du doute le conducteur du métro n’oubliera jamais le regard de la fille son dernier regard conscient *** le site artsolid a cessé d'exister. les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles. ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer. vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne. cette semaine, 999 poèmes et dedans/dehors poésie brute, deux recueils plutôt anciens. pour le télécharger, cliquer ici : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] -999poemes http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] ans-dehors |
| konsstrukt1 | la cellule de garde à vue est approximativement cubique
en fait elle est plus large que longue et a peu près aussi longue que haute chaque côté hauteur longueur largeur mesure dans les deux mètres bien sûr il y a des variations trois des parois sont des murs la quatrième est un mur percé d'une porte vitré la vitre est certainement dans un matériau incassable contre le mur du fond est posé un parallélépipède qui en occupe toute la longueur il s'élève à une hauteur de quarante centimètres environ et il sert de banc le bois qui recouvre la face supérieure est gravé de graffitis divers entre le banc et la porte se trouve un autre parallélépipède il est plus haut que large et sert de table la cellule de garde à vue dans laquelle je me trouve sert aux détenus qui ont droit à un repas |
| konsstrukt1 | on sonne à la porte
je suis dans la chambre papa me dit de rester dans la chambre papa ouvre la porte papa est toujours en colère papa crie souvent je suis dans la chambre j’ai un peu ouvert la porte je regarde et j’écoute papa discute avec deux dames une vieille et une jeune la jeune ressemble un peu à maman vivement la fin des vacances maman me manque papa ne joue jamais avec moi papa est tout le temps fatigué il s’enferme toujours dans sa chambre pour dormir il me dit toujours de jouer dans la chambre et de ne pas trop faire de bruit il sourit aux deux dames maman me manque la plus vieille des deux dames a le même âge que mamie les deux dames entrent dans la maison papa ferme la porte à clé ils vont tous au salon je ne sais pas si j’ai le droit de sortir je crois que je n’ai pas le droit de sortir je reste dans ma chambre et j’essaie d’écouter les vieilles parlent de jésus papa leur dit qu’il s’en fout de jésus |
| marmitte | le tourguenisme te manque... |
| konsstrukt1 | dans le bus ça sent le vestiaire et le clochard le sol du bus est glissant d’une bouillasse noirâtre la lumière fonctionne par intermittence – le clignotement est désagréable plus tard je suis assis sur le canapé par la fenêtre je vois du noir – le ciel est trop pollué pour laisser voir les étoiles *** le site artsolid a cessé d'exister.les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles.ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer.vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne.cette semaine, mise à mort, et pute.pour le télécharger, cliquer ici : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] kt-vitriol http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] t-soulseek |
| konsstrukt1 | à seize heures vingt-sept la nuit commence à tomber
à seize heures quarante-cinq il fait nuit je quitte le travail le vigile n’est plus là la fille de l’accueil n’est plus là la femme de ménage me dit bonsoir – je lui réponds ça sent le détergent la rue est sale et humide les lampadaires se refletent sur les trottoirs mouillés la brume est revenue – un peu les phares des voitures l’intérieur éclairé des bus le bruit des pneus sur la chaussée mouillée |
| konsstrukt1 | j’attends le bus
d’autres voyageurs me rejoignent au fur et à mesure il fait encore nuit tout le monde frisonne – il fait froid – moi aussi il y a une légère brume humide – poisseuse – glacée mes cheveux collent – mélange de sueur de la veille et de crasse et de brume des odeurs désagréables me parviennent – des odeurs de pollution je pue comme un clochard ça ne semble pas incommoder des gens il y a un type qui se gratte tout son visage est irrité – une espèce d’acné il a l’air triste – il a l’air de souffrir à la fin je suis au milieu d’une dizaine de personnes – j’en dénombre trois qui souffrent de cette allergie bizarre – je repense à mon chef – je me demande s’il s’agit d’une épidémie l’arrêt de bus est au bord d’une voie rapide il y a très peu de voiture qui passent le trottoir est sale la lumière de l’arrêt de bus est trop faible la vitre est couverte de tags obscènes le trottoirs est crade le bus finit par arriver c’est un bus en accordéon – il est déjà presque plein en s’arrêtant il dégage une forte odeur de gazoil à l’intérieur il n’y a pas de lumière – il n’y a que les veilleuses qui fonctionnent on entre en file indienne on montre nos abonnement le mien est usé – le carton est décoloré – de rouge sombre il est devenu rosâtre au fil du temps – ma photo ne me ressemble plus je me faufile vers le milieu je suis compressé au milieu des gens il n’y a pas de lumière le trajet dure un long moment à chaque arret le bus marque un à-coup – nos corps sont portés en avant – il freine dans un chuintement d’air comprimé je me sens engourdi j’ai dormi très longtemps – c’est peut-être ça – ou alors c’est la faim – j’ai pas mangé depuis au moins vingt-quatre heures – je crois – je sais même pas ce que j’ai pissé ce matin – je bois plus – non plus des gens montent – des gens descendent – encore neuf stations à la moitié du trajet les lumières se remettent à fonctionner aux trois quarts du trajet elles s’éteignent – il fait jour la lumière du jour est sale – le ciel est couvert – il bruine on traverse des barres d’immeubles – les gens font la gueule mon trajet dure quarante minutes c’est enfin mon arret je descends – trois personnes descendent en même temps que moi il fait toujours aussi froid la bruine est pénétrante je travaille dans un quartier de vieux immeubles de bureau les immeubles sont sales le trottoir est encombré de détritus les gens sont pressés – je marche lentement je suis un peu étourdi la brume s’est levée – à cause de la bruine on ne voit pas le haut des immeubles – l’atmosphère est poisseuse et froide il y a beaucoup de gens – mais c’est le silence – la bruine étouffe les sons – la bruine charrie des odeurs fades de carburant et de pollution j’arrive devant l’immeuble où je travaille je m’engage dans la porte-tambour la lumière du hall est trop faible ça sent le détergent le vigile me dit bonjour – la fille de l’accueil me dit bonjour – je leur réponds – la fille de l’accueil à le visage rouge et abimé – l’ascenseur est en panne je monte par les escaliers je me sens faible – trois étages – quatorze heures de sommeil – pas mangé ni bu depuis – au moins – vingt-quatre heures – je sens la sueur et la pisse et le vomi – çà se mélange à l’odeur de détergent – je suis sale – j’entre dans la salle de documentation mes collègues ne sont pas là je m’installe à mon bureau |
| konsstrukt1 | il est vingt-et-une heures vingt-sept je n’ai pas bougé les minutes s’écoulent je n’ai pas sommeil je n’ai rien à faire je n’ai pas faim il y a des choses à faire il faut tout nettoyer il faut faire à manger il faut manger je ne fais rien de tout cela je reste sur le canapé il est vingt-et-une heures vingt-huit il est vingt-et-une heures quarante-et-une il est vingt-et-une heures quarante-sept j’attends d’avoir assez sommeil pour dormir j’attends demain il est vingt-et une heures cinquante-trois je suis engourdi j’ai mal au chevilles j’ai les yeux qui piquent il est vingt-et-une heures cinquante-quatre il est vingt-et-une heures cinquante-cinq il est vingt-et-une heures cinquante-huit mes yeux sont secs mes paupières sont lourdes mon corps est fatigué – de quoi il est vingt-deux heures il est vingt-deux heures une il est vingt-deux heures trois j’ai envie d’uriner il est vingt-deux heures cinq le sang circule dans mes membres j’ai d’abord une puissante sensation de lourdeur à mes cuisses et mes mollets – puis une sensation de froid à mes mollets – enfin des fourmis à mes mollets et mes pieds j’attends ça passe il est vingt-deux heures dix il est vingt-deux heures onze je m’endors par intermittence – moins d’une seconde ma tête est lourde mes yeux sont fatigués il est vingt-deux heures douze mes pensées sont molles j’éprouve une vague sensation de faim je suis impatient de dormir j’éprouve une vague sensation de soif je n’ai pas la volonté nécessaire – pour satisfaire ces besoins il est vingt-deux heures seize mes pensées s’interrompent je perds conscience – et je reviens – aussitôt je m’allonge j’étends mes jambes le mouvement me réveille un peu - je suis engourdi et j’ai froid *** le site artsolid a cessé d'exister. les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles. ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer. vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne. cette semaine, mise à mort, et pute. pour le télécharger, cliquer ici : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] ise-a-mort http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] trukt-pute |
| konsstrukt1 | j’ai trop chaud
des bribes de rêve se dissipent je me lève j’ai une aigreur qui me remonte de l’œsophage mon rêve me revient mon père poignarde un type – la lame s’enfonce tellement qu’elle tend la peau du dos – le rêve prend fin avant que la lame ne perce la peau une image – une scène unique – mon père – et puis toute l’histoire revient nous sommes tous les trois dans mon rêve – tous les trois et mon père je suis là elle est là dans mon rêve il est là dans mon rêve et il y a mon père à moi – mais je crois qu’il s’agit de son père à lui et un autre type mon père – ou moi – à un moment c’est la même personne – à un moment mon père c’est moi – c’est le même personnage – fait des affaires louches avec ce type – c’est un type dangereux – son visage est rouge et très lisse – comme si il avait été brûlé vif – et le type sort de la voiture – et là nous sommes assis tous les trois dans la maison et nous voyons à travers la porte ouverte elle est assise à ma gauche il est assis sur ses genoux à elle et mon père prend un couteau et l’enfonce dans le ventre de l’homme au visage rouge et je lui à elle de l’emmener lui qu’il ne voit pas ça – je répète – qu’il ne voit pas ça – elle ne réagit pas – et je crois que le rêve s’interrompt ici mon aigreur continue à remonter le long de l’œsophage *** le site artsolid a cessé d'exister. les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles. ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer. vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne. cette semaine, les mouches mortes. pour le télécharger, cliquer ici : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] hes-mortes |
| konsstrukt1 | il y a un type qui se dépèche – il fait froid
il cherche son fils – dans la résidence il y a plein de recoins il le trouve – en compagnie d’un plus grand – vers le local poubelle entre le local poubelle et les arbres il y a un espace étroit il y a le ballon le jeune enfant est à genoux – il suce la bite du plus grand le plus grand panique – il a le temps de crier – on ne faisait rien de mal – on jouait le type le dérouille – le plus grand est en sang – il est à moitié assommé le père demande à son fils de remettre son bonnet ils rentrent tous les trois le type ne sait pas comment annoncer ça à sa femme à mi-chemin il fait une pause et défonce encore l’ado à coups de poings et à coups de pieds |
| konsstrukt1 | la bombe me fascine
surtout le compteur. je ne peux pas détacher mes yeux du compteur les trois points d’interrogation rouges que je vais remplacer par des chiffres en appuyant sur des boutons autour de moi c’est la pénombre. je suis un peu éclairé par la lueur des points d’interrogation à cristaux liquides je regarde ma bombe c’est la mienne elle est compacte elle est belle |
| konsstrukt1 | je ne suis là pour personne
je suis fatigué je suis fatigué comme jamais auparavant je ne suis constitué que de ça j’ai un goût de poussière dans la bouche et la gorge l’air que je respire à une odeur de poussière je crois qu’en fait ça vient de moi qu’en réalité l’air est pur comment pourrait-il en être autrement |
| morpheev | je balance quelques coups de poings dans le mur aussi fort que je peux
je m’éclate la peau des jointures mais je m’en fous il faut que je me calme j’avale une grande goulée d’air poussiéreux j’ai encore le cœur qui bat trop vite mais il finit par ralentir un peu mon stress baisse il reste une angoisse sourde bizarre comme si je savais qu’un truc horrible allait se passer et que je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher c’est comme si je n’attendais que ça mais sans avoir courage d’attendre vraiment j’ai pas du tout envie de penser à ça je ne sais pas quoi penser ça me rend fou cette histoire ça me rend marteau ça prend toute la place dans ma tête ça bouffe tout ça bouffe tout le reste ça m’empêcher de respirer de bouffer de baiser ça bloque tout j’en peux plus il faudrait que je remonte mais je ne peux pas *** la semaine prochaine : compte-rendu à la con de la soirée freak wave, avec en bonus, le reportage-photo du bonheur. *** abattoir numéro quatre version papier ne va pas tarder à sortir. pour en recevoir gratuitement quelques exemplaires, envoyer un mail avec son adresse postale à konsstrukt@hotmail.com |
| konsstrukt1 | je ferme mon bureau à clef
devant l’ascenseur huit personnes attendent l’ascenseur arrive nous montons tous il y a déjà quatre personnes à l’intérieur l’ascenseur commence son trajet silencieux je quitte l’immeuble je marche avec la foule je me rends à mon restaurant habituel je m’assieds à la même table qu’hier je commande un plat du jour au cours du repas un homme se suicide en se tirant une balle dans la bouche le vacarme est effroyable tout se suspend dans la salle moi aussi je cesse de manger ma cuillère aux trois quart pleine de soupe de poisson est figée dans ma main ma main est immobile entre l’assiette et ma bouche *** SOIREE DE LANCEMENT DE LA REVUE FREAKWAVE LE 22 MARS AU POINT EPHEMERE : voici le programme de la soirée : 17h45 : ouverture de la salle 18h : présentation de la revue freak wave 18h15 : dj wise 19h : sexandroïdes 19h40 : lecture konsstrukt : christophe siébert + olivier lelong à 20h ça boucle et tout le monde dehors et retour à 21h pour le récital de costes (10€) *** abattoir numéro quatre ne va pas tarder à sortir. pour le recevoir gratuitement, envoyer un mail avec son adresse à konsstrukt@hotmail.com |
| konsstrukt1 | je veux qu’on me frappe
je veux qu’on m’enfonce des trucs dans le cul je veux qu’on m’insulte et qu’on me force à m’humilier et même si je n’aime pas ça c’est comme ça que je jouis |
| konsstrukt1 | devant moi la chaîne de montage est comme hier
je fais toujours la même chose on fabrique des chaussures à talon aiguille moi j’assemble le talon et son embout le talon m’arrive nu et je dois coller dessus l’embout il m’arrive un talon toutes les deux secondes à la fin de la journée j’ai contribué à fabriquer sept mille deux cent paires de chaussures quand j’aurais cinquante ans ça fera quarante millions de paires de chaussures *** SOIREE DE LANCEMENT DE LA REVUE FREAKWAVE LE 22 MARS AU POINT EPHEMERE : pour télécharger le carton d'invitation, cliquer ici : http://storage.canalblog.com/88/17/25739/22802980.pdf |
| konsstrukt1 | quand j’arrive au foyer j’ai vingt clopes d’avances
pour fêter ça j’allume une camel je passe devant le bâtiment administratif et le réfectoire ce sont les seuls bâtiments en dur – le reste c’est du préfabriqué la clio de la directrice est garée devant le bâtiment j’espère qu’elle m’a pas capté j’ai pas envie de la voir cette vieille connasse je longe les dortoirs a b et c au bâtiment c je dis bonjour à malika qui fume à la fenêtre elle a l’air a peine réveillée elle est enceinte – elle passe ses nuits à tirer des bangs avec son mec qui est dansun autre foyer j’entre dans le bâtiment d je dépasse les toilettes et les douches j’ouvre la porte de ma chambre |
| bebert. |
|
| konsstrukt1 | je marche au milieu d’une rue piétonne blindée de monde
la rue est bordée de vitrines – je jette un œil – des fringues – des bijoux – des meubles – mais surtout des fringues des fringues des fringues – pour tous les styles – et tous les gens qui se baladent avec au moins un sac marqué du logo d’un magasin – ça dégoûte un peu depuis combien de temps j’ai pas fait ça moi – entrer dans un magasin genre jennyfer ou mango – claquer cent euros – ressortir dans ma poche il y a quinze euros à tout casser – et au moins trois euros en pièces rouges depuis an – au moins un an ils sont cools mes parents de m’envoyer du blé quand vraiment ça va pas je passe devant un kébab j’ai pas très faim je commande quand même un falafel je le bouffe assise sur un banc |
| konsstrukt1 | je suis dans le pâté
putain la gueule de bois – la bouche collée la vache je suis où la vue encore brouillée je me redresse – merde je suis à poil – tout tourne merde – merde je suis à poil ça se stabilise sur une chambre que je ne reconnais pas je me touche la chatte je n’ai pas de sperme c’est déjà ça |
| konsstrukt1 | mon patron avait un truc au visage – une espèce de maladie de peau
tous mes collègues étaient absents – j’étais seul dans le bureau je me suis senti seul j’ai travaillé je n’ai pas été manger dans l’après-midi mon patron est venu me voir il m’a proposé un café à la machine à café nous étions seuls il me parlait en grattant ses boutons – il grattait sans s’en rendre compte – les minutes passent lentement je me fais chier il fait chaud je regarde dehors la lumière est froide dehors c’est le silence je transpire je suis moite |
| konsstrukt1 | il est cinq heures vingt-neuf
j’entends une respiration c’est elle et puis je me réveille j’ai froid j’ai rêvé de ma mère – elle hurlait – je la foutais à la porte j’ai sommeil je ne pourrais plus dormir encore trois heures à tirer je me lève j’ai froid je m’habille – les habits d’hier – entassés au sol – ils sentent la transpiration je sors de la chambre je suis dans le canapé j’allume la télé – de la neige – ça ne marche pas – sur toutes les chaînes – de la neige j’éteins la télé je reste assis sur le canapé il n’y a pas de bruit à un moment une voiture démarre le soleil se lève – d’abord lentement – et puis plus vite |
| konsstrukt1 | la chevrotine a découpé les entrailles de claude maffre
des boyaux il y en a partout les fleurs sont irrécupérables même les arbres sont aspergés de sang et de bouts de tripes mais ça se voit moins je laisse tomber les fleurs que je tiens à la main ce sont des fleurs rouges ce sont pas les même fleurs que celles où claude maffre est tombé mort je me souviens pas avoir entendu de coup de fusil mais en cette saison les coups de fusil on y fait pas des masses attention je me dis vaut mieux que je parle de ça à personne qu’ils se démerdent entre eux les maffre et les gardiol moi c’est pas mon problème ces histoires je me dis j’ai qu’à aller ailleurs dans la forêt en chercher des fleurs jaunes mathilde de toute façon elle y verra que du feu claude maffre est étendu sur le dos les reins sont cisaillés et plein de sang il a la gueule dans les fleurs jaunes je le reconnais parce que je reconnais son tatouage sur la main il a la main ouverte et les doigts écartés comme s’il voulait cueillir des fleurs je vois les croix entre ses doigts trois croix une entre l’index et le majeur et une entre le majeur et l’annulaire et une entre l’annulaire et le petit doigt et aussi les trois points mort aux vaches sur la paume de l’autre main des tatouages de taulards claude maffre il a fait de la taule mais il aimait pas en parler et je me dis que maintenant il en parlera plus jamais j’ai encore mes fleurs à la main je me dis tiens je croyais que je les avais lâchées je regarde autour de moi je me tire je crois que je vais rentrer chez moi et tant pis pour mathilde j’aurais qu’à lui téléphoner et lui dire que je suis malade en tout cas les maffre et les gardiol qu’ils se démerdent avec leurs histoires moi je veux rien avoir à foutre avec tout ça |
Ceux qu'il ne fallait pas manquer
Les meilleurs livres de l'année 2011
Passé l'effervescence de la rentrée littéraire, avec sa course au prix et ses classements en tous genres, vient celle de la fin de l'année. Le...
Plan du site : Musique - Cinéma - Livres - Jeux vidéo - Télé - Société - Politique - Sexe - Foot - Arts - Scènes - Sortir - Forum
Fluctuat.net - Tous droits réservés. Un service édité par Doctissimo Network





