Abstractions lyriques
Des cœurs carrés, des rêves cubiques,
Nous donnent un visage angulaire,
La gueule de travers, des yeux en vis-à-vis,
Foie éclaboussée de rouge de bile et rectiligne,
Des actions corporelles pneumatiques
Qui soufflent et rendent nos désirs abstraits,
Des doigts écartés pour supplier
De nous laisser un peu en paix,
Sur nos têtes penchées, coulent,
S’égouttent nos souvenirs,
Pantin dans l’existence carnavalesque,
Des fleurs seront déposées sur nos tombeaux,
Sans lendemain, des os en flaque
Riant de vous voir là
A pleurer votre propre mort.
Mais retenir l’essentiel de votre dignité humaine,
Pour des flammes qui s’élèvent, des bourgeons naissants.
Des lendemains priant le souvenir de se retrouver,
De s’aimer mieux, d’un amour pur et limpide,
Oubliant toute trace humaine :
Ne pleurez pas vos vies,
N’attendez rien d’elle,
Aucune époque, aucun espace.
Je resterai sur mes toits,
Envolant des pleurs en prière,
Incessantes, innocentes
Comme des fausses notes
Dans l’écriture des phrases abstraites,
Comme l’est mon esprit,
Comme le sont vos vies.