Dans les livres d’histoire
Il a construit un grand arc au fond du grenier
Le toit de papier, qui ne pleut que poussière,
S’alourdit d’un gros recueil, père des prières
Sans importance, jamais il n’ouvrit ce dernier
Cet arc, temple des pages abusées par le temps
Protège un trésor, une merveille en son sein
Un bouquin gigantesque, compteur de destins
Un témoignage de ceux dont il est le présent
Il lui raconte les hommes, les actes et les faits
Les destructeurs, les tirants et les assassins
Aussi les résistants, les battants et les saints
La farandole des sacrifiés et des sauvés.
Le grand chronophotographe des influents
L’emmène se battre pour les grands idéaux
Aux côté de Massoud, Nietzsche et Diderot
Dans les écrits cinglants ou les combats sanglants.
Dans les charniers, il ne peut que compter les morts
Il rencontre un certain Mao, qui compte le sang,
Le fameux Hitler, qui lui, compte les absents
Et Nixon, Pinochet, comptant pétrole et or
Le monde tourne et chacun affirme son emprise
Regardant le passé et fonçant vers l’avant.
La vie se facilite, mais au prix du sang
De ceux qui alimenteront ses entreprises
L’espace accueille Apollo et station Mir
Les hommes voient la planète sur un boitier
Ils communiquent ainsi avec le monde entier
A une époque ou l’on n’a plus rien à se dire
Le livre se ferme, fait place à l’accablement
Son nom sera-t-il là un jour, bon ou mauvais?
Pourquoi donc dans ce livre, être gravé à jamais,
Si chacun en l’ouvrant, le referme en tremblant?
Message édité par Sevoth666 le 08-08-2011 à 20:28:27