LA FLEUR à la bouche
C’est un peu louche,
La fleur à la bouche,
Encore une louche de vie,
Ta bouche en fleur
Goût de bonheur.
Mais c’était fané d’avance,
J’ai à présent un goût amer,
Maintenant j’aurai du flair.
Toit et moi seul au monde
Sur les cimes de l’Imaf,
Pluie d’illumination en étoiles d’or,
Seul sur toi ronfle les vents d’ouest,
Et nos petites vies s’étiolent lentement,
Quand gronde le soir.
Les toits sont la frontière entre la vie et le ciel,
Le réel et la mort, transition céleste qui me plaie,
Une vision de l’ailleurs qui nous grandit,
Qui grandit notre vision du monde,
Le mythe moderne de la caverne,
La vérité serait là-haut :
Le monde n’est qu’un bal d’ombres damnées,
Aveuglante illusion du réel,
Le vrai est là haut,
Tout n’est qu’en suspension ici bas :
Géométriques toits ;
Comme la vie peut être irrégulière,
Vulangulaire parfois,
Was ist das d’espoir éclaire nos nuits
Et l’on rêve de l’intérieur des étoiles sur les toits :
Peur de tomber.
Je fumerai sur les toits,
Pour ressentir des ivresses lunaires,
Je m’allonge sur les toits :
S’émouvoir de la vie,
Et figer ses pensées dans des souffles divins,
Ressentir des guirlandes et tanguent,
Les vertes prairies ombragées,
Près du port, proche de l’or,
Sans aucune mesure.
C’est une fuite en avant dans la nuit,
A attendre les souvenirs amers,
Se retrouvant éparpillé dans des tourbillons de vie :
Les petits matins d’automne fuit l’horizon de nos vies
Comme un éclair vite passé,
Nos heures sont lumineuses,
Rouges de sang et du vertical à l’horizontal,
C’est l’alchimie de la vie
Dans l’invisibilité de l’axe de quoi :
Des désaxés : le désaxis mundi, le déséquilibre,
Le chao du vertige comme l’être se perd parfois :
Quand il est loin de lui,
Loin de son moi axial et spirituel :
Trouver son axe, son centre,
Pour ne pas sombrer dans des vides,
Rien ne change et surtout pas l’être :
Seules la nature, la vie, la mort,
Sont choses tangibles, palpables.
On fusionne dangereusement sur des touches
De la vie désaccordées, que tapent nos envies, nos folies, nos vices.
On se perd et se repère dans des flous d’instant,
Dans des danses macabres et folles,
Qui sentent l’apparence qui réduit l’être à l’infini
Et au fini des êtres, des choses, des résonances d’avant,
Des chemins creux et bourbeux où pataugent des éloges
Presque irréelles et sans goût :
Retrouver le goût, ressentir le fil du réel,
Du presque tout et la belle féroce inventera vos heures propices ;
O exister.