Ça fait trois mois que je vis enfermé chez moi sans voir personne.
Sarah s'est retrouvé un boulot et est repartie vivre chez ses parents.
« C'était vraiment qu'une grosse pute ! » que j'me disais en repensant à ça.
Ils m'ont pris la commode et la télé qui était dessus. Du coup, j'avais nulle part où ranger mes vêtements ; 1 jean, 3 t-shirts, 3 caleçons, 1 pull et une veste. Alors j'ai tendu un fil entre la poignée de la porte d'entrée et celle des sanitaires et j'ai suspendu tout mon merdier dessus, sauf la veste qui me servait de couverture. Le problème c'est qu'à chaque fois que j'allais aux chiottes, le merdier se cassait la gueule et je devais tous remettre en place. Pareil quand je partais m'acheter un sandwich, je mangeais plus que ça. Un jour poulet-tomates puis thon le lendemain puis à nouveau poulet-tomates et ainsi de suite... J'y allais très tôt le matin, quand il faisait encore nuit pour être sur de ne croiser personne.
Un jour, je n'ai pas pu y aller et je crevais la dalle couché sur mon matelas en me demandant ce qui pourrait m'empêcher de me foutre en l'air. Je me suis levé pour aller à la fenêtre. J'ai ouvert les volets, ai revu la lumière du jour et passé la tête pour regarder en bas.
« J'devrais écrire un livre » que j'me suis dit.
Ouais. Écrire un bouquin était la seule chose qui pouvait me sauver. J'ai refermé les volets et suis retourné me coucher.