un texte à moi à paraître dans le prochain numéro de la revue chimères. je suis fier comme un pou. si, si.
sinon, trois nouvelles à télécharger sur un nouveau site, les nouvelles sont pas neuves, mais le site oui, ça peut l'aider de le faire mousser un peu.
- goule : c'est le début, un peu remanié, de mon roman raté ghl :
http://www.nousvelles.com/nouvelle [...] =712&cat=3
- pute : c'est la moitié, un peu remaniée, de mon roman réussi pute :
http://www.nousvelles.com/nouvelle [...] =610&cat=3
- ma soeur : un texte court et très sordide qui était peut-être passé inaperçu à l'époque :
http://www.nousvelles.com/nouvelle [...] =696&cat=3
***
la chambre est assez spacieuse
les murs sont blancs
le sol est recouvert d’une moquette bordeaux à poils ras
un lit double flanqué de deux tables de nuit et deux veilleuses
une armoire
une table
deux chaises
des rideaux blancs à la fenêtre
une cabine en plastique qui regroupe douche et WC
un tableau qui représente une scène de pèche en haute mer accroché à l’un des murs
et c’est tout.
il ouvre la fenêtre et regarde un moment le fleuve
de l’autre côté du fleuve il y a
la route
les arbres qui bordent le route
une ligne d’immeubles
la gare invisible derrière les immeubles
dans un de ces immeubles vivait un copain à lui perdu de vue depuis le lycée
il lève les yeux
il considère le ciel lumineux et sans un seul nuage et puis son regard revient au fleuve
sur la droite le fleuve passe sous le pont qui relie la gare au centre-ville
après un virage il disparaît à la vue
sur la gauche on le voit couler jusqu’à la route départementale
il est bleu terne avec quelques zébrures marron
des deux côtés de la berge il y a des pontons de bois à intervalles réguliers
parfois des barques sont attachées aux pontons
il ferme la fenêtre et va s’étendre sur le lit
il allume la télé
il zappe
il s’attarde un instant sur une chaîne de cul où les acteurs parlent allemand
il puis un moment plus long sur mcm
***
dans le centre-ville des choses ont changé et d’autres non
la maison de la presse est toujours à la même place
le propriétaire a des cheveux blancs et presque la même tête
il semble déprimé.
il semblait déjà déprimé à l’époque
la boulangerie d’en face a été remplacée par un magasin de fringues techno
la vitrine de l’encadreur est passée au blanc d’espagne et il y a une affiche « à vendre »
pareil pour la boucherie charcuterie
en contrebas il y a le quartier de la glacière
à l’époque la glacière c’était la zone
les enfants y allaient prudemment
ils se racontaient des histoires de baston entre arabes et gitans
aujourd’hui il y a beaucoup de touristes et il fait très chaud
aux coins des ruelles réhabilitées des hauts-parleur diffusent la nouvelle scène française
il y a des boutiques de souvenirs
des galeries ringardes
des bars lounge
des boutiques de fringues branchées avec show-room
des restaurants à fooding
encore en contrebas il y a les quais
sur les quais tout est pareil qu’avant
un restaurant à poisson après l’autre
peut-être certains ont changé
peut-être pas
ça sent la vase
des touristes âgés lisent les menus
***
la vieille chaîne hi-fi prend la poussière
les trente-trois tours
mireille mathieu
michelle torr
les reprises des beatles et de simon and garfunkel par des orchestres de bal
sardou
carlos
le premier épisode de goldorak raconté et mis en musique
nana mouskouri
petit papa noël chanté par Tino Rossi
la chanson de rox et roucky interprétée par douchka
le générique d’albator
des tas d’autres
poussiéreux
***
la sortie de la gare est encombrée par des travaux
des gens se pressent
le tram charge une grosse brassée de voyageurs
des flics patrouillent par groupes de trois
un crs isolé discute avec un vigile privé
des ouvriers fument des clopes
il fait chaud
deux punks font la manche
il y a un kébab
et un bar à putes
(le nirvana, ouvert de quinze heures à dix-neuf heures, et puis à partir de vingt-deux heures)
des sex-shops et des taxi-phones
un taggueur
en train de repeindre entièrement à la bombe noire le rideau de fer d’un sex-shop encore fermé
le taggueur porte un blouson de skinhead et un masque à gaz
il a les cheveux mi-longs et ’accorde pas la moindre attention aux passants
***
un hôtel à vingt euros la nuit
la chambre est miteuse
un lit à une place
une couverture marron et rêche comme dans les internats
une fenêtre de petite taille qui donne sur une puît de lumière
il est rempli d’ordures et de sacs-poubelle où les ordures s’accumulent
des chiottes et un lavabo séparés du reste de la chambre par un paravent
une penderie métallique à roulettes
pas de table ni de télé