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abattoir

 

 

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abattoir

 
n°1379
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 23-01-2008 à 08:32:42  profilanswer
 

la chevrotine a découpé les entrailles de claude maffre
des boyaux il y en a partout
les fleurs sont irrécupérables
même les arbres sont aspergés de sang et de bouts de tripes mais ça se voit moins
je laisse tomber les fleurs que je tiens à la main
ce sont des fleurs rouges
ce sont pas les même fleurs que celles où claude maffre est tombé mort
je me souviens pas avoir entendu de coup de fusil mais en cette saison les coups de fusil on y fait pas des masses attention
je me dis vaut mieux que je parle de ça à personne
qu’ils se démerdent entre eux les maffre et les gardiol
moi c’est pas mon problème ces histoires
je me dis j’ai qu’à aller ailleurs dans la forêt en chercher des fleurs jaunes mathilde de toute façon elle y verra que du feu
claude maffre est étendu sur le dos
les reins sont cisaillés et plein de sang
il a la gueule dans les fleurs jaunes
je le reconnais parce que je reconnais son tatouage sur la main
il a la main ouverte et les doigts écartés comme s’il voulait cueillir des fleurs
je vois les croix entre ses doigts trois croix une entre l’index et le majeur et une entre le majeur et l’annulaire et une entre l’annulaire et le petit doigt
et aussi les trois points mort aux vaches sur la paume de l’autre main
des tatouages de taulards
claude maffre il a fait de la taule mais il aimait pas en parler et je me dis que maintenant il en parlera plus jamais
j’ai encore mes fleurs à la main je me dis tiens je croyais que je les avais lâchées
je regarde autour de moi
je me tire je crois que je vais rentrer chez moi et tant pis pour mathilde j’aurais qu’à lui téléphoner et lui dire que je suis malade
en tout cas les maffre et les gardiol qu’ils se démerdent avec leurs histoires moi je veux rien avoir à foutre avec tout ça


Message édité par konsstrukt1 le 23-01-2008 à 08:40:57
n°1381
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 31-01-2008 à 07:35:46  profilanswer
 

il est cinq heures vingt-neuf
j’entends une respiration
c’est elle
et puis je me réveille
j’ai froid
j’ai rêvé de ma mère – elle hurlait – je la foutais à la porte
j’ai sommeil
je ne pourrais plus dormir
encore trois heures à  tirer
je me lève
j’ai froid
je m’habille – les habits d’hier – entassés au sol – ils sentent la transpiration
je sors de la chambre
je suis dans le canapé
j’allume la télé – de la neige – ça ne marche pas – sur toutes les chaînes – de la neige
j’éteins la télé
je reste assis sur le canapé
il n’y a pas de bruit
à un moment une voiture démarre
le soleil se lève – d’abord lentement – et puis plus vite

n°1382
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 06-02-2008 à 08:22:07  profilanswer
 

mon patron avait un truc au visage – une espèce de maladie de peau
tous mes collègues étaient absents – j’étais seul dans le bureau
je me suis senti seul
j’ai travaillé
je n’ai pas été manger
dans l’après-midi mon patron est venu me voir
il m’a proposé un café
à la machine à café nous étions seuls
il me parlait en grattant ses boutons – il grattait sans s’en rendre compte –  
les minutes passent lentement
je me fais chier
il fait chaud
je regarde dehors
la lumière est froide
dehors c’est le silence
je transpire
je suis moite

n°1383
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 14-02-2008 à 07:35:56  profilanswer
 

je suis dans le pâté
putain la gueule de bois – la bouche collée
la vache
je suis où
la vue encore brouillée
je me redresse – merde je suis à poil – tout tourne
merde –
merde je suis à poil
ça se stabilise sur une chambre que je ne reconnais pas
je me touche la chatte
je n’ai pas de sperme
c’est déjà ça

n°1385
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 21-02-2008 à 09:31:04  profilanswer
 

je marche au milieu d’une rue piétonne blindée de monde
la rue est bordée de vitrines – je jette un œil – des fringues – des bijoux – des meubles – mais surtout des fringues des fringues des fringues – pour tous les styles – et tous les gens qui se baladent avec au moins un sac marqué du logo d’un magasin – ça dégoûte un peu
depuis combien de temps j’ai pas fait ça moi – entrer dans un magasin genre jennyfer ou mango – claquer cent euros – ressortir
dans ma poche il y a quinze euros à tout casser – et au moins trois euros en pièces rouges
depuis an – au moins un an
ils sont cools mes parents de m’envoyer du blé quand vraiment ça va pas
je passe devant un kébab
j’ai pas très faim
je commande quand même un falafel
je le bouffe assise sur un banc

n°1386
bebert.
nihil
Profil : Légende
Posté le 26-02-2008 à 12:04:09  profilanswer
 

konsstrukt1 a écrit :

je suis dans le pâté
putain la gueule de bois – la bouche collée
la vache
je suis où
la vue encore brouillée
je me redresse – merde je suis à poil – tout tourne
merde –
merde je suis à poil
ça se stabilise sur une chambre que je ne reconnais pas
je me touche la chatte
je n’ai pas de sperme
c’est déjà ça


 
ça me rappelle de vieux souvenirs ...


---------------
I'm looking up and God is saying, 'What are you gonna do?'
I'm looking up and I'm crying, 'I thought it was up to you!'
n°1387
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 28-02-2008 à 08:21:47  profilanswer
 

quand j’arrive au foyer j’ai vingt clopes d’avances
pour fêter ça j’allume une camel
je passe devant le bâtiment administratif et le réfectoire
ce sont les seuls bâtiments en dur – le reste c’est du préfabriqué
la clio de la directrice est garée devant le bâtiment
j’espère qu’elle m’a pas capté j’ai pas envie de la voir cette vieille connasse
je longe les dortoirs a b et c
au bâtiment c je dis bonjour à malika qui fume à la fenêtre
elle a l’air a peine réveillée
elle est enceinte – elle passe ses nuits à tirer des bangs avec son mec qui est dansun autre foyer
j’entre dans le bâtiment d
je dépasse les toilettes et les douches
j’ouvre la porte de ma chambre

n°1388
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 06-03-2008 à 07:49:19  profilanswer
 

devant moi la chaîne de montage est comme hier
je fais toujours la même chose
on fabrique des chaussures à talon aiguille
moi j’assemble le talon et son embout
le talon m’arrive nu et je dois coller dessus l’embout
il m’arrive un talon toutes les deux secondes
à la fin de la journée j’ai contribué à fabriquer sept mille deux cent paires de chaussures
quand j’aurais cinquante ans ça fera quarante millions
de paires de chaussures
 
***
 
SOIREE DE LANCEMENT DE LA REVUE FREAKWAVE LE 22 MARS AU POINT EPHEMERE :  
 
pour télécharger le carton d'invitation, cliquer ici :  
http://storage.canalblog.com/88/17/25739/22802980.pdf  
 

n°1389
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 13-03-2008 à 07:19:59  profilanswer
 

je veux qu’on me frappe
je veux qu’on m’enfonce des trucs dans le cul
je veux qu’on m’insulte et qu’on me force à m’humilier
et même si je n’aime pas ça
c’est comme ça que je jouis

n°1394
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 20-03-2008 à 08:24:03  profilanswer
 

je ferme mon bureau à clef
devant l’ascenseur huit personnes attendent
l’ascenseur arrive
nous montons tous
il y a déjà quatre personnes à l’intérieur
l’ascenseur commence son trajet silencieux
je quitte l’immeuble
je marche avec la foule
je me rends à mon restaurant habituel
je m’assieds à la même table qu’hier
je commande un plat du jour
au cours du repas un homme se suicide en se tirant une balle dans la bouche
le vacarme est effroyable
tout se suspend dans la salle
moi aussi je cesse de manger
ma cuillère aux trois quart pleine de soupe de poisson est figée dans ma main
ma main est immobile entre l’assiette et ma bouche
 
***  
 
SOIREE DE LANCEMENT DE LA REVUE FREAKWAVE LE 22 MARS AU POINT EPHEMERE :  
 
voici le programme de la soirée :
 
17h45 : ouverture de la salle
18h : présentation de la revue freak wave
18h15 : dj wise
19h : sexandroïdes
19h40 : lecture konsstrukt : christophe siébert + olivier lelong
à 20h ça boucle et tout le monde dehors et retour à 21h pour le récital de costes (10€)  
 
***
 
abattoir numéro quatre ne va pas tarder à sortir. pour le recevoir gratuitement, envoyer un mail avec son adresse à konsstrukt@hotmail.com

n°1397
morpheev
Profil : Padawan
Posté le 26-03-2008 à 09:54:41  profilanswer
 

je balance quelques coups de poings dans le mur aussi fort que je peux
je m’éclate la peau des jointures mais je m’en fous
il faut que je me calme
j’avale une grande goulée d’air poussiéreux
j’ai encore le cœur qui bat trop vite mais il finit par ralentir un peu
mon stress baisse
il reste une angoisse sourde bizarre
comme si je savais qu’un truc horrible allait se passer et que je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher
c’est comme si je n’attendais que ça mais sans avoir courage d’attendre vraiment
j’ai pas du tout envie de penser à ça
je ne sais pas quoi penser ça me rend fou cette histoire ça me rend marteau
ça prend toute la place dans ma tête ça bouffe tout ça bouffe tout le reste
ça m’empêcher de respirer de bouffer de baiser ça bloque tout j’en peux plus
il faudrait que je remonte mais je ne peux pas
 
***
 
la semaine prochaine : compte-rendu à la con de la soirée freak wave, avec en bonus, le reportage-photo du bonheur.
 
***
 
abattoir numéro quatre version papier ne va pas tarder à sortir. pour en recevoir gratuitement quelques exemplaires, envoyer un mail avec son adresse postale à konsstrukt@hotmail.com  
 


---------------
http://tickers.doctissimo.fr/make2.php?who=&button=&fond_ticker=php2xpnZB.jpg&tick_ticker=phpe6p7GP.png&jour=7&mois=9&annee=2008&tkr_type=naissance&inputtexte=&nombebe=
n°1398
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 01-04-2008 à 23:13:54  profilanswer
 

je ne suis là pour personne
je suis fatigué
je suis fatigué comme jamais auparavant
je ne suis constitué que de ça
j’ai un goût de poussière dans la bouche et la gorge
l’air que je respire à une odeur de poussière
je crois qu’en fait ça vient de moi
qu’en réalité l’air est pur
comment pourrait-il en être autrement

n°1402
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 09-04-2008 à 09:02:24  profilanswer
 

la bombe me fascine
surtout le compteur.
je ne peux pas détacher mes yeux du compteur
les trois points d’interrogation rouges que je vais remplacer par des chiffres en appuyant sur des boutons
autour de moi c’est la pénombre.
je suis un peu éclairé par la lueur des points d’interrogation à cristaux liquides
je regarde ma bombe
c’est la mienne
elle est compacte
elle est belle

n°1423
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 16-04-2008 à 08:49:25  profilanswer
 

il y a un type qui se dépèche – il fait froid
il cherche son fils – dans la résidence il y a plein de recoins
il le trouve – en compagnie d’un plus grand – vers le local poubelle
entre le local poubelle et les arbres il y a un espace étroit
il y a le ballon
le jeune enfant est à genoux – il suce la bite du plus grand
le plus grand panique – il a le temps de crier – on ne faisait rien de mal – on jouait
le type le dérouille – le plus grand est en sang – il est à moitié assommé
le père demande à son fils de remettre son bonnet
ils rentrent tous les trois
le type ne sait pas comment annoncer ça à sa femme
à mi-chemin il fait une pause et défonce encore l’ado à coups de poings et à coups de pieds

n°1429
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 23-04-2008 à 07:48:34  profilanswer
 

j’ai trop chaud
des bribes de rêve se dissipent
je me lève
j’ai une aigreur qui me remonte de l’œsophage
mon rêve me revient
mon père poignarde un  type – la lame s’enfonce tellement qu’elle tend la peau du  dos – le rêve prend fin avant que la lame ne perce la peau
une image – une scène unique – mon père – et puis toute l’histoire revient
nous sommes tous les trois dans mon rêve – tous les trois et mon père
je suis là
elle est là dans mon rêve
il est là dans mon rêve
et il y a mon père à moi – mais je crois qu’il s’agit de son père à lui
et un autre  type
mon père – ou moi – à un moment c’est la même personne – à un moment mon père c’est moi – c’est le même personnage – fait des affaires louches avec  ce type – c’est un type dangereux – son visage est rouge et très lisse – comme si il avait été brûlé vif – et le type sort de la voiture – et là nous sommes assis tous les trois dans la maison et nous voyons à travers la porte ouverte
elle est assise à ma gauche
il est assis sur ses genoux à elle
et mon père prend un couteau et l’enfonce dans le ventre de l’homme au visage rouge et je lui à elle de l’emmener lui qu’il ne voit pas ça – je répète – qu’il ne voit pas ça – elle ne réagit pas – et je crois que le rêve s’interrompt ici
mon aigreur continue à remonter le long de l’œsophage
 
***
 
le site artsolid a cessé d'exister. les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles. ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer. vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne. cette semaine, les mouches mortes. pour le télécharger, cliquer ici : http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] hes-mortes

n°1433
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 30-04-2008 à 09:10:31  profilanswer
 

il est vingt-et-une heures vingt-sept  
je n’ai pas bougé  
les minutes s’écoulent  
je n’ai pas sommeil  
je n’ai rien à faire  
je n’ai pas faim  
il y a des choses à faire  
il faut tout nettoyer  
il faut faire à manger  
il faut manger  
je ne fais rien de tout cela  
je reste sur le canapé  
il est vingt-et-une heures vingt-huit  
 
il est vingt-et-une heures quarante-et-une  
il est vingt-et-une heures quarante-sept  
j’attends d’avoir assez sommeil pour dormir  
j’attends demain  
 
il est vingt-et une heures cinquante-trois  
je suis engourdi  
j’ai mal au chevilles  
j’ai les yeux qui piquent  
il est vingt-et-une heures cinquante-quatre  
il est vingt-et-une heures cinquante-cinq  
il est vingt-et-une heures cinquante-huit  
 
mes yeux sont secs  
mes paupières sont lourdes  
mon corps est fatigué – de quoi  
 
il est vingt-deux heures  
il est vingt-deux heures une  
il est vingt-deux heures trois  
j’ai envie d’uriner  
il est vingt-deux heures cinq  
le sang circule dans mes membres  
j’ai d’abord une puissante sensation de lourdeur à mes cuisses et mes mollets – puis une sensation de froid à mes mollets – enfin des fourmis à mes mollets et mes pieds  
j’attends  
ça passe  
il est vingt-deux heures dix  
il est vingt-deux heures onze  
je m’endors par intermittence – moins d’une seconde  
ma tête est lourde  
mes yeux sont fatigués  
il est vingt-deux heures douze  
mes pensées sont molles  
j’éprouve une vague sensation de faim  
je suis impatient de dormir  
j’éprouve une vague sensation de soif  
je n’ai pas la volonté nécessaire – pour satisfaire ces besoins  
il est vingt-deux heures seize  
mes pensées s’interrompent  
je perds conscience – et je reviens – aussitôt  
je m’allonge  
j’étends mes jambes  
le mouvement  
me réveille un peu - je suis engourdi et j’ai froid  
 
***  
 
le site artsolid a cessé d'exister. les pdf qui s'y trouvaient en téléchargement gratuit ne sont donc plus disponibles. ils seront désormais stockés sur le site de l'éditeur léo scheer. vous pourrez donc à nouveau les télécharger, au fur et à mesure de leur mise en ligne. cette semaine, mise à mort, et pute. pour le télécharger, cliquer ici :  
 
http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] ise-a-mort  
 
http://www.leoscheer.com/spip.php? [...] trukt-pute

n°1439
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 07-05-2008 à 07:42:49  profilanswer
 

j’attends le bus
d’autres voyageurs me rejoignent au fur et à mesure
il fait encore nuit
tout le monde frisonne – il fait froid – moi aussi
il y a une légère brume
humide – poisseuse – glacée
mes cheveux collent – mélange de sueur de la veille et de crasse et de brume
des odeurs désagréables me parviennent – des odeurs de pollution
je pue comme un clochard
ça ne semble pas incommoder des gens
il y a un type qui se gratte
tout son visage est irrité – une espèce d’acné
il a l’air triste – il a l’air de souffrir
à la fin je suis au milieu d’une dizaine de personnes – j’en dénombre trois qui souffrent de cette allergie bizarre – je repense à mon chef – je me demande s’il s’agit d’une épidémie
l’arrêt de bus est au bord d’une voie rapide
il y a très peu de voiture qui passent
le trottoir est sale
la lumière de l’arrêt de bus est trop faible
la vitre est couverte de tags obscènes
le trottoirs est crade
le bus finit par arriver
c’est un bus en accordéon – il est déjà presque plein
en s’arrêtant il dégage une forte odeur de gazoil
à l’intérieur il n’y a pas de lumière – il n’y a que les veilleuses qui fonctionnent
on entre en file indienne
on montre nos abonnement
le mien est usé – le carton est décoloré – de rouge sombre il est devenu rosâtre au fil du temps – ma photo ne me ressemble plus
je me faufile vers le milieu
je suis compressé au milieu des gens
il n’y a pas de lumière
le trajet dure un long moment
à chaque arret le bus marque un à-coup – nos corps sont portés en avant – il freine dans un chuintement d’air comprimé
je me sens engourdi
j’ai dormi très longtemps – c’est peut-être ça – ou alors c’est la faim – j’ai pas mangé depuis au moins vingt-quatre heures – je crois – je sais même pas ce que j’ai pissé ce matin – je bois plus – non plus
des gens montent – des gens descendent – encore neuf stations
à la moitié du trajet les lumières se remettent à fonctionner
aux trois quarts du trajet elles s’éteignent – il fait jour
la lumière du jour est sale – le ciel est couvert – il bruine
on traverse des barres d’immeubles – les gens font la gueule
mon trajet dure quarante minutes
c’est enfin mon arret
je descends – trois personnes descendent en même temps que moi
il fait toujours aussi froid
la bruine est pénétrante
je travaille dans un quartier de vieux immeubles de bureau
les immeubles sont sales
le trottoir est encombré de détritus
les gens sont pressés – je marche lentement
je suis un peu étourdi
la brume s’est levée – à cause de la bruine on ne voit pas le haut des immeubles – l’atmosphère est poisseuse et froide
il y a beaucoup de gens – mais c’est le silence – la bruine étouffe les sons –  
la bruine charrie des odeurs fades de carburant et de pollution
j’arrive devant l’immeuble où je travaille
je m’engage dans la porte-tambour
la lumière du hall est trop faible
ça sent le détergent
le vigile me dit bonjour – la fille de l’accueil me dit bonjour – je leur réponds – la fille de l’accueil à le visage rouge et abimé –
l’ascenseur est en panne
je monte par les escaliers
je me sens faible – trois étages – quatorze heures de sommeil – pas mangé ni bu depuis – au moins – vingt-quatre heures – je sens la sueur et la pisse et le vomi – çà se mélange à l’odeur de détergent – je suis sale –
j’entre dans la salle de documentation
mes collègues ne sont pas là
je m’installe à mon bureau

n°1441
konsstrukt​1
Profil : Novice
Posté le 13-05-2008 à 08:48:33  profilanswer
 

à seize heures vingt-sept la nuit commence à tomber
à seize heures quarante-cinq il fait nuit
je quitte le travail
le vigile n’est plus là
la fille de l’accueil n’est plus là
la femme de ménage me dit bonsoir – je lui réponds
ça sent le détergent
la rue est sale et humide
les lampadaires se refletent sur les trottoirs mouillés
la brume est revenue – un peu
les phares des voitures
l’intérieur éclairé des bus
le bruit des pneus sur la chaussée mouillée


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