forum actualité forum cinéma forum musique forum arts et scènes forum livres forum jeux vidéo
forum télé et séries forum fun forum foot forum sexe forum politique  

 

 

Dernière réponse
Discussion : Contre-culture : faut-il devenir conformiste ?
red-dragon * désolé j'ai oublier le verbe: quelqu'un pourrait m'expliquer(...)

Votre réponse
Nom d'utilisateur
Vous êtes autorisé à poster en mode invité (sans vous inscrire) : entrez le pseudo souhaité sans mot de passe.
Attention : dans ce cas vos messages ne seront pas modifiables.
Le ton de votre message                        
                       
Votre réponse


[b][i][u][strike][spoiler][fixed][cpp][url][email][img][flash]Insérer un code de video fourni[*]   
 
   [quote]
 



Recopier le code :
Options

 
Vous avez perdu votre mot de passe ?


Vue Rapide de la discussion
red-dragon * désolé j'ai oublier le verbe: quelqu'un pourrait m'expliquer(...)
red-dragon ce n'est pas grave. Merci pour les réponses. Au fait, quelqu'un pourrait au pauvre esprit sot que je suis, qu'est-ce que le "punk nihiliste".
@bstr@it Il me semble qu'AnybodyKillah et moi avons déjà bien exploité ces questions. Essaie de relire.
Lol, la flemme de répéter. (excuse)
red-dragon salut, c'est intéressant mais il me semble que vous vous éloignez du débat posé (contre-culture et conformisme).
Pensez-vous que la contre-culture est un fait encore présent dans notre société? N'est-ce pas une illusion, une vue de l'esprit qui permet au peuple de croire d'un changement, une rupture puis une renaissance sont encore possibles ? Qu'implique véritablement la notion de 'non-artistique" de Duchamps ? Et si, en ce sens, il s'agirait d'une contre-culture, par rapport à quoi définierait-on le conformisme? Cad, la contre culture ne serait-elle pas l'apogée du conformisme ?
invite_paum crazy punker, est il possible que tu me donnes les réferences dont tu parlait plus haut ?? merci
mesca J'ai pas tout lu (à vrai dire j'ai rien lu), mais j'aime bien faire style j'ai une opinion et tout.
Y a des punks qui mettent l'uniforme militaire... En fait l'important c'est pas les fringues, c'est pas ta façon de parler ou d'être. En fait l'important c'est... non, rien.
Y a rien d'important.
davidkoresh tut tut tut... c'est pas bien d'être méchant avec Th Th...
invite_wrath666 Si vous ne l’avez pas encore vue, précipitez-vous sur cette interview réalisée par Thomas Clément. Le « crevard » interrogé, alias Thierry Théolier, est un modèle de pseudo subversion pathétique. Toutes les caractéristiques du « vrai rebelle » sont présentes :
 
http://20six.fr/wrath666/art/1264886
invite_Le debat Recentrez moi !
invite_L'opprobre Décidément vous n'avez aucune patience.
tomate mozza. Salut, je passe par là et je trouve ce sujet passionnant. Mais je n'ai rien à ajouter à tout ce qui a déjà été dit. J'ai donc longtemps hésité avant de poster car un post doit toujours être justifié, selon moi, par un contenu. Du coup, je décide de ne pas poster.
invite_Le jargon Oubliez-moi bon sang!
 
Je suis pas nécessaire à la transmission des idées.
 
Je sers que pour conceptualiser des trucs de ouf, mais là c'est pas ce que vous faites.
 
 
Ou alors pour me la raconter dans mon cénacle de happy few qui "comprennent".
@bstr@it Je recommence :
 
Que signifie ready made? Déjà fait, mais qu'est ce qui est déjà fait? Quand tu réfléchis au sens de ce nom bizarre. Tu te rend que finalement c'est le tableau qui est déjà fait. Il y a une référence à l'art pictural dans la mesure où ici c'est l'oeil qui photographie des images. On parlait avant de l'apparation de la photo en art. Marcel Duchamps, à la place de se dire comme d'autres (je caricature), "Puisque la photo existe, nous allons peindre différemment", lui s'est demandé (mais c'est mon interprétation) comment réussir à représenter mieux qu'une photo. Et il a eu cette réponse que nous connaissons. Et c'est ce qui me fait dire que le ready-made concrètement est le paroxisme de la mimesis, après évidemment que c'est justement cette valeur conceptuel qui intéresse, et non pas la réprésentation de l'objet. Quoique quand on voit aujourd'hui l'évolution de l'art et les nouvelles créations d'art contemporain (j'ai des exemples si tu veux), on peut se dire qu'en fait il n'y a pas que le concept qui a compté, il y a aussi ce collage minimal de l'objet décollé du quotidien pour être recollé dans un musée. Il persiste donc, tout de même, la présence d'une valeur plastique en plus de la valeur de la valeur conceptuelle dans les ready mades de Duchamps.  
Puisqu'en plus il casse l'ordre moral de l'oeuvre classique encore très présent dans les mentalités, en incitant plus ou moins implicitement à uriner sur la vierge (je fais référence à sa célèbre citation). Donc dans l'esprit de Marcel Duchamps, il exite toujours cette valeur esthétique, plastique, formelle de l'objet industriel qui mue selon les fantasmes du spectateur, c'est certain!
 

 


http://forum2.fluctuat.net/mesimages/1175/71.jpg

@bstr@it

Citation :

Mais un seul a-t-il seulement changé radicalement et durablement la société ?!


Oui et de manière très concrète puisqu'aujourd'hui il y a plus de femmes qui font des études d'art. Nombreuses sont les artistes reconnues, peut être n'y en a t'il pas encore assez mais çà progresse.
 

Citation :

Dans les faits, les groupes se sont multipliés, ont apporté énormément à l'Art, bcp à la société de leur temps et assez peu à nous


Si il suffit de penser à tous les acquis sociaux qui ont été gagné à l'époque et qui continue d'exister (avortement, évolution des mentalités sur l'homosexualité...) MAIS ATTENTION! actuellement le gouvernement reprend du terrain et on perd des droits qui avaient été durement gagné.
 

Citation :

"L'Art, c'est ce qui résiste à la mort"


Magnifique, et çà se vérifie aujourd'hui dans les volonters de l'art transhumaniste mais dans une mesure et un ton beaucoup moins poétique à mon goût.
 

Citation :

En ce sens, 4'33'' ressemble au grands monochromes de Mosset ou à Rothko qui interrogeaient, entre autre, la physicalité du peint


Je me sens bien dans cet étude cynesthésique art/musique, et toi aussi visiblement, continuons alors dans ce discour sensible, non concret.
Moi personnellement j'aurais plutôt comparé 4'33 aux toiles vides de Rauchenberg, le nom de l'oeuvre m'échappe,  l'exposition du vide d'Yves Klein ou encore Zen for TV de Nam June Paik. Peut être vois tu déjà ce que j'essaie d'esquissé.  
En effet John Cage a fortement été influencé par Debussy, Schönberg, Luigi Russolo, Varèse ou encore Satie mais pour moi il va encore plus loin (plus loin même que M. Duchamps), dans le sens où l'oeuvre se réalise, pour une fois, sans l'intervention de l'artiste. Dans un geste très poétique, c'est le temps, l'environnement et évidemment toujours le spectateur qui fait l'oeuvre.  
On aurait pu croire que Rauchenberg se moquait de nous, en exposant une toile totalement vierge, mais non! Car en effet c'est la poussière et autres résidus atmosphériques qui venaient composer la toile.
Il en va de même pour Nam June Paik qui projète une bande vierge, du moins de toute intervention de l'artiste, car c'est la poussière qui venait composer l'image abstraite du film.
L'exposition du vide d'Yves Klein, ne prend pas çà pour un affront lol, mais c'est pour le plaisir de l'expliquer et la mettre avec Cage. Yves Klein y révèlait un architecture, un espèce (anti-)tactile, de la même manière que Cage révèlait un espace sonore.
Le Monochrome présente une action de l'artiste, qui peint en monoton, ce qui me renvoie peut être plus alors à la musique de La Monte Young qui composait en monoson.
 

Citation :

Duchamp ne s'en est pas rendu compte, changer le concept d'Art à un moment, revient à insérer une nouvelle catégorie logique pour analyser l'ensemble de l'histoire de l'Art


Donc tu peux pas analyser Duchamps et Géricault sur un même critère esthétique.
 

Citation :

une fontaine vaut-elle un Caravage ?! Du point de vue de la mimésis, en aucun cas, du point de vue de l'histoire, absolument !!


Je comprends pas trop. Pour moi, s'il invente une nouvelle manière de créer, il rompt avec l'histoire de l'art, ce qui n'est pas le cas pour Géricault. Donc même historiquement, pour moi, ils ne sont pas comparable.
 

Citation :

Vouloir parler de paroxysme de la mimésis avec les ready made, correspond à parler de paroxysme du mars dans le snickers (tu m'excuses la comparaison un peu triviale). Cela ressort de ce que l'on appelle un erreur de catégorie (les mars ne sont pas des snickers). La mimésis et les ready made sont deux concepts de l'Art différents, reliés entre eux par l'histoire de l'art, mais qui ne ressortent pas des même catégories logiques


Que signifie ready made? Déjà fait, mais qu'est ce qui est déjà fait? Quand tu réfléchis au sens de cce nom bizarre. Tu te rend que finalement c'est le tableau qui a fait. Puisque l'oeil photographie des images. On parlait avant de l'apparation de la photo en art. Marcel Duchamps, à la place de se dire comme d'autres (je caricature), "Puisque la photo existe, nous allons peindre différemment", lui s'est demandé (mais c'est mon interprétation) comment réussir à représenter mieux qu'une photo. Et il a eu cette réponse que nous connaissons. Et c'est qui me fait dire que le ready-made concrètement est la paroxisme de la mimesis, après évidemment que c'est justement cette valeur conceptuel qui intéresse, et non pas la réprésentation de l'objet. Quoique quand on voit aujourd'hui l'évolution de l'art et dans l'art contemporain, on peut se dire qu'en fait il n'y a que le concept qui a compté, il y a aussi ce collage minimal de l'objet décollé du quotidien pour être recollé dans un musée. Il y a donc, tout de même, présence d'une valeur plastique en plus de la valeur de la valeur conceptuelle.  
Puisqu'en plus il casse l'ordre moral de l'oeuvre classique encore très présent dans les mentalités, en incitant plus ou moins implicitement à uriner sur la vierge (je fais référence à sa célèbre citation). Donc dans l'esprit de Marcel Duchamps, il persiste cette valeur esthétique, plastique, formelle de l'objet industriel qui mue selon les fantasmes du spectateur, c'est certain!

 

http://forum2.fluctuat.net/mesimages/1175/70.jpg

invite_la contre-culture Mais prenez moi, prenez moi, nom de dieu.
invite_Zoroastre.

Citation :

Donc pour moi l'art et la culture touche la société de plein fouet, c'est logique, vu que la société, quoi qu'on en pense, s'y réfère intégralement.Toute la philosophie des lumières, par exemple, s'est référé à l'art Antique (malheureusement).  


Je nie en aucun cas la fonction sociale de l'art. Est-il seulement possible d'imaginer une société sans Art ?! Càd sans oeuvre d'art ? ou sans le "faire" artistique ? ou sans "l'expérience esthétique" ou de pensée ?! Je crois que tu as parfaitement raison de défendre la fonction sociale de l'art comme tu le fais. Il y a quelque chose, dans l'art, qui échappe à la société, à sa superstructure, au pouvoir (au foyers de pouvoir dirait Foucault). L'Art a ce pouvoir de mettre, en un instant, les marges de la société en son plein centre (centre géographique ou centre d'art). Cependant, les artistes d'avant-garde, peut pourvu en capital symbolique, ont peu d'écoute et doivent déjà lutter, symboliquement, contre les artistes établis pour se pourvoir à leur tour de capital symbolique. Cette "lutte", tout à fait symbolique, les places en bonne place dans le champ, et ils perdent ainsi cette dénomination d'avant garde. Dans un contexte historiquement déterminé, les artistes peuvent avoir un pouvoir fort: tu as cité l'art dégénéré de la Neuesachlichkeit et d'autres plus récents auquels on pourrait rajouter Gianni Motti, et tant d'autres (Barbara Kruger, par ex.). Cette fonction peut se retrouver dans l'art minimal, qui interroge souvent la science, de réappropriation qui interroge la structure du monde de l'art, etc. Le mouvement punk, les situs, les beats, les hippies ont eu aussi représenté qqch de majeur. Mais un seul a-t-il seulement changé radicalement et durablement la société ?! Dans les faits, les groupes se sont multipliés, ont apporté énormément à l'Art, bcp à la société de leur temps et assez peu à nous, en fait... On revient tjs à cette question de la contre-culture. Je crois qu'elle est absolument nécessaire artistiquement et intellectuellement. L'Art est, pour moi, le parangon de l'existence humaine et de la société (pense à Malraux: "L'Art, c'est ce qui résiste à la mort", magnifique, non ?!). Mais son pouvoir révolutionnaire, l'Aufhebung contre-culturelle, je n'y crois plus. Il me semble pouvoir distinguer que, sur le fond, nous sommes d'accord. J'accorde énrmément de crédit à l'Art (et un important crédit de réfléxivité), mais plus celui de changer le monde.  
 

Citation :

Cage et Debussy c'est peut être moins evident, John Cage est tout de même le Marcel Duchamps de la musique. Difficile pour moi de le juger sur les mêmes critiques que Debussy surtout si tu prends une oeuvre tel que 4'33

Je cite juste ce bout là, mais je réponds à ce qui vient au-dessus.
 
Quels questions posent Debussy et Cage à l'histoire de la musique ? Debussy remet en question la structure de composition, jugée trop rigide. Il faut se défaire du contrepoint, etc... En ce sens, sa position est majeur dans l'histoire de la musique, avec d'autres sur ce point précis du contrepoint. Puis après lui, débarque Schönberg. Qu'elle est son idée à Schönberg ?! Remettre en question la structure même de la musique tonale pour lui substituer le dodécaphonisme. Le point commun entre ces deux compositeurs est qu'il continue d'interroger la technique musicale (le contrepoint et la tonalité). Puis viens Cage, qui fut l'élève de Schönberg, et qui nous balance 4'33''. Càd à peu près 5 minutes de silence. Si on peut penser qu'il reprend à son compte les révolutions de Debussy et Schönberg (il serait bien en mal de les renier, elles ont permis sa rupture à lui), Cage amène autre chose. Il interroge non pas la structure de la musique mais la musique elle-même, càd sa fonction (nous faire entendre qqch) et sa physicalité (le son). En ce sens, 4'33'' ressemble au grands monochromes de Mosset ou à Rothko qui interrogeaient, entre autre, la physicalité du peint. Avec Cage, on a pas seulement un rupture artistique, comme avec Schönberg (tonalité vs dodécaphonisme) mais une révolution ontologique (musique vs silence), qui décentre le concept de musique pour lui assigner un nouveau névralgisme (Boulez, la musique sérielle, Luc Ferrari, George Aperghis et la grande aventure de l'IRCAM). Duchamp, c'est le même truc. Il s'agit d'une révolution ontologique, à différents niveaux du concept d'Art, certes.  
Et quand tu écris

Citation :

Géricault n'a pas rompu ontologiquement avec l'art, il a seulement redéfini certains critique esthétique, c'est à dire l'introduction des corps en putréfaction, ce qui n'est pas nouveau dans l'art puisqu'avant Géricault, il y avait Caravage qui s'y était risqué, avant Caravage il y a le peintre du retable d'Issenheim (peut être Mathis Gothart Nithart), et avant lui il y avait Jérôme Bosch...

et bien c'est exactement ça !! Il n'y a pas de rupture ontologique entre Guéricault et Caravage, mais entre Duchamp et tout ce qui est venu avant lui. Et cette révolution est perverse, et Duchamp ne s'en est pas rendu compte, changer le concept d'Art à un moment, revient à insérer une nouvelle catégorie logique pour analyser l'ensemble de l'histoire de l'Art. D'où les haussements de voix de certains: une fontaine vaut-elle un Caravage ?! Du point de vue de la mimésis, en aucun cas, du point de vue de l'histoire, absolument !!
Et j'en viens au dernier point.

Citation :

Justement là où Duchamps a été très malin, mais là c'est une interprétation très personnelle, c'est que justement il a créé le comble de l'art figuratif. Et oui, qui y'a-t-il de plus ressemblant que l'objet lui même directement exposé. C'est pour cela que pour Duchamps il s'agit toujours d'une peinture, l'objet ainsi exposé dans un musée n'est pas l'objet mais la représentation de l'objet, dans le sens où l'objet perd son statut d'objet et devient une oeuvre d'art


 
Souviens-toi de ce que nous disions au début de cette réponse: l'art sans le "faire" artistique. Duchamp a provoqué ce coup de génie de produire de l'art sans faire artistique. Je veux dire par là que, si l'envie lui aurait pris de faire plusieurs fontaines, ou si toi ou moi voulions faire du Duchamp (nous parlons de l'objet, pas du concept ici), il nous suffirait de nous rendre dans une usine de production d'urinoir et de nous servir. Certes, présenter l'objet même est le paroxysme de la mimésis, mais Duchamp fait autre chose avec ses ready made. Vouloir parler de paroxysme de la mimésis avec les ready made, correspond à parler de paroxysme du mars dans le snickers (tu m'excuses la comparaison un peu triviale). Cela ressort de ce que l'on appelle un erreur de catégorie (les mars ne sont pas des snickers). La mimésis et les ready made sont deux concepts de l'Art différents, reliés entre eux par l'histoire de l'art, mais qui ne ressortent pas des même catégories logiques. Alors certes la fontaine a une valeur non plus fonctionnelle mais plastique, mais d'une plasticité au regard du concept d'art comme Duchamp l'a défini (càd mimésis vs contextualisme) !! Et on pourrait encore parler de la fonction indendificatrice que joue le lieu d'exposition pour une oeuvre d'art après Duchamp, mais c'est une autre histoire et il faut que je bosse, moi, nan de Dieu !!

@bstr@it excuse pour toutes les fautes, mais il est tard et je suis fatigué (j'espère que tu me comprendra qd même), j'ai voulu écrire tout de suite car ta réponse m'a inspirée. Encore dsl pour les fautes.
C'est intéressant de discuter avec toi en tout cas.
A+
@bstr@it je commence par çà sinon je vais oublié lol!

Citation :

Mais l'histoire nous le prouve chaque jour, la pleine confiance en le pouvoir révolutionnaire de l'Art est une illusion. Il a déjà le pouvoir de se révolutionner soi-même, et c'est déjà énorme !! Il peut y avoir contre-culture ou contre-art, et c'est même nécessaire, car c'est ainsi que, selon Bourdieu, les champs se structurent. Cela ne veut pas dire pour autant que cela fera avancer le schmilblick sur le plan de la société


Je suis pas d'accord, cela revient à oublier la fonction politique et sociale de l'art, je cite un premier exemple (je verrais s'il m'en vient d'autre après) l'art féministe et Linda Nochlin par exemple Pourquoi n'y a-t-il pas eu de grandes artistes femmes bien évidemment elle parlait dans un cadre artistique, mais on sait très bien qu'elle touche un phénomène sociale qui fait écho au fameux il y a plus inconnu que le soldat inconnu, il y a sa femme, je veux dire les places des femmes en art réflètent bien un phénomère sociale. Donc cette écrit est très engagé politiquement et donc révolutionnaire puisqu'il casse les anciennes valeurs patriarcales de l'art.  
Prenons encore les constructiviste russes, peut on dire qu'il s'agissait simplement de l'art pour l'art? Non il y avait une volonter de changer le monde et donc prendre parti plastiquement dans leur oeuvre.
Sinon pourquoi Hitler aurait-il aussi peur des avant-gardes? Il y avait bien une raison. Non?
Prenons des artistes plus récent si tu veux, des artistes encore exposé au palais de tokyo (si t'as le temps), Matthieu Laurette qui n'achète que des produits qu'il pourra se faire rembourser, c'est à dire qu'il prend les slogans au mot (satisfait ou remboursé), il dévoile là une faille dans le système commerciale. Alors bien sur qu'il s'agit d'un concept artistique mais on touche à un message fort et expressif tant sur le plan artistique que sur le plan sociale.  
Ou encore Alain Declecq qui joue avec les autorités, s'amuse de l'insécurité, monte des faux reportages sur Al-Quaïda, quand on sait en plus que les autorités ont crus à ses reportages factis et qu'il a un procès au cul. On sent bien dans cette proposition que l'artiste ne s'engage pas seulement plastiquement, il s'engage politiquement, toujours!
Après il a eu des passages contre-culturels encore plus concret que l'on connait plutôt bien, c'est la mouvance hippie, psychédélique, punk, féministe puis queer.  
Il a aussi l'art de la rue issu du théatre de rue, tel que Ilotopie par ne citer qu'une seule troupe qui est très engagé politiquement et dérange le pouvoir.
Donc pour moi l'art et la culture touche la société de plein fouet, c'est logique, vu que la société, quoi qu'on en pense, s'y réfère intégralement.Toute la philosophie des lumières, par exemple, s'est référé à l'art Antique (malheureusement).  
 

Citation :

En pratique, on ne peut juger Duchamp avec les mêmes critères que Guéricault, on ne peut juger Fluxus avec les mêmes critères que Brecht et on ne peut juger John Cage avec les même critères que Debussy.


 
Géricault, qui d'ailleurs est plastiquement très critique de la société dans "le Radeau de la méduse" comme tu l'as dit, ne peut pas être comparé à Duchamps pour une raison que tu as cité toi même. Géricault n'a pas rompu ontologiquement avec l'art, il a seulement redéfini certains critique esthétique, c'est à dire l'introduction des corps en putréfaction, ce qui n'est pas nouveau dans l'art puisqu'avant Géricault, il y avait Caravage qui s'y était risqué, avant Caravage il y a le peintre du retable d'Issenheim (peut être Mathis Gothart Nithart), et avant lui il y avait Jérôme Bosch...
Par contre trouve-moi des antécédants en art de Duchamps. Il n'y en a pas.
Pour Brecht si tu parle de George Brecht, ben c'est normal qu'on puisse le juger comme Fluxus puisqu'il fait parti de mouvement fluxus. A moins que tu parles de Bertolt Brecht?
Cage et Debussy c'est peut être moins evident, John Cage est tout de même le Marcel Duchamps de la musique. Difficile pour moi de le juger sur les mêmes critiques que Debussy surtout si tu prends une oeuvre tel que 4'33. C'est quand même une conception de la musique différente chez les deux hommes alors peut-on les juger de la même manière. Je sais pas mais j'attends que tu m'explique comment cela est possible.
 

Citation :

imagine-toi la Fontaine de Duchamp et pose-toi la même question. Non seulement Duchamp n'est comparable à rien de précédent dans l'histoire de l'art mais, en plus, ne correspond en rien à la définition de l'art comme mimésis. Et le vrai scandale de Dada est là. Ils ont ouvert la voie à un art non figuratif


 
Justement là où Duchamps a été très malin, mais là c'est une interprétation très personnelle, c'est que justement il a créé le comble de l'art figuratif. Et oui, qui y'a-t-il de plus ressemblant que l'objet lui même directement exposé. C'est pour cela que pour Duchamps il s'agit toujours d'une peinture, l'objet ainsi exposé dans un musée n'est pas l'objet mais la représentation de l'objet, dans le sens où l'objet perd son statut d'objet et devient une oeuvre d'art. Il n'a plus de valeur fonctionnel, il a une valeur plastique donc ce n'est pas l'objet mais toujours une représentation parfaitement fidèle de l'objet.  
Duchamps a trouvé une faille dans le système esthétique de la même manière que Matthieu Laurette a trouvé la faille dans le système commercial, puisque l'artiste surconsomme comme nous le demande la société, mais sans payer et en toute légalité. Donc il a un bug, puisque les stratégies du commerce sont retournées contre le commerce.
Voilà... J'espère aussi avoir été assez clair.
 

 


http://forum2.fluctuat.net/mesimages/1175/68.jpg

invite_Zoroastre.

Citation :

Citation :
 
l'aspect cyclique et historiquement déterminée de la structuration du champ (thèse du "contextualisme" )
 
 
En fait cette question avait déjà été soulevé dans le forum, dès les premiers posts (anybodykillah il me semble)


 
Oui, d'accord... mais non, en fait... J'aimerais pouvoir arrêter ma réponse à cet endroit tant le sujet est épineux. Il faut faire attention où on met les pieds. Il y a ici deux grandes questions qui sont certes liées mais qui ne ressortent pas des mêmes choses. 1) La question contre-culturelle, qui ést la question de base du forum. J'ai dit à ce sujet que, pour moi, l'opposition culture vs contre culture était improductive, et je rejoins en ce sens anybodykillah dans une vision cyclique de l'opposition (càd A vs B puis B vs C puis C vs D et ainsi de suite) (CF: un texte facile d'accès, à savoir "Révolte consommée" de Heath Potter). 2) La question du statut ontologique de l'Art, celle qui semble te tenir à coeur (artiste dans l'âme ?!).  
Je ne reviens pas sur le point 1), nous l'avons  déjà longuement fait. Passons à 2)
 

Citation :

f mais dans l'histoire de l'art il a eut une rupture très très importante qui a remis (pour moi en tout cas) en cause cette théorie de la spirale sans fin. De un c'est l'introduction de la technologie en art : la photographie en particulier depuis l'invention de la photo la peinture n'a été la même pour les raisons que l'on sait. Il a eut également une autre révolution qui a bouleversé le cour de l'histoire en art c'est l'introduction des objets (cubisme, futurisme, et surtout dada).  
Dada est une révolution sans précédent en art sinon cite une production artistique similaire dans l'histoire de l'art avant le 20ème siècle. Et la suite...

Certes, le statut de l'art a changé au début du XXe siècle, et certes ce changement s'est fait sous l'influence de la photographie. Pourquoi ?! Et bien, tout simplement, parce que la fonction que devait accomplir l'Art, càd rendre le réel, la photo le faisait bien mieux et bien plus rapidement. Ainsi, la théorie dite de la "mimésis" devenait caduque. C'est l'ouvertue à l'abstraction, et ceci très tôt avec notamment les Allemands comme Rotluff et le groupe die Brücke qui sont très intéressants à étudier pour le passage de l'expressionisme à l'abstractionnisme, et surtout les formalistes russes, puis tous les autres mouvements qui naitront dans le sillage de cette explosion du champ artistique. Tu as raison de parler de rupture, car rupture il y a eu, et ceci dans le statut ontologique même de l'oeuvre d'Art. La théorie du champ artistique de Bourdieu, mon explication précédente était un peu rapide, explique pourquoi ces ruptures se font sur le plan ontologique: parce que la définitions du concept d'Art est historiquement détérminée. En ce sens, que fait Dada, pour te répondre ?! Dada prétend dépasser l'Art en faisant du non-art qui reste de l'Art. Ca peut paraître étonnant. Et bien non ! Ce qu'ils accomplissent est une redéfinition du statut ontologique de l'oeuvre d'art. En pratique, on ne peut juger Duchamp avec les mêmes critères que Guéricault, on ne peut juger Fluxus avec les mêmes critères que Brecht et on ne peut juger John Cage avec les même critères que Debussy. Pourquoi ?! Imagine-toi l'histoire de l'art comme un questionnaire à remplir. Par exemple, nous vivons au XIXe et devons définir à qu'elle courant Guéricault appartient. Est-il manièriste ? Prémitif? Rococo ? etc. Non, il n'est rien de tout ça: il est décadent. C'est une nouvelle attribution que l'on crée. Maintenant, nous vivons tout à la fin du XiXe et nous avons un tableau impressionistes (un Caillebotte, les Raboteurs, par exemple). La question est la même. Il est impressioniste et ne correspond à rien qui le précédait. Pourtant tous ces courants ont un point commun: ils sont figuratifs. Ils rendent le réel. Maintenant, imagine-toi la Fontaine de Duchamp et pose-toi la même question. Non seulement Duchamp n'est comparable à rien de précédent dans l'histoire de l'art mais, en plus, ne correspond en rien à la définition de l'art comme mimésis. Et le vrai scandale de Dada est là. Ils ont ouvert la voie à un art non figuratif qui, à la différence de Malévitch, par exemple, devient difficile à distinguer des objets usuels. La définition du concept d'art n'est plus immanent à l'oeuvre mais est à chercher ailleurs, dans ce qui l'enserre (un lieu d'exposition, une revendication, un écrit,..). Arthur Danto dit, par exemple, que, de ce point de vue, il faut un "est" d'identification artistique pour pouvoir désigner tel ou tel objet comme oeuvre d'art et plus une maîtrise technique ou un rendu du réel, par exemple. Ceci est un fait avéré, et régulièrement des intellectuels réacs' de tout bord (style Régis Debray) essaient de nous expliquer que l'art contemporain c'est n'importe quoi, que c'est de la foutaise et j'en passe et des meilleures... Ces textes immondes se passent de commentaires... Venons-en au point important: l'art et la critique: quels rapports ?! La théorie contre-culturelle défend l'idée qu'un certain type d'art, en opposition à la culture "officielle" est chargé d'un pouvoir révolutionnaire (cette fameuse Aufhebung). D'où vient cette idée ?! Elle est très vieille. Guéricault envoyait déjà de lourdes charges contre le pouvoir, par exemple. Cette inflexion critique indéniable qu'a connu l'art au XXe est due à cette évolution conceptuelle (de la mimésis à la critique pourrait-on dire). Mais ce n'est pas si facile. Je suis convaincu de l'importance et de la force critique que représente l'art: c'est un fait. L'art est un laboratoire d'idées, un endroit où qqch peut avoir lieu, se passer, se mettre en exergue, où des idées peuvent s'énoncer. Mais est-il sage de vouer à l'art un culte de la toute puissance révolutionnaire, comme chez Marcuse ?!L'art représente-t-il la "condition archétypale de la négation de l'aliénation" comme il le disait dans L'homme unidimensionnel ?! Dans les faits, Dada s'expose dans les musées, Debord est dans toutes les bouches des designers hypes et Marcuse est mort... (quoique sa tombe à Berlin porte l'inscription Weitermachen!). On a fluxus, on a Gianni Motti et plein d'autres artistes qui ont (littéralement) des idées. Mais l'histoire nous le prouve chaque jour, la pleine confiance en le pouvoir révolutionnaire de l'Art est une illusion. Il a déjà le pouvoir de se révolutionner soi-même, et c'est déjà énorme !! Il peut y avoir contre-culture ou contre-art, et c'est même nécessaire, car c'est ainsi que, selon Bourdieu, les champs se structurent. Cela ne veut pas dire pour autant que cela fera avancer le schmilblick sur le plan de la société. Et c'est en ce sens que le devenir-artiste est plus important que l'Art lui-même. Le devenir-artiste ne suppose pas d'être contre-culturel, ni même de créer des oeuvres d'art, mais de souhaiter l'éternel retour, en termes nietzschéens (oui, je sais, c'est maladif !!). J'ai été super long et pas très clair, mais j'ai pa pu prendre bcp de temps. J'espère esquicer un élément de réponse, sinon j'essaierai de répondre différemment...
 :hello:

LES TAGS