| marcos drake |
En exclusivité pour les participants de se forum, je vous donne ici l'introduction à mon livre, le DICTIONNAIRE DIABOLIQUE, qui sortira en FNAC le 21 février. Ceci pour vous mettre l'eau à la bouche, bien entendu INTRODUCTION Baudelaire aimait à dire que : « La plus belle ruse du Diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Il avait bien raison, le Diable est parmi nous ! Nous retrouvons sa trace depuis la plus haute Antiquité où les hommes pratiquaient des rites sanglants en l’honneur de divinités cruelles. Il marqua fortement les esprits au Moyen Âge où l’Église voyait le Diable partout, et où les inquisiteurs, démonologues autoproclamés, pratiquèrent une chasse aux sorcières frénétique, véritable holocauste sanglant et diabolique. Le Malin fit tranquillement son chemin, venant sournoisement s’infiltrer dans le courant de la Renaissance européenne où la redécouverte du Malleus Maleficorum, livre écrit en 1492, constituera un des principaux piliers de la démonologie du XVIe siècle, et où l’idée dominante sera que le Diable conspire pour le malheur du monde. La fin du XVIIIe siècle, siècle des Lumières, sera caractérisée par un étrange paradoxe ; le triomphe de la raison s’accompagnera d’un intérêt prononcé et soudain pour tout ce qui s’oppose à elle, donnant naissance à l’illuminisme où le Diable deviendra un Ange de Lumière porteur de connaissance. De nos jours, il n’est pas rare de trouver dans nos journaux quotidiens des allusions multiples à la profanation de tombes ou d’églises, perpétrée au cours de séances de messes noires dont les traces laissent souvent penser qu’elles furent célébrées en l’honneur de telle ou telle autre divinité portant un nom étrange qui glace le sang des moins téméraires. Parfois l’horreur est à son comble, lorsqu’il est fait mention de la pratique d’un sacrifice animal ou humain, au cours d’une messe rouge diabolique. Souvent ces articles sont abondamment illustrés par des photos montrant des hommes et des femmes, en partie ou entièrement nus, ceux-ci dansant parfois en extase autour d’un grand feu, célébrant le Grand Cornu. D’autres photos montrent des autels rudimentaires ou sophistiqués, sur lesquels sont généralement disposés des épées, des fouets, de l’huile, des poignards, des bougies et d’autres instruments utiles à la pratique de la magie cérémonielle, afin d’invoquer les démons. Certaines revues « spécialisées » développent la théorie d’un complot mondial dirigé par des sociétés secrètes. Dans ces articles, il est souvent fait mention de la franc-maçonnerie, de sectes sataniques, d’Internationale luciférienne et d’autres, qui sont toutes censées diriger le monde. L’influence du hard rock, musique née à la fin des années 1960 avec des groupes britanniques tels que Black Sabbath, Deep Purple et Led Zeppelin (pour ne citer qu’eux), sur les milieux underground de l’occultisme sombre est aujourd’hui indéniable. Le hard rock, le heavy metal et le black metal ont créé leurs propres légendes avec leurs mages noirs, hordes sauvages, meurtres rituels et rites sanglants. Une véritable ligne de sang qu’il faut parfois suivre pour comprendre la renaissance actuelle de l’occultisme sombre et découvrir la présence indéniable du Diable dans notre société où l’on surprend parfois le « Prince de ce monde » à faire de la publicité pour une bonne bière diabolique ou un jeu d’enfant, le « diabolo ». Le Diable est présent partout, sous des formes diverses, souvent antagonistes. Internet est aujourd’hui une fenêtre ouverte sur ce monde de l’étrange, et certains pensent même que ce media est l’oeuvre du Diable lui-même. Il suffit de taper le mot « satanisme », « diable » ou « démons » dans un moteur de recherche pour tomber sur des centaines, voire des milliers, de sites traitant de ce sujet brûlant. Cette nouvelle méthode de communication a sensiblement modifié et largement participé à la renaissance de l’occultisme sombre et à l’influence du Diable sur nos esprits. Ces articles de journaux, sites Internet, livres et autres, ne constituent en fait que la partie visible de l’iceberg. Ils ne sont que la manifestation extérieure de la fabuleuse renaissance de l’occultisme sombre au sein de nos grandes villes ultras modernisées où le matérialisme n’est plus un obstacle mais un moteur favorable à la résurgence et à l’expansion de la domination du Diable qui, selon certains de ses sectateurs, prépare son règne pour la fin des temps. Il existe actuellement un regain d’intérêt pour l’occultisme, la magie rituelle et le Diable en particulier. C’est pourquoi j’ai entrepris cette enquête, sous la forme d’un dictionnaire atypique, de l’Antiquité à nos jours, dans l’univers underground de l’occultisme sombre, afin d’aller au-delà du visible et tenter ainsi de pénétrer plus profondément les arcanes obscurs et diaboliques du Malin. Le Dictionnaire diabolique, est un dictionnaire sur le Diable mais aussi, et avant tout, sur tous ceux qui ont tendance à le voir partout. Marcos Drake |