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Discussion : Faut-il distinguer conscience et affectivité ?
@bstr@it Oui c'est mon avis aussi.

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@bstr@it Oui c'est mon avis aussi.
Sandra_ Partant de l'opposition entre sensibilité et raison, je reproche à des philosophes tels que Descartes, Spinoza, Kant d'avoir ignoré la valeur de connaissance de la conscience affective. Ils soumettent l'affectif à l'intellectuel et ils ne voyent dans l'affectivité que des mouvements subis de la pensée et du corps. On peut effectivement avoir l'impression que la conscience a bien un caractère affectif : elle n'appréhende pas de la même manière le monde selon qu'elle est "amoureuse" ou "angoissée".
 
Mais c'est peut-être ignoré qu'en tant que conscience, précisement, c'est-à-dire en tant qu'instance psychique qui se situe au-dessus des mouvements du corps et de l'âme, elle peut encore savoir qu'elle est affectée par ceux-ci.  
 
Ce qui tendrait à montrer qu'en tout dernier lieu elle échappe bien à l'affectivité.
@bstr@it Pour moi il s'agit de deux éléments à distinguer.
Le conscience est parfaitement impersonnel, à l'opposé la plus infini d'une quelconque subjectivité. Nietzsche en a très bien parlé dans Le Gai Savoir, je n'ai plus qu'à le citer :  
 
"Le conscience n'appartient pas au fond à l'existence individuelle de l'homme, bien plutôt à tout ce qui fait de lui une nature communautaire et grégaire (c'est à dire penser et faire comme tout le monde) ; que la conscience, par conséquent, ne s'est subtilement développée que sous le rapport de l'utilité communautaire et grégaire (d'où le titre du paragraphe, dont cet extrait est issue : "Du "génie de l'espèce"" ), que chacun de nous, nécessairement, en dépit de la meilleure volonté pour se comprendre aussi individuellement que possible, pour "se connaître soi-même", ne fera pourtant jamais autre chose que d'amener à sa conscience du non-individuel, ce qui est "moyen" ; -que notre pensée même, constamment, se voit pour ainsi dire majorée par le caractère de la conscience - par le "génie de l'espèce" qui règne en elle - et retraduite dans la perspective du troupeau. Nietzsche, "Le Gai Savoir", texte 354 (cinquième livre) "Du génie de l'espèce"", collection Folio/Essais, édition Gallimard, 1982, traduction Pierre Klossowski.
 
Pour ce qui est de l'affect, je pense qu'il s'agit à l'extrême infini opposé de ce qu'il a de plus personnel, cela en deviendrait presque mystique (ce n'est pas le cas du tout) car comme Foucault, j'ai arrêté de croire à la transcendance, personne n'est jamais sujet de lui-même, conscient de lui-même, nous sommes la construction d'une éducation, d'une communauté, d'une société, d'une culture,... Que sais-je encore...  
Mais pour l'affect, c'est différent, cela nous plonge dans un "devenir" inconnu (au sens deleuzien), une formule (an)atomique personnalisée. Il s'agit généralement d'une situation avec un lieu, un objet, un temps, un intensité qui lacère notre perception, et affecte nos sens. Cela se produit inexplicablement devant certaines oeuvres d'art (musique, art,...) et certains évènements (affection intense de l'émotivité).
Bien sûr le goût en art, et le choc devant tel ou tel évènement est très impersonnel, mais il arrive parfois, ses affects nous plongent dans des "devenir" inextricable.
 
Voilà... C'est MON opinion, après d'autres constructions mentales sont envisageables par d'autres.
Sandra_ La conscience est un acte psychique, intentionnnel, qui établit une relation de connaissance entre un sujet et un objet.  
 
L'affectivité, quant à elle, ne dépend d'aucune intentionnalité, mais d'un mouvement de l'âme et du corps;
 
dite-moi ce que vous pensez à ce sujet ?
 
[quote]"Le propre de notre condition est de saisir d'un moi d'où l'affectivité ne peut être bannie."  Ferdinand Alquié, La conscience affective