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Sujet : Asphyxiante santé, Réévaluation esthétique de la maladie |
| mizzour |
Socialement, la maladie isole, mais elle dispense de mille corvées, de fêtes obligatoires, des liesses populaires, et qui a parlé des bénéfices secondaires de lamaladie ? Un corps sans histoire... comme une machine bien réglée, sans état d'âme... si peu rentable...
Donc, la maladie, dernier bastion de résistance aux diktats de la société ? Parce que malade, en plus, il faut s'excuser d'être encore là, comme dénonciation de tout ce qui résiste aux diktats... qui, sous prétexte de protéger les gens contre eux mêmes, rendent si dociles et malheureux ! Maladie : déni et pied de nez à la santé correcte ! Mizzour |
| philippegodin |
Nous cherchons à ouvrir un espace de discussion à partir de la parution de notre essai aux éditions de l'Harmattan: Asphyxiante santé, Réévaluation esthétique de la maladie.
Nous voulons proposer une réévaluation esthétique de certaines maladies. Ce que nous jugeons comme des formes de pathologies ou de déficiences, dans nos sociétés, peuvent en fait s’avérer à l’aune de certains critères esthétiques, comme un potentiel de “vitalité “qui ne peut guère se manifester dans le cadre de nos cultures. L’art brut, les créations issues de la psychopathologie, par exemple, nous invitent à reconsidérer la nature de la santé et de la pathologie.
Pourtant, c’est au nom de la santé et de la sécurité que tout une part de notre liberté s’élide aujourd’hui, sous le coup des théories comportementalistes, des nouvelles formes d’eugénisme et d’une psychologie au « karcher » qui prétend éradiquer toutes formes de déviances !
A la suite de Deleuze, nous montrerons au contraire, comment certaines “maladies” ou formes de comportements jugés pervers se “marient parfois étrangement avec l’esprit”. Et, au lieu, de vouloir défaire cet accouplement monstrueux, nous pourrions en dégager un accomplissement de nouvelles possibilités curatives, esthétiques, etc.
Enfin, nous rappellons comment certaines pratiques pédagogiques ou thérapeutiques ont pu s'enrichir au contact d’esthétiques comme celles du surréalisme, de l’expressionnisme, en permettant à la parole de l'enfant ou du "malade" d’être “prise dans une dimension sémiotique plus large” intégrant une partition de langages (dessin, peinture, argiles, jeux corporels, écritures), dans un travail d’enrichissement des modes d’expression.
Philippe Godin
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