Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, je pense que son influence est assez déterminante. En tout cas le lien est très fort. Il serait bon de voir ce qui est devant...
Quand on lit "logique de la sensation" de Deleuze, son livre sur F. Bacon, il semble clair que l'artiste est devant. Etant moi même étudiant en école d'art je ne crois pas qu'il soit bon que l'art se place après, en application de la philosophie (Je renvois pour cela à l'exposition de T. Hirschorn, Concretion [re], visible il y a quelques mois chez Chantal Crousel et qui est très fortement inspiré par un texte de Mehdi Belaj Kasem), je pense que l'artiste doit, tout en s'inspirant de la pensée contemporaine, s'en détacher afin de fournir un possible matériau aux penseurs. Il ne faut pas oublier non plus que les artistes et les philosophes n'exercent pas le même métier. Là encore, j'enfonce des portes ouvertes mais l'artiste crée quand le philosophe pense. L'intéressant serait que chacun nourrisse l'autre.
Après il convient également de relativiser un peu cela. Si la philosophie contemporaine influençait véritablement et de façon très forte l'art contemporain, après lecture de Baudrillard (paix à son âme) ou d' Annie Le Brun ("du trop de réalité" ), le centre Pompidou pourrait fermer ses portes et Buren ranger ses billes (Ah Buren ne l'a pas fait ? Il faudrait y songer donc... Hum... Je m'égare.) et l'art contemporain dans toute sa nullité serait mort (et je ne serais pas là pour en parler non plus...).
Le danger ne serait-il pas que les philosophes se mettent à faire de l'art et que les artistes ne croient philosopher... Oh pardon, de grands collectionneurs s'occupent très bien de ça. C'est amusant d'ailleurs ces inversions de rôles... Quand de grands industriels se prennent pour des artistes quand Jeff Koons n'est plus qu'un grand industriel. Mais je m'arrêterai ici car je commence à troller.