Le blog, philippegodin.blog.fr, accompagne la parution d'un essai aux éditions de l'Harmattan: [b]Asphyxiante santé, Réévaluation esthétique de la maladie.
Nous voulons proposer une réévaluation esthétique de certaines maladies. Ce que nous jugeons comme des formes de pathologies ou de déficiences, dans nos sociétés, peuvent en fait s’avérer à l’aune de certains critères esthétiques, comme un potentiel de “vitalité “qui ne peut guère se manifester dans le cadre de nos cultures. L’art brut, les créations issues de la psychopathologie, par exemple, nous invitent à reconsidérer la nature de la santé et de la pathologie.
Pourtant, c’est au nom de la santé et de la sécurité que tout une part de notre liberté s’élide aujourd’hui, sous le coup des théories comportementalistes, des nouvelles formes d’eugénisme et d’une psychologie au « karcher » qui prétend éradiquer toutes formes de déviances !
A la suite de Deleuze, nous montrerons au contraire, comment certaines “maladies” ou formes de comportements jugés pervers se “marient parfois étrangement avec l’esprit”. Et, au lieu, de vouloir défaire cet accouplement monstrueux, nous pourrions en dégager un accomplissement de nouvelles possibilités curatives, esthétiques, etc.
Enfin, nous rappellons comment certaines pratiques pédagogiques ou thérapeutiques ont pu s'enrichir au contact d’esthétiques comme celles du surréalisme, de l’expressionnisme, en permettant à la parole de l'enfant ou du "malade" d’être “prise dans une dimension sémiotique plus large” intégrant une partition de langages (dessin, peinture, argiles, jeux corporels, écritures), dans un travail d’enrichissement des modes d’expression.