Tu as très bien poser le sujet en tout cas Wire.
Et tu as répondu toi même à ta question en quelque sorte. En effet en philosophie il existe deux écoles de pensée : le sujet transcendant(phénoménologie) et le sujet immanent (expérimentation).
A propos de Foucault tu as parfaitement raison, avec Nietzche, Blanchot et Bataille, il nie la transcendance, pour Deleuze c'est plus compliqué.
Pour le sujet transcentale, comme tu la dis, il y a les psychanalystes et les humanistes qui restent encore aujourd'hui figé dans cette position, on pense alors tout de suite à l'ouvrage "L'existentialisme est un humanisme" et en effet, Sartre était un penseur contemporain de la transcendance.
Pour ma part, je ne suis ni du coté de l'un, ni du coté de l'autre, je pense que c'est Deleuze, qui après Antonin Artaud, donne la bonne solution d'après moi, avec le "corps sans organes".
Foucault n'a pas tort lorsqu'il dit, avant les féministes et le mouvement queer, que tout est du culturel. C'est à dire que le corps, le comportement, l'opinion est pleinement dirigé par le pouvoir, c'est ce qu'il nomme le biopouvoir (qui est l'addition de ce qu'il nomme l'anatomo-politique -politique du corps- et la biopolitique -politique de la croissance démographie-).
Quelque part, à l'instar de Merleau Ponty, qui affirme que ce sont les autres qui nous constituent, on ne peut nier que notre corps se comporte en fonction d'un environnement politique et sociale particulier. Et que ceux qui refuse de "bien se comporter", ceux qui ont des pratiques "déviantes" sont des malades à soigner. Ainsi on a maltraité les femmes "trop libre" et les homosexuelles. Donc la liberté a ses limites dans un régime de penser. Certaines croyances, qu'elle soit religieuse ou sociale, refuse absolument l'idée d'une femme libérée ou de l'homosexualité. Donc nous voyons bien que le milieu intellectuel de l'individu va pleinement influencé son opinion, n'est ce pas...
Cependant... Il reste les aliénés, les anormaux, les pervers, les créatures d'hopitaux, ceux qui ne rentre pas dans la norme et que l'administration corrige à travers des dispositifs sociaux. Dans "Surveiller et punir", Foucault décrit parfaitement ces dispositifs : l'école, les camps militaires, l'hopital, l'église et bien sûr le pénitencier.
De plus certains intellectuels qui avaient connaissance d'autres possibilités de culture, de possiblités de vivre différemment dans d'autre continent, ont commencés à se rendre compte que la civilisation occidentale et ses valeurs n'étaient en aucun cas universelles. Cà a commencé avec le surréalisme et surtout Antonin Artaud, puis cela s'est prolongé avec la figure artistique du "moderne primitif" (Fakir Musafar).
Artaud avait d'abord pensé que les autres cultures et leur rites théâtraux étaient la clé pour renouer avec soi et être le sujet de soi-même au milieu d'une culture outrée. Mais il a vite déchanté... Puis il s'est rendu compte que la répétition de certains gestes quotidiens (qui deviennent donc une règle d'existence), quelque soit la culture et le continent, anéantissait la notion de sujet et la possibilité d'être.
Il demeure néanmoins une piste intéressante pour renouer avec une certaine liberté du corps dans le choc culturel, l'inhabituel.
Seulement il faut que ce choc gagne le coeur de sa propre vie, et devienne une spontanéité.
Alors Deleuze s'est fortement intéressé à toutes ces idées, a repris la notion de "corps sans organes" à Artaud, et a écrit ces deux grands volumes "Capitalisme et schizophrénie".
En gros Deleuze voit dans l'expérimentation la possibilité de renouer avec le sujet. IL faut "déprogrammer" l'humain, c'est à dire effacer toutes ces anciennes connaissances, et réapprendre à vivre (réapprendre à faire l'amour, réapprendre à ce comporter, réapprendre à communiquer, etc...), ainsi il s'est beaucoup intéressé aux corps drogués, aux corps masochistes, hypocondriaque, etc... pour résumer aux corps minoritaires (les homos aussi, bref tout ce qui n'est pas la majorité). Pour lui il s'agit d'organisme rebel qui refuse toute organisation de l'être dicté par la société. Seulement deuxième désenchantement, les minorités forment elle-aussi des communautés avec leur idéologie etc. Alors pour parrer çà, Deleuze a parlé du "moléculaire" (avec ces "devenir" ) : l'exception de la minorité. Le un producteur de multiplicités. Ainsi il se disait "homosexuel moléculaire", car il expérimentait une homosexualité qui lui était propre, de son coté à l'abri de ce qu'il nommait "les ghettos".
Voilà c'est intéressant, mais beaucoup voit cette manière de procéder comme étant utopique. C'est à chacun de trancher.
Message édité par @bstr@it le 30-01-2007 à 19:53:03