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Auteur
 Discussion :

Invocation Vampyrique

 
n°187
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 13:05:07  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Non en fait, qd je parle de nationalisme et de genrisme, je ne voulais pas parler de racisme, je m'imaginais plutôt les vampyres comme une post-nation et comme une nouvelle espèce (mort) vivante intelligent qui côtoient l'humain. Et j'imaginais des "conflits" d'intérêt entre humains et vampyres.
Je comprends bien cette figure du romantique noir, dandy de l'ombre. Mais cela n'empêche rien. Moi je pense que le futur, le phénomène va encore se développer et tant mieux car il pose de vrais anthropologiques et dévoile un projet socio-anarcho-artistique (pardon pour ce terme trop long) intéressant.
Je trouve, cette scène prométeuse car, comme toi je suppose, peut etre que le dit dans le livre (çà y est, je l'ai enfin acheter, lol!), j'y vois l'aboutissement ou la concrétisation, si tu veux, des rêves anarchistes des structures sociales cyborgéenne de Donna Haraway et celui des TAZ de Hakim Bey, même si les vampyres ne revendiquent pas ses appartenances à ce genre de philosophie. Peut être que je me trompe?  
Il est sûr que j'imagine parfaitement que c'est un mouvement qui pense plus à sucer toute l'energie de la vie et qui, peut être ne s'attarde pas sur une philosophie trop rigide. Mais cela n'empêche que... On se pose ces questions.
Merci beaucoup pour le temps que tu prends pour nous répondre, c'est très gentil et très professionnelle, je pense que ton livre sera passionnant.

n°188
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 13-05-2006 à 13:28:46  profilanswer
 

Hum... Je ne suis pas certain que le phénomène se développe au point de constituer une post-nation, même si le terme de "nation vampyre" apparaît ici et là dans leurs discours.  
 
A mon sens, nous sommes plus dans une phase d'éclatement des subcultures, avec des myriades de tribus et d'identités qui se côtoient et se mélangent. Je ne crois plus vraiment à la naissance de mouvements subculturels "majoritaires", comme ce fut le cas du punk en son temps. L'époque est plus au morcellement et aux identités fluctuantes.
 
Sur ce point, je recommande la lecture ses Utopies post-humaines de Rémi Sussan, de mon point de vue un des meilleurs bouquins jamais consacrés à l'évolution des cultures parallèles. Après une excellente relecture de la contre-cuture et de la cyberculture, son dernier chapitre intitulé "culture du chaos" développe ce thème. D'ailleurs, je l'invite de ce pas à nous rejoindre sur ce forum, s'il en a le temps.
 
Quant aux zones d'autonomie temporaires à la Hakim Bey, il me semble clair que nous sommes en plein dedans. On pourrait lire l'imaginaire vampyrique comme un échappatoire à la réalité consensuelle de ce début de siècle, une zone d'autonomie fantasmatique où se retrouvent et échangent des individus désireux d'échapper aux diktats de la culture pop de masse.  
 
Pour ce qui est de mes réponses, tout le plaisir est pour moi. Il est très agréable d'échanger et partager de manière aussi simple et amicale.

n°189
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 13-05-2006 à 13:31:21  profilanswer
 

Voici quelques liens informatifs vers le livre de Rémi :
 
Le site officiel des Utopies post-humaines  
. http://mapage.noos.fr/utopies.posthumaines/
 
Le blog de Rémi Sussan
. http://utopost.blogspot.com/
 
Et le lien pour le commander sur Amazon.fr
. http://www.amazon.fr/exec/obidos/A [...] 69-3043311

n°190
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 13:53:32  profilanswer
 

ok merci beaucoup.
Le phénomène "Otherkins" est vraiment passionnant. Dans un cadre plus artistique et plus intitutionnelle aussi, as-tu déjà entendu parlé de cremaster, le film de Matthew Barney.
Je ne cherche à comparer l'incomparable, rassurons-nous.  
Mais on sent clairement dans l'humanité un besoin de muter, devenir cette nouvel être entre l'homme, l'animal, la machine, le mythologique, le fantastique, et Matthew Barney réalise esthétiquement ce rëve grâce à une oeuvre d'art. Je pense aussi Mc Carthy avec ses trôles, ses personnages fantastiques etc...  
J'y vois aussi la recherche du cosmos deleuzienne. La déterrorialisation pour se territorialiser. Le corps sans organes etc...
Mais là le grand changement, ce que tout cela s'applique à la société. Une société qui a besoin de s'auto-produire, de s'auto-créer, de s'auto-gérer, de s'auto-générer même biologiquement.
L'être humain ne serait donc ni cette machine biologique, ni cette machine, mais une machine anthropo-morphique. L'homme est ce que son imaginaire veut bien qu'il soit. Ainsi il a un pouvoir infini. L'homme est son propre créateur.
Ce qui se passe aujourd'hui avec les "otherkins" explique beaucoup de phénomène antérieur. Préparons nous à l'arriver imminante d'un nouveau, celui que nous avons envie de construire.

n°191
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 13:56:24  profilanswer
 

je vais résolution de décider de relire mes post avant de les envoyer.
J'ai oublié deux mots. Je recommence le dernier paragraphe.
L'être humain ne serait donc ni cette machine biologique, ni cette machine sociale, mais une machine anthropo-morphique. L'homme est ce que son imaginaire veut bien qu'il soit. Ainsi il a un pouvoir infini. L'homme est son propre créateur.
Ce qui se passe aujourd'hui avec les "otherkins" explique beaucoup de phénomène antérieur. Préparons nous à l'arriver imminante d'un nouveau monde, celui que nous avons envie de construire.

n°192
invite_Rem​i.
Invité
Posté le 13-05-2006 à 14:04:04  answer
 

Citation :

D'ailleurs, je l'invite de ce pas à nous rejoindre sur ce forum, s'il en a le temps.


 
Me voici! Hello!
Pas grand chose à dire pour l''instant, sinon peut être à propos des possible tendances nazies mentionnées par certains dans le mouvement vampyre (que ne connais personnellement quasiment pas, il s'agit donc d'interrogations, pas d'affirmations! Laurent, tu me corriges!)..Se pourrait-il qu'il y ait là une influence du Temple de Set ou de certaines de ses variations (the storm)? A ce que je sais, le "order of the vampyre" est une section du Temple de Set (http://www.xeper.org/ovampyre/)
Le "Temple de Set" vehicule en effet ce genre d'ambiguité: dans sa doctrine, il n'est pas raciste, ouvert à tous sans distinction de race, etc. D'un autre côté le Temple manifeste une fascination certaine pour l'esthetique fasciste et nazie. certains des propos d'un des membres les plus influents de l'Ordre, Stephen Flowers, sont franchement douteux, et le livre de Nicholas et Zeena Shreck (deux ex-cadres de l'ordre) "demons of the flesh" est dédié au fortement fasciste Baron Julius Evola (l'ironique dans l'affaire est que si les amis d'Evola revenaient au pouvoir, les membres du temple de set, les Schreck, les musiciens gothiques ou indus et les vampyres seraient sans doute envoyés immediatement en camp, mais c'est une autre histoire).

n°193
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 14:24:59  profilanswer
 

Oui et moi je dis suite à la lecture d'un temoignage de Cyroul sur morsure.net sur une secte vampirique dont je ne citerais pas le nom, les intéressés trouveront facilement les renseignements sur le site que j'ai cité.

n°194
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 14:27:37  profilanswer
 

Donc Cyroul si tu veux revenir en parler, t'es le bienvenu...

n°195
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 13-05-2006 à 15:43:26  profilanswer
 

@ Rémi
 
L'influence du Temple de Set existe, bien que de manière lointaine. Son nom ne fut que très rarement cité au cours de mes pérégrinations et lorsque ce fut le cas, mes interlocuteurs m'en ont toujours parlé avec méfiance.
 
La scène vampyre se mélangeant dans certains cas avec la scène fétichiste (notamment à New York), il peut y avoir des rappels esthétiques au nazisme, mais c'est très rare. Les différentes communautés juives occupent une place importante dans la ville et les new-yorkais sont sans doute plus sensibilisés à la Shoah que les rednecks des états du sud ou les bouseux du middle-west.
 
Pour en revenir au Temple de Set et à son héritage, je connais mal Stephen Flower et n'ai pas encore lu Demons of the Flesh. Peux-tu nous en toucher un mot ? Et à ma conaissance, Evola lui-même n'a pas toujours été pris au sérieux par les fascistes, non ?

n°197
invite_Rem​i.
Invité
Posté le 13-05-2006 à 18:04:02  answer
 

Merci Laurent pour ces précisions!
 

Citation :

Pour en revenir au Temple de Set et à son héritage, je connais mal Stephen Flower et n'ai pas encore lu Demons of the Flesh. Peux-tu nous en toucher un mot ? Et à ma conaissance, Evola lui-même n'a pas toujours été pris au sérieux par les fascistes, non ?


 
Stephen Flowers est un specialiste d'Asatru (le paganisme scandinave, les runes, odin, etc.) ainsi que de la magie hermetique "setienne" sur laquelle il a écrit un ouvrage assez réputé...Il a été un membre important (a dirigé?) de l'order of trapezoid, une section du temple de set préoccupée par l'usage du symbolisme magique germanique des années 30 (no comment..). Je connais mal Flowers, mais j'avais lu dans le temps quelques uns de ces écrits, et on y retrouvait les habituelles circonvolutions langagières propres au temple de set du genre "d'accord les nazis étaient pas beaux, mais quels super magiciens ils étaient, drôlement interessants quand même, etc.", je vous laisse juges!
Demons of the flesh est un ouvrage de Zeena et Nicholas Schreck sur le "chemin de la main gauche" autrement dit la sexualité magique. C'est un très bon bouquin, très complet, malgré la tendance des auteurs à l'autoexaltation,que je trouve personnellement un peu pénible (mais dont on fait assez facilement abstraction lors de la lecture).
Quant à Evola, c'etait un intello, ce qui veut dire que la vie n'etait pas simple pour lui dans un regime totalitaire qui reprimait toute pensée, même réactionnaire. Il s'est trouvé en opposition à Mussolini, car il souhaitait rétablir la Rome paienne imperiale, alors que le Duce se reposait plutôt sur l'eglise catholique. Ceci dit, cela n'a pas empeché par la suite Evola de travailler pour Himmler!Je ne pense pas que son influence soit importante sur l'extreme droite populaire, mais il est certainement lu et relu par les rares intellos du mouvement, genre le GRECE...

n°198
invite_Ind​ustria
Invité
Posté le 13-05-2006 à 18:33:15  answer
 

J'ai vu un peu les quelques réponses et je ne me suis pas attardé à tout lire .... Tout du moins pour le moment. D’abord je souhaite saluer le travail de Laurent Courau qui retranscrit agréablement le sujet. J’espère que ce livre ira loin.
 
Je souhaitai néanmoins répondre a une interrogation récurrente sur les forums, a savoir si le chiffre dénombrant les vampyres a travers le monde est faux ou réel et je vous répondrai qu'il est même bien en dessous de ce qu'annonce father sebastiaan.  
 
Ne vous laissez pas non plus complètement obscurcir l'esprit par l'image esthétique et travaillé, mais surtout américanisé, des strigoi vii, restez objectif et ouvert. Il existe également énormément de personne pratiquant le vampirisme chacun a leur manière ou au sein de coven ou non et qui n'appartiennent pas au mouvement strigoi vii.  
 
Paris dénombre quelques adeptes, bien plus nombreux que ce que l'ont peu penser également, mais dans l'ensemble, le milieu vampire reste très discret sur son univers et tout ce trame et ce joue derrière le rideau.  
 
J'ai rencontré father sebastiaan il y a quelques années a Amsterdam lors de sa première soirée sur place. La rencontre fut sympathique et ce poursuivi dans un bar et une boite le lendemain .... Ce que j'ai appris a son contact? .... il est une part du phénomène, mais n'ai pas le phénomène a lui tout seul.

 


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n°199
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 13-05-2006 à 19:35:21  profilanswer
 

@ Remi
 
Merci pour ces précisions ! Tant que j'y pense, les personnes intéressées par le sujet se feront sans doute un plaisir de lire ton article sur les religions du futur publié quelques années en arrière dans la Spirale. Autant en profiter, c'est toujours en ligne et c'est gratuit !
 
. http://www.laspirale.org/pages/aff [...] 24&lang=fr
 
@ Industria
 
Tout d'abord, merci pour tes commentaires sur le livre. Il est toujours très agréable d'avoir ce genre de feedbacks. Nous nous sommes probablement croisés sans nous connaître à la Black Xion d'Amsterdam. Qui sait ? Tu figures peut-être même sur les images que nous y avons tourné.
 
Concernant le nombre de vampires et de vampyres dans le monde, j'abonderais plutôt dans ton sens. Sans oublier effectivement qu'il n'y a pas que la scène nord-américaine et que celle-ci est aussi divisée en différentes factions, traditions et mouvances dont le strigoi vii constitue une branche.
 
Sans te demander de déflorer publiquement l'intimité du milieu parisien, je serais très curieux d'en savoir plus sur les pratiques et les influences de ces cercles ? Merci d'avance de ta réponse.

n°200
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 13-05-2006 à 19:47:08  profilanswer
 

Le magazine bimestriel D-Side consacre un très bon article de six pages, signé de Jean-François Micard, à la sortie de Vampyres, avec un grand nombre de photographies de Lukas Zpira (dont des inédits) et des interviews de Father Sebastiaan et de moi-même. Evidemment, nous n'allons pas nous plaindre puisque le papier est élogieux. : )
 
Extrait :
 
Les vampires existent ! Si ! Sortis des romans, des films et des tables de jeux de rôles, les seigneurs de la nuit se sont répandus sur le monde faisant de New York leur nouvelle capitale des ombres, d'où ils travaillent à l'éveil de leurs semblables. (...) Riche en éclaircissements et en recherches sur ce qui apparaît en définitive comme étant bien plus qu'une mode passagère, Vampyres, richement illustré des clichés de Lukas Zpira, ouvre des perspectives plus vastes sur le monde des créatures de la nuit qui, si elles ne boivent plus littéralement notre sang, n'en demeurent pas moins les véritables seigneurs de l'ombre.
 
La suite de l'article, les interviews et la chronique du livre sont à découvrir dans le numéro 34 (mai/juin 2006) du magazine D-Side.
 
. http://www.d-side.org

n°201
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 19:57:13  profilanswer
 

Y'a-t-il des artistes plasticiens aux seins des vampyres?
Mis à part le Théatre des vampyres et l'ensemble de l'oeuvre de Miguel Valentin, bien sur.  
Enfin y'en a t-il dans l'ensemble des "otherkins"???

n°202
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 13-05-2006 à 20:14:05  profilanswer
 

Et est ce que des magazines tel que D-side et Elegy parlent de l'ensemble des otherkins???

n°203
invite_Ind​ustria
Invité
Posté le 13-05-2006 à 22:31:36  answer
 

@Brainsushi: Mes commentaires étaient sincère et le sont d'ailleurs toujours  :jap: .  
Le travail de fond que vous avez exécuté est un régal a suivre et très bien écrit qui plus ai, c'est vrai que tes écrits seront essentiel pour donner une vision, version reportage, du phénomène strigoi vii et l'ouvrir ainsi a un publique plus large .... La preuve en ai avec les nombreuses émissions, tant radiophonique que télévisuel, que vous avez enchaîné toi et father sebastiaan, ces derniers jours, suite a la sortie de ton livre.  
 
..... C'est une bonne chose et j'espère que les gens qui s'y intéresseront de plus prêt seront regarder également plus loin que l'organisation strigoi vii qui ne sont pas si vieux que cela au final, d'ou mon intervention de tout a l'heure ... Même si ceux qui tiennent réellement les rennes du mouvement sont bien plus ancien que ceux présenté a ce jour .... Mais restons en la pour cet aspect.
 
Tu vois, j'ai également beaucoup apprécié la parallèle que tu as présentées avec la church of satan et sa philosophie. Car au cours de mes quelques années de recherche sur eux, la church of satan m'a toujours paru être la représentation la plus fidèle empreinté par les strigoi vii .... Du lavey à la sauce vampyre, intelligent quand cette même church est en perte de vitesse comme tout le monde le sait depuis la mort de son maître a penser le 29 octobre 1997.
 
En ce qui concerne les cercles ce trouvant en France .... Tiens je vais te faire frétiller comme je frétille en attendant le DVD de ton reportage (décembre 2006 c'est trop long) .... Un site va ce faire sur le sujet, enfin pas que le vampirisme en France mais plutôt d'une manière générale et globale ... très bientôt, très bientôt et je pense que ce support sera plus a même de recevoir ce qui y sera partagé que sur ce type de forum, très sympathique au demeurant.
 
Eternellement
Industria

 


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n°204
Cyroul
Posté le 14-05-2006 à 16:32:24  profilanswer
 

Damned, on tourne le dos 3 jours et ça y est, ça se passionne pour le sujet, ça fuse, ça rebondi, ça bouillonne et ça s'interpelle.  
 
Petits interpellations intellectuelles sur le sujet :
 
En essayant d'avoir une macrovision du phénomène, j'ai envisagé deux postulats de base.
 
Le premier postulat, c'est la clarté de la définition de l'archétype vampirique. Qu'est-ce qu'un vampire ?
Ce n'est pas si évident que ça de trouver 4 critères disciminants qu'on peut retrouver dans toutes les cultures, sociétés, âges et qui correspondent à cette image du vampire. Je vous donnerais ma définition plus tard, balancez la vôtre (c'est du trolling ça).
 
Le deuxième postulat part de la constatation suivante : l'imaginaire devient réel à partir du moment où il est conceptualisé (et donc verbalisé).  
 
Avec ces deux postulats, non seulement on peut comprendre le besoin, la création et le développement d'un mouvement de "vrais vampires", mais aussi sa fascination supérieure par rapport à d'autres courants issus de l'imaginaire (collectif ou non).
 
Quand aux loup-garous, je pense qu'ils ont le même potentiel fantasmatique que les vampires et il est évident que les courants à la "dragon rouge" vont se multiplier dans les prochaines années  
(d'ailleurs Roland Villeneuve nous raconte bien qu'à l'origine, quand on tuait un loup-garou on avait de grandes chances d'obtenir un vampire).
 
Sur ce, bonnes discussions et à plus tard.

n°205
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 14-05-2006 à 17:35:02  profilanswer
 

D'après ce que Laurent disait, j'ai cru comprendre que l'une des  caractéristiques des nouveaux mouvements anthropomorphiques était qu'ils étaient pluriaux, c'est à dire que d'une branche philosophe, il y a plusieurs divergences idéologiques, et qu'on pouvait même aller jusqu'à dire que chaque vampyre est singulier.  
Je pense que c'est effectivement un phénomène très intéressant. Car il va être très difficile pour les intitutions et les structures académiques de cadrer, de cerner, de comprendre, d'institutionnaliser, de récupérer le mouvement dans son intégralité.  
En ce sens, la pluralité pourrait bien être la possibilité d'une immortalité du mouvement dont l'originalité et sa marginalité ne sera jamais à bout de souffle.  
Enfin ce n'est qu'une supposition, l'avenir nous dira très vite si elle s'avère juste ou pas.
 
Après dans tous les mouvement "otherkins", ce qui est vraiment intéressant comme le souligne Cyroul et Laurent, c'est la destruction du réel, l'ensevelissement du monde, l'offrande de la rationnalité.
Et effectivement quelque chose me parait indispensable pour comprendre tous ses mouvements, c'est effectivement la construction et la structuration des nouveaux groupes sur les ruines du mur de Berlin. Il a des choses à creuser ici.
L'architecture du monde grisâtre qui se généralise est à détruire. Il faut effacer toute trace de l'ancienne humanité. Il faut laver les esprits, souillé les savoirs, briser les murs qui continuent de se construire. Tout est à redéfinir, remesurer. L'échelle actuel du monde ne suffit plus. Il faut que de toutes ses villes coulent le rêve, que le béton suinte l'imaginaire. La vie à besoin de se régénérer. L'Homme a besoin de se libérer.
 
Je pense qu'une définition unique et générale contredirait le mouvement.  
Il faut conceptualiser et verbaliser, oui, mais grâce une écriture évaporée qui voyagerait d'une pensée à l'autre dans l'infinie porosité de la pensée, quitte à se contredire parfois. Il faut privilégier l'anecdote. Plus que la recherche d'une définition généralisante, il faut privilégier l'écriture anecdotique enfin je ne sais pas ce que t'en pense...  
 
 
 
 

n°206
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 14-05-2006 à 18:18:41  profilanswer
 

Ouh la... Cyroul qui veut nous faire réfléchir et qui plus est, un dimanche !
 
Je livrerai mes critères vampitiques après remise en marche de mes neurones... Mais ça devrait de toute manière aller vers quelque chose comme : prédation + séduction + non-mort + sang + énergie vitale
 
Après, pour la question de philosophie sur l'imaginaire qui devient réel à partir du moment où il est conceptualisé et donc verbalisé, je réponds qu'il faut déjà bien s'entendre sur les termes. Que définis-tu comme étant réel ? Qu'est-ce que la réalité ?
 
@ Industria
 
En effet, je frétille... Et je suis très très très curieux de voir ce site sur le vampirisme made in France.

n°207
Cyroul
Posté le 14-05-2006 à 23:00:05  profilanswer
 

Laurent, t'abuses !
Une définition sur la réalité après deux heures de brainstorming, j'ai mal.
 
Néanmoins ma définition de la réalité était "ce qui n'est pas imaginaire". J'explique...
Relisons Voltaire. Le vampire est imaginaire ou déifié (cf les religions d'asie ou d'amérique du sud). Et nous savons que l'existence d'un dieu est toujours conditionné par la foi de ses adeptes. Donc pour les agnostiques qui nous lisent, les vampires n'existent pas.
 
Partons donc du postulat qu'il n'existait pas jusqu'à maintenant, d'entité vampirique qui ne soit pas un dieu, mais qui soit néanmoins nimbée de mythologie vampirique "adaptée" au siècle dans laquel elle se trouvait.  
D'ailleurs au début des années 80 (en dehors des batcave que les braves gens appellaient "vampires" ), les vampires restaient des figures de la litterature gothique ou du cinéma des années hammériennes. A part Jean-Paul Bourre, et les serials killers occasionnels, je ne connais pas de témoignages ou d'enquetes sur la dimension "réelle" du vampire.  
 
Et puis en quelques années, le vampire s'est mis à exister. En s'attribuant non seulement les caractéristiques du mythe (voir la définition du vampire que je vous donnerais un tard), mais aussi celles des représentations vampiriques qui les entouraient.  
Certes tout cela participe d'un contexte sociale, économique, politique qui a favorisé l'emergence de ce phénomène (Années 80, années charnières, de renouveau mais surtout de doute et de replis sur soi-même).
 
Mais cela prouve bien que l'imaginaire peut donner naissance au réel.  
Aujourd'hui les vampires existent !
 
Sinon, en parlant du contexte social idéal pour l'eclosion de nouvelles spiritualitées, j'adore le terme "next-age" qu'on lit dans le livre de Laurent (dans une interview de Marcos, je crois). Notre société se transforme. Les humains aussi forcément. On se recentre sur soi même, non plus dans une optique thérapeutique, mais dans une optique pratique. Egoïsme ? Oui, mais la société l'a toujours été, c'est simplement qu'aujourd'hui les gens le reconnaissent.
 
BOn, j'arrête pour ce soir, désolé ;)

n°210
invite_Rem​i.
Invité
Posté le 15-05-2006 à 11:38:28  answer
 

Citation :

Mais cela prouve bien que l'imaginaire peut donner naissance au réel.  
Aujourd'hui les vampires existent !


 
Et les vampires ne sont pas les seuls..Il existe aujourd'hui par exemple d'authentiques cultes lovecraftiens, avec invocations aux grands anciens, etc. (http://www.philhine.org.uk/writings/index_cthulhu.html). La nouveauté, c'est que ces "lovecraftiens" ne sont pas des naifs  qui prennent au premier degré les oeuvres de Lovecraft, mais connaissent parfaitement la nature fictionnelle de leur mythe. Les vampires, les adorateurs de Cthulhu, et d'autres encore sont à mon avis la démonstration que cette invasion du "réel" par l'imaginaire" ou le "fictionnel" est précisement le biais par lequel se créent et pulullent la multitude de "contre-cultures" dans la société contemporaine.  
"Dans la province de l'esprit, écrivait déjà John Lilly dans les années 70, ce qu'on croit être vrai est vrai dans certaines limites qui doivent être découvertes par l'expérience et l'experimentation". Aujourd'hui , les "magiciens du chaos" affinent encore ce principe en affirmant que la croyance "n'est pas un fin en soi, mais un outil". L'une des pratiques de ces "magiciens" étant l'adoption de "croyances aléatoires": lundi, je suis agnostique et rationaliste; mardi, un socialiste végétarien; mercredi, un chrétien ultra libéral, Jeudi, un vampire bouddhiste, etc.
Le phénomène vampire appartient pour moi à cette nouvelle logique "multi-modèles" qui est typique de la contre-culture depuis les années 60. S'agit il maintenant d'un rejet de la rationalité? Pas sûr. Si l'adoption (dans certaines limites, comme dirait Lilly) d'une croyance de type "je suis un vampire" constitue, au moins pour un temps, un avantage pour la survie (plus grande confiance en soi, integration dans un milieu social spécifique, meilleure gestion de conflits internes, etc.), alors cet acte peut être considéré comme une "décision rationnelle", d'un point de vue comportemental.
A condition, une fois de plus, de savoir fixer les limites à cette croyance, tant dans le temps que dans l'espace...

n°212
davidkores​h
Protège ton coeur, Indy !
Profil : Habitué(e)
Posté le 15-05-2006 à 12:51:58  profilanswer
 

@ remi
 
Le travail de fiction de Lovecraft visait à établir un mythe. L'écriture collective et le réseau de textes constitués dans ses oeuvres intégrales débordent de la sphère strictement victorienne pour aboutir à une mythologie disparate et confuse. (la réécriture de Derleth...) La création du premier Nécronomicon oeuvre de fiction qui a finit par être adopter dans un champ artistique large puis plus précis, mais aussi envisagé par certains comme support de pratique occulte.  
On est dans ce cas dans des coditions de contamination culturelle livrée dans la fiction initiale. Une idée simple repose dans celle-ci: c'est Cthulhu invite par le rêve des créateurs à le représenter, le vénérer. De Kall of Ktulu, jusqu'au Fungi de Yuggoth d'Alan Moore (chez Avatar comics.) en passant par la Couleur tombé du ciel (oratorio rock d'il y a deux semaines durant la semaine de la SF à l'ENS. Une composition chevillée à sa matière littéraire où les leitmotiv metal accompagné de choeur se mélangeait à des accès de retenue puritaine (un seul bémol, le soliste, dommage).
 
Là, on est carrément dans une nouvelle de Borges -Tlön Uqbar Orbis Tertius, où quelques pages parasite de l'encyclopédie finissent par reconditionner le réel.
 
Comme tu l'as souligné, les Vampyres et le culte de Cthulhu ont une source dans le jeu de rôle qui est quand même l'espace de mise en question du réel et plus simplement de l'identité le plus abouti. Une sorte de magie rituelle light?
 
Pas de définition de la réalité dans mes bagages, autre qu'un truc un peu sens commun, mais un petit lien Cthulhu rigolo, pour l'avatar de cyroul.
 
 
http://www.gnomz.com/fiche-Cthulhu.html

n°213
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 15-05-2006 à 13:50:44  profilanswer
 

@ Cyroul
 
Oui, c'est bien Marcos Drake qui fait référence au Next Age lors de son interview. Je vais l'inviter à nous rejoindre s'il a le temps de participer.
 
Petite trouvaille amusante, après le New et le Next Age, voici venu le temps du Final Age !  
 
Citation : "Vous avez envie d'avoir des réponses chrétiennes, vraies et franches sur l'ésotérisme, le New Age, l'occultisme,... surfez alors sur le site suivant: www.final-age.net géré par le Père Joseph-Marie Verlinde, célèbre conférencier qui offre de solides critères de discernement face à ces phénomènes!"
 
. http://www.final-age.net/
 
Pas encore eu le temps de fouiller ce site en profondeur, mais il semble s'agir d'un site publié par la Famile de saint Jospeh, une communauté catholique monastique, qui s'en sert pour contre-attaquer sur le terrain de l'occulte, de l'ésotérisme, etc. Une partie non négligeable du site est évidemment consacrée au Da Vinci Code. Apparemment, ils reconnaissent l'existence de Satan et son influence sur les hommes :  
 
"La possibilité que quelqu’un soit soumis aux forces du mal et même à Satan est une donnée attestée, de diverses manières, dans l’expérience et la conscience de foi de l’Église."

n°214
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 15-05-2006 à 14:08:42  profilanswer
 

@ Remi
 
A mon sens, il ne s'agit effectivement pas d'un "rejet de la rationalité", et pas plus d'un rejet du monde dans lequel nous vivons ou du système. On est passé à autre chose. L'idée est de s'adapter à la société, de savoir y évoluer, tout en préservant son identité et ses particularités, voire même en les développant.  
 
De là le concept de "dayside" et de "nightside" évoqué par Layil Umbralux dans le second chapitre du livre. Un vampyre doit maîtriser sa vraie nature, la part de bestialité qui est en lui, en conservant parallèlement une façade diurne acceptable. Ne pas être un freak incapable de s'assumer financièrement et socialement.
 
A partir de là, le vampyrisme peut être vu comme un ajout, plus qu'une contradiction ou une base conflictuelle. On retrouve cette idée dans la plupart des systèmes actuels, qu'il s'agisse du Strigoi Vii, des enseignements de Michelle Belanger ou même du Temple of the Vampire.

n°215
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 15-05-2006 à 14:32:33  profilanswer
 

@ Cyroul
 
Pas certain que les loup-garous se développent autant que les vampyres. Les lycanthropes sont malgré tout moins sexy que les buveurs de sang. On est tout de suite dans quelque chose de moins sensuel, de plus brutal et aussi de plus difficilement applicable en terme de look. Il faut beaucoup de poils et de sueur pour faire un bon loup-garou.
 
Et je ne m'étonne d'ailleurs pas que les pays scandinaves soient parmi les plus concernés par ce nouveau phénomène. Sur fond de black metal et de néopaganisme scandinave, ça prend tout son sens. Courir tout nu dans la neige en hurant à la lune après voir ingurgité quinze litres d'hydromel, tout ça... ; )

n°216
davidkores​h
Protège ton coeur, Indy !
Profil : Habitué(e)
Posté le 15-05-2006 à 14:52:55  profilanswer
 

Mise en question du système et adaptation d'un archétype à la réalité, donc? Dans le cadre de la pratique occulte on a un rejet de la causalité immédiate, un passage par l'analogie, une délégation à la puissance, un rejet partiel du rationnel, à but efficace. Dans les mouvements plus roots (recours à la transe) on a carrément un passage thérapeutique par le refus du conscient. Dans ces directions là, oui, peut-être la réalité subjective prend le pas sur nos interractions sociales (le système.) La question des transactions économiques est dans ce cas super importante.
 
Sur les otherkins, je suis plus réservé, si le loup-garou parle moins on peut penser tout simplement à la sensibilité pagan et surtout à la wicca. D'ailleurs je suis bien en peine de savoir où en est la wicca française, je pense qu'on retrouve justement des rituels plus light, plus syncrétique (les années 70 sont passés par là. les théosophes aussi). Le "loup garou" est proche de la "sorcière" en bien des points.
 
Regarde ce site et le réseau dont il dépend si tu as le temps. http://www.voxdei.org/nicolas/inde [...] t-l-europe

Citation :

L'Europe sombre dans les ténèbres du paganisme. Sous couvert de liberté individuelle, sont promues des valeurs qui ne respectent plus la vie. Moloch, dieu antique de la mort et du sacrifice, lutte contre le Seigneur de la vie, Jésus-Christ, pour conquérir les âmes de notre vieux continent.


C'est le point central d'un réseau actif qui peut nourrir de futures discussions. Note aussi ce qui a servi et orienté les pratiques de sorcellerie rituelle au XVIIe ce ne sont pas des travaux de folkloriste ou de libres-penseurs, mais bien les écrits de l'Inquisition et les actes des procès en sorcellerie (effet Malleus Maleficarum, si mes souvenirs sont bons).


Message édité par davidkoresh le 15-05-2006 à 15:01:32
n°217
Cyroul
Posté le 15-05-2006 à 16:45:36  profilanswer
 

Profil supprimé a écrit :

Pas certain que les loup-garous se développent autant que les vampyres. Les lycanthropes sont malgré tout moins sexy que les buveurs de sang. On est tout de suite dans quelque chose de moins sensuel, de plus brutal et aussi de plus difficilement applicable en terme de look. Il faut beaucoup de poils et de sueur pour faire un bon loup-garou.


 
@Brainsushi
Je pense que dans le temps, les loup-garous vont devenir une autre figure modèle, "référent fictionnel" (merci Rémi).
Si tu regardes les insights (concepts-clés) présents dans la figure du loup-garou, tu repères certains concepts qui sont dans l'air du temps pour certaines catégories socio-économiques : la bestialité, la nature, la duallité (schizoprènie) jour/nuit homme/loup, la force, l'endurance.
 
Evidemment, les tribus qui se réclameront de ce groupe, ne seront pas les mêmes que celles qui se réclament des vampyres. Là je verrais plutôt la catégorie sociale ouvrière, manuelle aimant néanmoins jouer aux jeux de rôles et lire du fantastique. Habitant en province, pas loin de forêts ou montagnes, de 20 à 35 ans, cultivés, mais obligés de porter des saces de sable pour pas quitter leur région.  
Je connais bien cette population (j'en ai fait parti avant de venir à Paris trouver du taff).  
Elle a beaucoup de "poils et de sueur" et n'a que ça à foutre : faire un bon loup-garou.
 
On prend le pari ? Dans 4 ans tu nous écrit un reportage sur les loup-garous (mythe et réalité) ;)
 
Sinon, le fameux Brutal Wood (d'un reportage de Tracks récent) m'a typiquement fait penser à ça. Pour l'instant il s'agit d'un "sport", mais tu rajoutes un peu de symbolisme ésoterique, quelques légendes, un peu de mythe, et quelques films hollywoodiens pro-lycanthropiques, et hop, tu crée les vrais loup-garous de chez nous : "Les gévaudans" ;)
Une petite définition du brutal wood :  
http://xsens.free.fr/activites/brutal_woods/a.htm

n°218
Cyroul
Posté le 15-05-2006 à 16:50:39  profilanswer
 

Et un autre lien sur le brutal wood...
http://www.brutalwoods.com/
Si là on est pas dans les prémisses d'un nouveau courant culturel/social.
Y'a même des clans...
 

n°219
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 15-05-2006 à 18:32:48  profilanswer
 

Magnifique, je ne connaissais pas le Brutal Wood ! : )))
 
 Le producteur véreux qui sommeille en moi a tout de suite une idée de série Z aux petits oignons... On prend une troupe de solides bretons irréductibles. On les lâche dans New York pour un Brutal urbain sur le territoire des vampyres et on se fait Vampyres 2 : Evolution ! Les loup-garous gaulois dans un remake des Guerriers de la nuit.
 
Ca, c'est de la bonne...

n°220
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 15-05-2006 à 20:47:02  profilanswer
 

@ tous
Bien joué, je suis presque complètement largué, je vois que je suis un véritable inculte en terme d'isotérisme, peut être suis-je trop matérialiste. Et accessoirement trop agnostique. Bon...
 

Citation :

Dans le cadre de la pratique occulte on a un rejet de la causalité immédiate, un passage par l'analogie, une délégation à la puissance, un rejet partiel du rationnel, à but efficace


 
Je suis assez d'accord, c'est l'idée qui peut nous pousser à croire que si. Il y a un rejet de la société chez les vampyres, mais je comprends également ceux qui affirme que le rejet n'est pas intégrale, il n'y a qu'à lire le livre de Laurent, d'après les témoignages, certains vampyres sont assez content de pouvoir être intégrer à la société.
Mais alors pourquoi cette mise en scène corporelle? Pourquoi toute cette mise en scène? Pour s'affirmer et après dire que le monde va bien, qu'il faut s'adapter et ne surtout rien changer. Non je ne pense pas. D'ailleurs je trouve que les vampyres sont plutôt parqué dans des ghettos, loin du monde et de la société, à en croire le reportage du livre. Alors est ce vraiment une adaptation à la société?  
Tant que les vampyres ne se mélangent pas trop à la société, tout ira bien, mais attention au jour où il y aura mélange.  

Citation :

Si l'adoption (dans certaines limites, comme dirait Lilly) d'une croyance de type "je suis un vampire" constitue, au moins pour un temps, un avantage pour la survie (plus grande confiance en soi, integration dans un milieu social spécifique, meilleure gestion de conflits internes, etc.), alors cet acte peut être considéré comme une "décision rationnelle", d'un point de vue comportemental.


 
Pour l'instant on se marre bien, ouai t'as vu le mec il a des canines, c'est très bonne enfant, cette philosophie d'être en phase avec soi-même, mais pas très rationnelle pour un monde comme le nôtre. Mais un jour quand les enfants vampyres seront scolarisés, et qu'on les emmènera d'office chez le psy quand ils répèteront les "conneries" de leur parents, qu'il y aura des discriminations au niveau professionnel, qd la vie en société se résumera à la vie communautaire vampyrique,  le problème ne sera plus le même.  
Les vampyres ont-ils réellement ce sens de la réalité? Eux qui sont déjà intervenus sur le corps, et ont modifiés leur image sociale.  

Citation :

A condition, une fois de plus, de savoir fixer les limites à cette croyance, tant dans le temps que dans l'espace...


C'est sans doute çà que tu as voulu dire Rémi. Mais crois tu réellement après cette intervention forcément politique sur le corps (en plus teinté de paganisme), qu'ils s'insrivent dans le rationnalisme. J'ai des doutes. Il faut voir comment se poursuivent ces histoires...
Leur action va avoir un impact sur le monde, c'est certains. Sera-t-il transformateur, libérateur? A eux, maintenant de voir ce qu'ils veulent faire de leur mouvement.
 

n°221
Cyroul
Posté le 16-05-2006 à 10:14:25  profilanswer
 

Citation :

Leur action va avoir un impact sur le monde, c'est certains. Sera-t-il transformateur, libérateur? A eux, maintenant de voir ce qu'ils veulent faire de leur mouvement.


 
Je crois que ce mouvement (même si le terme me gêne un peu) les dépasse déjà. Et qu'ils vont avoir du mal à le contrôler.  
Laurent doit être au courant, mais Father Sebastian a pas mal de détracteurs au pays des vampires. Beaucoup l'accusent d'être un porte parole sans légitimité. Ce qui crée des factions rivales.  
Quand on ajoute en plus des mouvements d'autres pays qui se sont plus ou moins auto-crées, on va bientôt arriver à une situation évidente de lutte de pouvoir pour savoir qui a le droit de représenter le monde vampyrique : le plus tatoué ? Le plus percé ? le plus médiatique ? Ou même le plus fantasmatique ?
 
Attendons-nous à voir ces groupes prendre des formes nouvelles et imprévues (et incontrôlées) dans le futur.  
 
On vit une époque formidable...

n°222
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 16-05-2006 à 11:14:23  profilanswer
 

Tout à fait d'accord avec Cyroul, la scène vampyre est composée d'une multitude de factions qui se tirent dans les pattes et en font quelque chose d'incontrôlable. Father Sebastiaan a ses détracteurs, idem pour Michelle Belanger, Don Henrie, Jack Dean du Fang Club, etc. Comme disent les Américains, ça fait partie du boulot.
Et en même temps, je crois que c'est une très bonne chose puisque ça garantit une certaine mixité des genres, en empêchant par la même occasion qu'un groupe particulier s'octroie un leadership sur la scène pour l'entraîner dans une direction peu recommandable. En ce sens, le chaos a du bon.
 
A la rigueur, ce qui pourrait paraître plus inquiétant, c'est l'attirance des gangs de Crips et de Bloods pour les crocs et la possibilité qu'ils ajoutent une dose de mystique sombre à leur cursus déjà bien chargé. Mais je doute qu'ils aillent jusque-là et ils n'ont de toute manière plus rien à prouver côté violence et dérives en tout genres. Ces gangs n'ont pas attendu les vampyres pour partir en vrille.
 
Dans le reste du monde, tout peut arriver. En bien comme en mal. Pour faire un vampyre, il suffit d'un peu de résine dentaire et d'un outil de ponçage et de polissage, genre Dremel. Ca met le vampyre à portée de quasiment toutes les bourses.

n°223
Cyroul
Posté le 16-05-2006 à 17:10:16  profilanswer
 

Citation :

Ces gangs n'ont pas attendu les vampyres pour partir en vrille.


 
Mais peut-être que le vampirisme pourrait leur offrir une "philosophie de vie", comme certains membres des hidden shadows ?
 
Je dis ça, et finallement je n'y crois pas.  
Ces personnes non intégrées dans le carcan "normal" de la société ont besoin de s'identifier à des modèles faciles.
En 1996, Blade a été un modèle (cf. le premier opus). Il y avait beaucoup de référence à des gangs (elles ont été complètement oubliées dans les films suivants). On y trouvait coiffure et tatouage tribaux. Philosophie japonaise et arts martiaux. Et surtout du style.  
Blade était bioutifoul... Un modèle idéal.  
 
Aujourd'hui je vois mal un gars du 93 s'identifier à Kate Becquinsale...
 
Mais Hollywood est sur le créneau vampirique. Y'aura peut-être un "personnage-modèle" qui sera crée dans les futures années (oublions Will Smith et son prochain I am Legend -Matheson doit se retourner dans sa tombe).
 
A moins que ce soit à partir du cinéma underground ou peu diffusé que les gangs vont trouver leur modèle...
Dans ce cas Laurent, tu as vraiment joué au Professeur Abronsius ;)

n°224
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 16-05-2006 à 17:16:22  profilanswer
 

Citation :

je crois que c'est une très bonne chose puisque ça garantit une certaine mixité des genres


 
Bien sur car si un clan se fait "récupérer" par les médias et le conformisme sociale, philosophique et anthropologique,  çà évitera à l'ensemble de la  communauté de passer de la contre culture à la culture contrée, et ainsi l'esprit underground et avant gardiste du mouvement peut continuer à vivre. Et puis ouai c'est sur, çà évite les leaders, quoique je pense que malgré les détracteurs, Father Sebastiaan reste la figure de proue pour les amateurs lambda, vu qu'on le fait souvent passer pour le chef.
 
Les gangs tel que les crips et les bloods, ne sont pas le seul danger... Les Vampyres ne sont pas que présent dans les ghettos new yorkais? Et même le mouvement est amené à s'attendre.
Et du fait de leur morphologie et de leur philosophie paganiste, les  confrontations avec les sociétés occidentales (plutot de droite), vont être aride. En France, les étrangers et les homosexuels ont encore du mal à être accepté, que va-t-il se passer avec une vampyre noire homosexuelle. Soit, elle sera accepter par sa communauté, mais si elle se confronte au monde extérieur, celui du commun des mortels, cela ne risque pas de poser problème, pour vous?  
Les vampyres ne sont pas que amenés à vivre dans l'ombre, puisqu'en plus, leur souhait est de s'intégrer à la société, qui, soit dit en passant, vit plutôt le jour. Comment nos société, pas super préparés à ce genre d'irruption sorti tout droit des films d'horreurs, va-t-elle réagir? En plus comme tu l'as dit au début, à la base le vampyre est un prédateur, sa proie est l'humain. Donc comment va-t-il être reçu et perçu par les gens?
 
Pour le moment, c'est un mouvement assez jeune, qui a développé un bon univers mental, mais comment cet univers pourra faire sa place dans le reste du monde???  
Pour le moment c'est sûr, je ne nie pas, c'est cool, le délire est excellent, mais quand il faudra prendre contacte avec la réalité, je le disais plus haut, que leur enfants devront être scolarisés (je pense par exemple au gosse de Miguel Valentin). Qd l'enfant sera confronté à des enfants humains qui se moqueront de lui parce que ces parents ont de grandes dents etc... Enfin çà parait con comme questionnement. Si le vampyrisme prend de l'ampleur, ces questions vont se poser.
 
Les vampyres veulent prendre part à la société, ce n'est pas comme si ils étaient humain le jour et vampyre la nuit, à l'abri des regards. Ils veulent s'assumer en tant que nouvelles espèces vivantes intelligentes dans la société. Ce n'est pas rien.
Alors bien sûr qu'ils contrôlent leur bestialité etc etc... Mais la question n'est pas là. Dans une société qui n'est pas habitué à ce genre de "déviance" intellectuelle et humaine, çà sera dur de se faire une place. Car je répète, les vampyres sortiront des ghettos un jour ou l'autre. Et là faudra laisser tomber son délire ou faire sa place, et pour avoir le droit d'exister en tant qu'individu différent, malheureusement, aujourd'hui encore, il faut avoir des armes philosophiques et politiques.

n°225
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 16-05-2006 à 18:07:57  profilanswer
 

@ Cyroul
 
Aaaaah... la référence au professeur Abronsius. : )
 
Sorti des crocs, je vois mal les gangs s'intéresser au vampyrisme nouvelle vague. Cette subculture me semble trop libertaire et chaotique pour intéresser des groupes au fonctionnement quasi paramilitaire, et de fait pragmatique. D'ailleurs, ça fonctionne actuellement mieux pour éloigner certaines personnes de la rue et de la délinquance que pour les y maintenir.
 
@ @bstr@it
 
Pour le moment, je ne crois pas à une quelconque confrontation avec nos sociétés car le phénomène ne présente pas de danger majeur. C'est bien trop underground pour intéresser sérieusement les institutions. Evidemment, certains médias américains s'en servent pour faire de l'audience, mais les vampyres eux-mêmes ont choisi de monter au créneau en s'expliquant publiquement pour démonter les contre-vérités.
 
Pour ce qui est des enfants, je me rappelle d'inquiétudes similaires dans les années 80 avec les punks. Et l'histoire a prouvé que leur progéniture se débrouillait tout aussi bien ou mal que les rejetons de familles plus traditionnelles. N'est pas le bébé de Rosemary qui veut... ; )

n°226
davidkores​h
Protège ton coeur, Indy !
Profil : Habitué(e)
Posté le 16-05-2006 à 18:28:48  profilanswer
 

@ @bstr@it
Les enfants des utopies vécues ont souvent la terribl charge de réinventer les utopies futures ou de mettre à bas celles de leurs parents. Effectivement comme pour les punks. C'est pas facile de devenir le futur du No Future.

n°227
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 16-05-2006 à 19:00:42  profilanswer
 

@ davidkoresh
 
Note que je doute que la chose ait été plus simple pour les enfants du Flower Power. Sauf ceux que l'on retrouve aujourd'hui dans les soirées Trance Goa. Ah non, fuck. Ceux-là, c'est les enfants de punks qui avaient eux-mêmes des parents hippies. Tout s'explique...

n°228
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 16-05-2006 à 19:34:09  profilanswer
 

ok...
Mais est ce que les enfants de vampyre deviennent automatiquement des vampyres? Et est ce qu'on "greffe" des crocs pendant l'enfance ou l'adolescence?

n°229
Brainsushi
Profil : Novice
Posté le 16-05-2006 à 19:40:22  profilanswer
 

@ @bstr@it
 
Evidemment pas.

n°230
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 16-05-2006 à 19:42:11  profilanswer
 

Enfin je dis çà, parce que bon, je trouve que les punks et le vampyres ne sont pas vraiment comparables. Car chez les punks, il n'y avait pas l'envie de créer une nouvelle espèce en plus de l'humain.  
Effectivement chez les punks il y avait aussi intervention sur le corps mais chez les vampyres c'est plus pareil, car la modification apprté au corps n'a pas la même symbolique, pas la même conséquence...
Non? Qu'en pensez vous?

n°232
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 16-05-2006 à 20:32:26  profilanswer
 

Au fait, çà n'a rien à voir, mais en quoi le site Brainsushi??? c'est une télévision internet, où sont présentés des reportages???

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