Pour moi il s'agit de deux éléments à distinguer.
Le conscience est parfaitement impersonnel, à l'opposé la plus infini d'une quelconque subjectivité. Nietzsche en a très bien parlé dans Le Gai Savoir, je n'ai plus qu'à le citer :
"Le conscience n'appartient pas au fond à l'existence individuelle de l'homme, bien plutôt à tout ce qui fait de lui une nature communautaire et grégaire (c'est à dire penser et faire comme tout le monde) ; que la conscience, par conséquent, ne s'est subtilement développée que sous le rapport de l'utilité communautaire et grégaire (d'où le titre du paragraphe, dont cet extrait est issue : "Du "génie de l'espèce"" ), que chacun de nous, nécessairement, en dépit de la meilleure volonté pour se comprendre aussi individuellement que possible, pour "se connaître soi-même", ne fera pourtant jamais autre chose que d'amener à sa conscience du non-individuel, ce qui est "moyen" ; -que notre pensée même, constamment, se voit pour ainsi dire majorée par le caractère de la conscience - par le "génie de l'espèce" qui règne en elle - et retraduite dans la perspective du troupeau. Nietzsche, "Le Gai Savoir", texte 354 (cinquième livre) "Du génie de l'espèce"", collection Folio/Essais, édition Gallimard, 1982, traduction Pierre Klossowski.
Pour ce qui est de l'affect, je pense qu'il s'agit à l'extrême infini opposé de ce qu'il a de plus personnel, cela en deviendrait presque mystique (ce n'est pas le cas du tout) car comme Foucault, j'ai arrêté de croire à la transcendance, personne n'est jamais sujet de lui-même, conscient de lui-même, nous sommes la construction d'une éducation, d'une communauté, d'une société, d'une culture,... Que sais-je encore...
Mais pour l'affect, c'est différent, cela nous plonge dans un "devenir" inconnu (au sens deleuzien), une formule (an)atomique personnalisée. Il s'agit généralement d'une situation avec un lieu, un objet, un temps, un intensité qui lacère notre perception, et affecte nos sens. Cela se produit inexplicablement devant certaines oeuvres d'art (musique, art,...) et certains évènements (affection intense de l'émotivité).
Bien sûr le goût en art, et le choc devant tel ou tel évènement est très impersonnel, mais il arrive parfois, ses affects nous plongent dans des "devenir" inextricable.
Voilà... C'est MON opinion, après d'autres constructions mentales sont envisageables par d'autres.
Message édité par @bstr@it le 02-10-2006 à 14:32:39