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court serpent de B. du Boucheron

 
n°22
bertrand-m​ogendre
Posté le 04-04-2006 à 10:56:48  profilanswer
 

reliquat des damnés
 
Missionné par le Cardinal Archevêque Einar Sokkason, l'abbé Montagnus, doit visiter le peuple de Thulé, plus au nord que le nord limite des terres habitées. L'aventure se passe au quatorzième siècle, et  l'expédition doit se réaliser avec la construction d'un navire "court serpent" suffisamment souple pour résister aux froids polaires, et ne pas se faire broyer par les glaces articales. Le voyage se révèle être de l'ordre de l'épopée, tant les conditions difficiles conduisent l'équipage jusqu'aux limites de l'humainement supportable. Tout devient impossible : naviguer, ramer, survivre, et surtout retrouver la route pour atteindre la destination. La cathédrale, monument érigé à la gloire de Dieu, sise dans un pays aride recouvert par la neige dix mois sur douze, ressemble plus à un vaisseau fantôme. Elle flotte, isolée aux fins fonds d'un fjord, tout aussi identique à la foultitude des fjords retirés, encastrés entre les monts et les falaises inhospitaliers.  
 
Une fois le décor planté, l'auteur relate les faits, sous forme d'un rapport. Telle une "chronique de la mort annoncée" de Marquez, nous savons dès le début combien la tâche de cet abbé est vouée à l'échec. Et ce constat nous incite à rapprocher cet ouvrage du film "Mission", au travers duquel Roland Joffé montre les ravages des missions religieuses, sous prétexte de civiliser les sauvages, en prêchant la bonne parole.  
En fin de compte, l'ordre donné par le cardinal, n'était il pas de prendre des nouvelles de sa famille si lointaine ?
 
Bernard du Boucheron emploie avec justesse, une palette  de vocabulaire agréable à découvrir, qui pèse néanmoins tout au long du récit répétitif. Quant aux descriptions d'horreur qu'il révèle, passé le cap des hauts le cœur premiers, elles deviennent coutumières à tel point qu'il faut se demander si la misère est synonyme d'abandon d'humanité ?
Ce livre est un travail remarquable tant au niveau de la langue qu’au niveau de l’enquête historique nécessaire à sa rédaction. L’aventure relatée reste pourtant terne et sans rebondissement.


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