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Christian GODIN "L'architecture et le lieu"

 
n°93
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 20-04-2006 à 23:57:38  profilanswer
 

Citation :

L'originalité même de cet ouvrage précis, documenté, neuf dans le champ de la critique architecturale, tient en sa capacité à démontrer que le lieu - c'est-à-dire l'espace singulier - a été travaillé  
et transformé par l'architecture à travers l'histoire, les cultures et les styles de toutes les époques, de tous les pays. Le lieu qui n'est jamais neutre permet, et mieux encore favorise, promeut un projet d'espace qui trouve dans l'architecture une résolution stable à travers la production et la cristallisation d'une forme lorsque celle-ci s'associe sur la durée à ses environnements naturel et social. "Le lieu est un espace inscrit, qualifié, valorisé."
 
Au moment où les villes historiques semblent vouées à disparaître dans des agglomérations qui ne sont plus des lieux parce qu'y vivre ensemble devient impossible, ces dernières "expriment" l'absence du projet par lequel elles se sont extraites du vide, se sont développées et se sont étendues sur un vaste territoire par la puissance (symbolique, imaginaire...) issue de la volonté d'édifier. Loin de ressasser un passé désormais révolu, défait par les coups de boutoir d'une modernité aujourd'hui dévastatrice, les auteurs ont pointé la radicalité du phénomène de destruction du projet de la ville en tant que lieu propre de l'édifier.
 
Grâce à une recherche féconde menée depuis plusieurs années, à une grande érudition, et à un savoir puisant ses exemples dans le patrimoine architectural mondial, ils nous invitent à considérer l'édifier comme une dimension essentielle de notre existence.


 
Je n'ai pas encore lu ce livre mais je me permets d'en parler car j'ai assisté aujourd'hui à une conférence de L'auteur qui, donc, expliquait la problématique qu'il a soulevé de ce nouveau livre (avec l'aide d'une de ces étudiantes en DEA) qu'il vient de publier.
Je souhaiterais exprimer mes doutes par rapport à cet ouvrage dès la lecture du plan du bouquin qui est le suivant :  
-L'architecture topique
-L'architecture pantopique
-L'architecture atopique
Ce qui revient à une conception digne de Winckelmann en histoire de l'art qui explique qu'il y aurait le début de l'architecture, l'apogée de l'architecture (à la renaissance) et l'effondrement, le chaos (vide) aujourd'hui. Déjà quand on est en face d'un schéma aussi prophétique, on peut se poser des questions.
Je ne nie pas le fait que l'architecture et l'urbanisme sont désastreuses depuis les années 70, avec l'émergeance des banlieues et des grandes agglomérations.  
Mais aux raisons politiques, économiques et démographiques qui expliquent le phénomène, l'auteur ajoute des raisons techniques, scientifiques et sociales qu'il présentait déjà dans un ouvrage antérieur "La fin de l'humanité" et c'est là que je ne suis pas d'accord et que j'engage la discussion.
L'auteur dénonce la progrès des biotechnologies, l'utopie cyborg, le progrès en matière d'exploration de l'univers (je renvoie aux articles de Maxence Grugier qui écrit de nombreux articles sur le sujet dans le site de ce forum) qui vise à quitter la terre et/ou son corps pour atteindre le cosmos, comme une espèce d'ascension surhumaine meurtrière et criminelle :
 
Le premier argument du chercheur est de dire que l'on a pas le droit de laisser la planète mourir et nous "en aller" comme çà après l'avoir tuer à petit feu! Ce qui, je pense, n'est pas du tout le but et la philosophie des scientifiques "américains" en question. Les expériences menés par les chercheurs visent à augmenter, étendre les possibilité du corps humain pour pouvoir l'aider à mener une vie meilleure et à construire un avenir prometteur grâce à des appareillages bio-technologiques, même s'il est vrai que dans le tas certains ont une philosophie très discutable. (je pense aux extropiens). Se pose aussi la question de savoir qui aura accès à cette science mais çà c'est un autre débat.
 
Il critique également le fait qu'aujourd'hui la science travaille en collaboration avec la littérature romanesque (je pense qu'il parlait du genre cyberpunk et postcyberpunk), ce qui, selon lui, décrédibilise le sérieux de la science. N'empêche que cette sous-culture romanesque pas très sérieuse, a été visionnaire sur de nombreux points qu'en à la société d'aujourd'hui, ce qui prouve bien qu'il ne s'agit pas simplement de roman SF débile, c'est souvent une étude sociologique et scientifique avec un regard artistique posé sur le monde.
Les avancées proposées par certains scientifiques coupables d'ambition  sont, selon lui, la cause de la destruction progressive du monde et de l'humanité (alors qu'au contraire pour moi elle lutte contre). En fait je crois qu'on ne s'attaque pas aux bonnes personnes et je crois que la technophobie prend peut-être le dessus sur la raison. Qui a détruit l'environnement, l'éco-système et la planète en général? Est-ce la science? Non, c'est le capitalisme et son hyper-production de déchets, c'est l'état militaire et ses essais nuccléaires (instrumentalisation de la science), c'est les usines qui réjètent leur déchet dans les océans, etc... Je ne souhaite pas blanchir la science, qui commet effectivement beaucoup d'erreurs, mais je me méfie des peurs de l'avancée technique qui pourrait être bénéfique au monde.
 
Evidemment quand il y a expérimentation, cela indique qu'il y a une prise de risque. Mais plutôt que de ne rien faire, ne faudrait-il pas penser à trouver des solutions? Ils est sûr que le discour des scientifiques peut effrayer, mais je renvoie à la lecture du cyborg manifesto de Donna Haraway et à la philosophie en général, le corps n'est-il déjà une machine? Le fonctionnement corporelle est très machinale et de très nombreux points communs ont été observé entre le corps (organes) et les machines. De plus les éléments de la vie quotidiennes tels le téléphones protables, l'ordinateur, les télécommandes, la voiture, etc... ne sont-ils pas déjà des prothèses du corps humains? Ce qui signifirait que l'extansion technologique a déjà commencé! Et que pourtant personne n'a été choqué, on s'est tous très bien habitué à cette modernité maudite!
 
Bon alors est ce vraiment la faute de l'avancée technologique si la planète s'éteint à petit feu? Faut-il vraiment avoir peur du progrès?  
Cà pourrait être le questionnement de ce forum autour du livre de Christian Gobin et Laure Mühlethaler. Je n'adopte pas une posture définitif. Au contraire je me pose beaucoup de questions à ce sujet et j'aimerais avoir l'avis des autres! Alors j'attends vos réponses.
 
 
 

 


http://forum2.fluctuat.net/mesimages/1175/23.jpg

n°94
le_duke
Profil : Padawan
Posté le 21-04-2006 à 11:47:13  profilanswer
 

Bonjour @bs,
 
j'ai une petite idée de réponse, mais j'aimerais bien lire avant les articles de Maxence Grugier. Il intervient sur le forum tu dis?

n°95
@bstr@it
Porte-parole des molécules
Profil : Tête d'affiche
Posté le 21-04-2006 à 23:01:04  profilanswer
 

ben en fait il écrit des articles pour fluctuat.


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