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| Dernière réponse | |
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| Sujet : L comme Littérature | |
| uleski |
Celle qui nous transmet Homère en héritage et qui poursuit son petit bonhomme de chemin avec des auteurs tels que Cervantès, Shakespeare, Diderot, Sade, de Nerval, Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud, Breton, Kafka, Brecht, Beckett, Bernanos, Bataille, Ionesco, Perec, René Char, Jean-Edern Hallier, Dario Fo, Sollers... *** En tant qu’auteur, on peut n'avoir qu'un souhait : que son projet d'écriture, une fois arrivé à son terme, se transforme en un véritable projet de lecture de la part du lecteur. Le sens à donner à la lecture (pourquoi je lis ? Qu’est-ce que je lis... là, maintenant ?) doit pouvoir faire l’objet d’une création et re-création permanentes ; dans le fait de lire un texte, inutile d’y chercher - à l’instant même où on le lit - un sens établi une fois pour toutes, un sens certifié par son auteur ou qui que ce soit d'autre (un critique littéraire ?). Que l’interprétation et la compréhension d’un texte soient donc aussi et surtout, la projection des certitudes et des préjugés du lecteur et que le texte rencontre ses lacunes, ses insuffisances et ses interrogations ! Lecteur qui, parfois, pourra échouer à donner un sens au texte qu’il lit et par voie de conséquence, au fait même de lire... mais qui... opiniâtre, mènera l’expérience de cet échec jusqu'à son terme car, cette expérience est tout aussi digne d‘être vécue que l’autre expérience - bien connue celle-là : celle d’une compréhension totale d‘un texte et du pourquoi de sa lecture ; compréhension et certitude tout aussi illusoires que la découverte d'une vérité prétendument globalisante et irréversible - vérité autre que factuelle. *** La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi. Mais... diable, que dit-on, comment, pourquoi, et à qui le dit-on ? - Accéder à une liberté sans responsabilité que seule la littérature peut offrir. Et l'auteur n'aura pas à s'excuser. La littérature est son confesseur : elle l'absoudra. - Dépasser les distinctions génériques telles que... poésie, prose, roman, récit, essai etc... - Expérimenter l'ensemble des potentialités de l'écriture dans une dissolution du Moi en une multiplicité de voix, de sujets possibles, tantôt entiers, tantôt fragmentés, jusqu’à abolir les notions mêmes d’objectivité et de subjectivité pour, non pas embrasser l’infini et l’éternel dont nous n'avons que faire, mais... l’individu et la masse, l'esprit claire, solide, les yeux et la bouche grands ouverts pour mieux tout saisir et tout absorber, patient... - Si les pensées naissent des événements de notre vie, on aura néanmoins pour seul moteur d'inspiration : le désordre du monde, son chaos même et la tension entre le désir de vie et le désir de mort... - A la fois poursuivi et poursuivant, chasseur et gibier, sans plus de distinction entre le dedans et le dehors, l'homme et la nature, livré à une solitude sans nom, à un isolement irrémédiable et insondable dans le désert qui nous entoure et l'ennui qui nous taraude - le reste n'étant qu'une échappée de plus vers un néant toujours certain, dans une errance aussi stérile qu'indéfinie -, il nous faudra aussi vaincre l'angoisse face à la fatalité de violence qu'exerce le monde sur toute tentative de recherche d'autonomie, avec sa menace d'extinction ou de silence envers ceux qui seraient tentés d'y prétendre... Et même si l'échec menace toujours... - Faire briller en plein soleil, une épée de toute beauté, celle de la colère, pointe acérée, lame tranchante, tout devant céder sous elle, sans arguties car, aujourd'hui, quiconque n'est pas en colère est soit un idiot, soit un escroc, soit un salaud. *** Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ;et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant : Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi. *** L’écriture commence bien avant l’acte d’écrire car, l'écriture, tout comme l'Art, c'est une manière de vivre. Avec la civilisation, nous avons gagné la liberté et quelque espoir de justice pour le plus grand nombre, mais nous avons perdu une grande partie de notre capacité à construire et à entretenir des rapports authentiques avec nos semblables qui ont tous la prétention de ne pas nous ressembler ; la communion devient impossible en dehors des grandes messes qui nous sont imposées par des média intéressés, complaisants et paresseux. Avec l'écriture, on rétablit ce lien. Îlot de liberté au milieu d'un océan de contraintes, d'injonctions, de censure, - et la pire de toute : l'auto-censure -, aujourd'hui, seule la création permet, en partie, de combler le gouffre effroyable qui nous éloigne et qui n'aura de cesse de nous séparer de notre propre humanité, siècle après siècle, jusqu'à ne plus être capable d'en soupçonner, jadis, même l'union... Divorce consommé. |
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