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Discussion : La Francophone au Salon du Livre
DAN. Certes il est difficile d'organiser un édition autour de la francophonie sans tomber dans l'autocélébration post-coloniale de la survivance de la langue et la france est effectivement championne du monde du déni. Mais les problèmes de diffusion de la pensée ne proviennent pas uniquement du mépris de la critique métropolitaine pour ce qui provient de l'Afrique francophone
il y a un problème plus large : les universitaires français -quels qu'ils soient- atteignent plus de visibilité une fois traduits en anglais parce que la langue possède tous les atouts de "l'effet réseau" : il est intéressant de le parler d'où qu'on vienne parce que le nombre d'usagers a largement dépassé le plancher critique en dessous duquel on ne trouve pas d'intérêt à apprendre une langue. C'est un peu comme le portable : le marché décolle quand il y a assez de monde pour que ca vaille le coup d'en prendre un.  
le français est en train de passer sous ce seuil critique. il survit parce qu'il y a encore des populations histoirquement concernées : mais sa "valeur réseau " baisse et il n'est pas étonnant qu'en traduisant en anglais son ouvrage, un africain francophone pénètre mieux le champ intellectuel. Pour les finlandais ou les slovaques c'est la cas depuis bien longtemps.

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DAN. Certes il est difficile d'organiser un édition autour de la francophonie sans tomber dans l'autocélébration post-coloniale de la survivance de la langue et la france est effectivement championne du monde du déni. Mais les problèmes de diffusion de la pensée ne proviennent pas uniquement du mépris de la critique métropolitaine pour ce qui provient de l'Afrique francophone
il y a un problème plus large : les universitaires français -quels qu'ils soient- atteignent plus de visibilité une fois traduits en anglais parce que la langue possède tous les atouts de "l'effet réseau" : il est intéressant de le parler d'où qu'on vienne parce que le nombre d'usagers a largement dépassé le plancher critique en dessous duquel on ne trouve pas d'intérêt à apprendre une langue. C'est un peu comme le portable : le marché décolle quand il y a assez de monde pour que ca vaille le coup d'en prendre un.  
le français est en train de passer sous ce seuil critique. il survit parce qu'il y a encore des populations histoirquement concernées : mais sa "valeur réseau " baisse et il n'est pas étonnant qu'en traduisant en anglais son ouvrage, un africain francophone pénètre mieux le champ intellectuel. Pour les finlandais ou les slovaques c'est la cas depuis bien longtemps.
invite_Robert Alfred Je tombe sur cet édit du Nouvel obs, qui semble confirmer la grogne...
 

Citation :

Francofffonies, cette année, s'écrit avec trois f. Comme fastueux, flamboyant, féerique ? Ou comme factice, farfelu, fratricide ? Car le moins que l'on puisse dire est que les écrivains invités n'ont pas leur langue dans leur poche. Ils arrivent au Salon pour en découdre et casser du sucre sur les Français. Premier constat : les écrivains francophones sont largement pénalisés dans un monde où l'anglais domine. Pour Achille Mbembe, professeur de philosophie en Afrique du Sud, «les écrivains francophones et les penseurs de langue française dont les oeuvres ne bénéficient pas de traduction sont de plus en plus isolés sur la scène mondiale. A titre d'exemple, mon ouvrage «De la postcolonie» a été publié en France en 2000. Il est passé totalement inaperçu et a été ignoré par la critique de langue française. En 2001, University of California Press l'a sorti en anglais. La critique anglo-saxonne s'en est tout de suite emparée. Les ventes ont suivi et, moins d'un an et demi plus tard, une deuxième édition a vu le jour. Aujourd'hui, ce texte très mal connu en France est un classique dans le monde anglo-saxon. Il figure dans la plupart des programmes universitaires dans lesquels on débat des questions postcoloniales».


 
La suite à lire sur le site du Nouvel Obs : Les écrivains francophones en colère.

invite_Robert Alfred Passage éclair au Salon du Livre. J'ai eu personnellement l'impression que le "thème" de l'année, la Francophonie, saoulait un peu tout le monde. Simple projection de mon propre agacement devant ce concept creux mais bombonnant ? Peut-être. N'empêche, ça fait un peu fête obligée, et les quelques auteurs aperçus ou entendus sur le sujet ne m'ont pas donné l'impression de déborder d'enthousiasme devant cette fête obligée. Par exemple Marie Despléchin, dans Le soir :
 

Citation :

Je suis un peu consternée, et en tant qu'indigène toujours un peu embarrassée par le ridicule français, très spécifique au pays. Ce qui se tient derrière le mot de francophonie est ce qui reste à la nation de son emprise coloniale, de ses rêves d'influence, de sa manie de la grandeur. Immense pays qui refuse de réformer son orthographe, qui divinise sa langue, et la pense toujours par rapport à une terre entourée de frontières. Il y a le français de France, le français normal, légitime et qui va de soi, et l'autre, qui serait forcément un peu exotique, inattendu, acquis. Une sorte de hachis qui ramasse les restes, belges, suisses, maghrébins, africains, québécois... Il y a des propriétaires, par droit du sol, et les autres, les locataires, qu'on invite une fois de temps en temps à boire un verre pour garder de bonnes relations... Franchement, j'ai le sentiment que cette idée de francophonie revient comme un symptôme de sénilité. On sait comme la France, qui pratique le déni comme un sport national, se débrouille avec toutes les communautés issues de son histoire et qui la composent aujourd'hui...


 
C'est assez juste je trouve. Il y a peut-être des témoignages ou des réactions plus spontanément positifs en dehors du cercle des "officiels". Je les cherche encore...