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Discussion : Brett Easton Ellis
marc135 Bien vu !

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marc135 Bien vu !
richard h je vais (sans abonder, quoique) dans le sens d'easywriter; Ellis a été une bombe littéraire au début des années 90 parce qu'il était le meilleur reflet de la surface glacée du monde qui était le nôtre, influences américaines incluses.
le style, normatif, nominaliste, conduit méthodiquement était la meilleure illustration du rapport qu'il me semblait pertinent d'entretenir à l'époque avec la société de consommation.
depuis?
 
Kate Moss confirme quotidiennement chaque ligne d'Ellis  jusqu'à Zombies.
 
la seule chose qu'Ellis a mal pressentie c'est la vulgarité de notre époque. il a très bien vu Kate Moss, mais se laisse aujourd'hui bousculer par Paris Hilton (quoi que...comme figurine des Lois de l'attraction???).
 
Dans l'intervalle? c'est son travail d'écrivain qu'il a développé, et c'est ce qui donne Lunar Park, qui demeurera, au delà des anecdotes type moins que zero, le roman d'un écrivain.
le_duke je ne pense pas que lunar park soit le dernier roman d'ellis, même s'il est clair qu'Ellis est déjà passé à autre chose. Cette fin de période (plus que de cycle je dirai) s'annonce troublé et intéressante, on sent poindre le rire chez lui.
invite_pseudo. j'ai entendu ça aussi il avait déjà du mal à écrire un roman tous les quatre ans et il est clairement arrivé à la fin d'un cycle
GATSBY. Pas exclu en effet mais il est inutile de spéculer sur ce que l'histoire retiendra d'ellis ou de n'importe quel auteur.
je lui reconnais bien volontiers son talent pour évoquer la dissolution de l'identité comme l'a ecrit quelqu'un au dessus et sa capacité à garder l'horreur toujours à portée de main
une question :  est-ce vrai qu'ellis va arrêter d'écrire  ? Lunar Park était son dernier roman?
Faf. Pour revenir à Bret Easton Ellis, j'ai plutot bien aimé American Psycho, dans le sens où c'est un roman bien représentatif de son époque. Et comme dit Easywriter, le vide du personnage fait le personnage, avec sa façon de toujours décrire les tenues des gens sans voir ce qu'il y a derrière... Enfin, en le lisant, je me disais que Pat Bateman pourrait bien devenir un jour un personnage phare de la littérature, comme Madame Bovary en est une...
easywriter ouh là attention gentil stagiaire de ne pas trop lécher la main qui ne te nourrit même pas...
bon je dis fainéant parce qu'il se foule pas trop, il pourrait peut être devenir un ecrivain potable s'il ne passait pas son temps à recycler les autres pour le grand public comme un vulgaire....publicitaire
(et chez flam ils te paient les paninis mozza ou quoi?)
invite_gentil stagiaire de flam' [quote]ce feignant de Beigbeider![quote]
 
Beigbeider est un trés grand lecteur, et en plus il a une culture énorme.
easywriter

Profil supprimé a écrit :

Même si peu d'écrivains ont une dimension intemporelle, ce qui est sûr c'est qu'Ellis risque de vite devenir kitsch.


effectivement, ses livres prennent cinq ans tous les six mois...

Beigbeder a dit que Lunar Park était la seule autofiction jamais écrite, si je me souviens bien.
 
Pour l'ami Brett, oui il restranscrit son époque, tout ça, oui il y a de la folie molle et de la panique dans Lunar Park, mais à trop retranscrire un présent on reste scotché dedans, et on a une date de péremption qui arrive vite.
Même si peu d'écrivains ont une dimension intemporelle, ce qui est sûr c'est qu'Ellis risque de vite devenir kitsch.
easywriter certes bret easton ellis a un côté froid et sans profondeur stylistique, le NY times a écrit un jour "remplacez la cocaïne par du chocolat et vous avez un livre pour enfants". ellis est , je trouve, très représentatif de son époque saisit donc parfaitement l'air du temps: son vide stylistique n'est il pas le plus approprié pour parler de la dissolution de l'identité individuelle dans la vie urbaine ou pathologies propres à la société de consommation (un tueur en série est un consommateur compulsif qui ne peut jamais etre satisfait mais continue à enchaîner).
par ailleurs, il me semble que lunar park montre qu'ellis ne tire pas son talent de la surenchère provocatrice mais de sa façon inégalée (mais inégale convenons en) d'évoquer un climat de pré-apocalypse permanent Perso son dernier livre m'a plus fait flipper que les autres, la folie y est beaucoup plus présente et proche que dans les fictions précédentes. ce fainéant de beigbeder a dit que lunar park était la meillure autofiction jamais écrite. je crois que c'est vrai
raspoutine. Non bgbdé c'est vraiment, mais alors vraiment pas la peine de lire ne serait-ce que les titres.
davidkoresh Par hésiter, t'entend que tu vas ENFIN en lire?
 
Si tu fais ce truc de ouf, tu pourras commencer un beigbeider ensuite pour me dire à quoi ça ressemble le début.
 
On ouvrira une bouteille de champagne.
raspoutine. Nan mais je crois que tu me fais hésiter à lire du ellis, en fait.
davidkoresh C'est ce qu'on appelle l'éclectisme super valable.  
 
D'un autre côté, je suis pas le garant du bon goût sur les forums.
raspoutine. d'un autre côté, t'aimes aussi diam's.
davidkoresh Oui, bien sûr, mais pour le coup, j'adore.
raspoutine. Et tu le trouves trop efficace, trop américain?
davidkoresh Oh ça non! On interviendrait vraiment pas hors sujet du propos pour rudoyer nos interlocuteurs en leur disant qu'ils ont du caca dans la tête... C'est pas not'genre, m'sieur.
 
Moi, j'ai adoré le Démon de Selby, bonne progression dans la tête du personnage principal. Les scènes où il tombe enfin amoureux sont bien chiadées; tu finis par plus savoir si c'est la pression sociale l'a écrasée où si il s'est mis dedans tout seul.  
Les deux mon général.  
 
C'est cool.
raspoutine. Hourra! t'as trouver quelqu'un à qui parler, stereo! Elle est pas belle, la vie?
 
Allez je vous laisse, les mioches. Pas de bêtise, hein?
Stereo. Selby est nettement plus ample qu'Ellis et a une écriture beaucoup plus complexe. Ellis c'est un peu le reader digest pour ceux qui n'aiment pas vraiment la lecture.
davidkoresh Je trouve que ça ferait un super nom de lycée... genre le lycée Brett Easton Ellis à Meaux.
 
Moi, j'ai lu moins que zéro. ça m'a un peu fait chier, j'avoue. Le ton super détaché, les personnages super détachés qui traversent le roman ultra drogués dans une bulle d'ultra-luxe qui éclate soudainement au moment où le sordide se dévoile (la scène de prostitution, à mon sens). Son écriture si clinique et froide gagne sur ses scènes à la fois en profondeur et en densité. L'humanité glacé qui se dégage de ces scènes écrites avec la précision d'un scalpel bistourique m'interpelle dès lors un peu plus chaudement quelque part. Même si parfois, il écrit un peu au fil de la plume.
 
Dans  le genre sordide, lui préférer, le collège Hubert Selby Jr à Melun.
raspoutine. 100 balles et un mars, tu veux pas une petite pipe non plus?
 
T'as qu'à pas répondre, je me lasserai tout seul.
 
En attendant, je te fais un peu de compagnie, parce que j'ai comme l'impression que les gens sont moins intéressé par ta polémique à balles deux que moi par ton usage un peu impropre de certains adjectifs.
Stereo. Ce n'est pas que je refuse de discuter avec toi, mais pourrais-tu rester dans le sujet ou attendre gentiment que d'autres donnent leur avis sur Brett Easton Ellis plutôt que d'engager un débat sans fin.
raspoutine. bigger than life c'est aussi un trait prononcé d'un certain genre romanesque.
Stereo. "Efficace" signifie qui ne possède aucune ombre, qui se jette sur toi, ne possède pas de mystère, dont tout est dit frontalement.  
 
"Trop américain" fait référence à un certain cinéma américain où les choses sont bigger than life pour épater la galerie.
raspoutine. Moi j'ai jamais lu mais y'a un truc qui faudrait que tu m'expliques :
 

Citation :

trop efficaces et fondamentalement trop américains


 
parce que là j'ai un peu de mal.

Stereo. Je dois avouer être complétement dépassé par l'ahurissant succès de cet auteur mineur dont les textes me sont toujours apparus comme relativement grossiers, trop efficaces et fondamentalement trop américains pour pouvoir me plaire. J'ai lu "American Psycho" et je sais que nombreux sont ceux qui tiennent ce roman pour bluffant, et pertinent. Pourtant, je lui dénie dans sa vision des yuppies d'être bien-fondé. Il me semble que c'est un roman caricatural, plutôt bien troussé mais au final assez moyen, une sorte de best-seller auteuriste à mi chemin entre la littérature et le m'as-tu vu.  
Bref, si vous aimez Brett Easton Ellis, expliquez-moi pourquoi, que je puisse moi aussi accéder à la coolitude suprême qui consiste à pouvoir dire à table que Brett Easton Ellis c'est super et reprendre ensuite des poireaux.