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Aux écrivains en herbe !

 


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Aux écrivains en herbe !

n°3848
poil2plume
Les scaroles s’envolent, le céleri reste
Profil : Habitué(e)
Posté le 12-03-2011 à 10:52:26  profilanswer
 

Vous qui venez ici déposer vos questions sur l'écriture, la publication d'un roman ou des encouragements, vous qui êtes si jeunes et malléables, qui croyez sans doute qu'écrire c'est comme apprendre les maths ou une langue étrangère, laissez tomber vos illusions. Pire, n'écrivez jamais, ne commencez jamais. Si j'avais eu un enfant, je lui aurais vivement déconseillé de s'engager dans cette voie.
Vous pensez naïvement que tous vos soucis s'envoleront quand vous aurez trouvé un éditeur, erreur ! Gravissime erreur ! Le cauchemar ne fait que commencer quand un éditeur daigne publier vos écrits. Chiffres de ventes, articles dans la presse, vos prestations dans les salons de livres, votre image, tout sera remis en question. L'éditeur ou éditrice (la profession s'est féminisée) doit avancer les frais pour l'impression de votre livre, la réservation de l'hôtel pour les salons, la maquette du livre - je parle évidemment du compte d'éditeur, le reste relève de la prestation de services. Tout cela coûte fort cher. C'est simple : sur un tirage moyen (2000 ex.), l'éditeur s'en sort tout juste en vendant la moitié du stock.
Si votre premier roman n'a pas marché, vous n'aurez aucune chance d'en publier un deuxième chez le même éditeur. Vous devrez donc en trouver un autre, dur, dur. Si vous êtes déjà mordus par la chose, vous allez vous rendre malades car vous verrez que personne ou presque ne s'intéresse à vos écrits, forcément magnifiques, n'est-ce pas ?
Quand vous êtes déjà dans le "sérail", c'est encore pire : vos éditeurs vous harcèlent, ils vous poussent à écrire de plus en plus vite, car il y a une demande. Si vous avez un job régulier, cela devient infernal.
Si comme moi, vous choisissez de vivre de votre plume, le summum de l'horreur est atteint. Vous n'avez pas de caisse de retraite, pas de contrat de travail, vous travaillez sans filet, à la commande. Certains jours, vous vous direz que votre vie est géniale, d'autres, vous vous maudirez d'avoir choisi cette vocation.
Vous devez avoir des nerfs d'acier pour supporter les critiques - elles ne seront pas toujours rose bonbon, les journalistes stupides qui recopient la quatrième de couverture de votre chef-d'oeuvre, les futurs lecteurs méprisants qui viennent vous voir pour vous parler de Gavalda teeeellement mieux que vous ! Si par malheur vous avez fondé une famille, ce sera encore pire : votre conjoint vous reprochera de ne jamais participer à la vie du couple, vos enfants vous reprocheront de ne pas avoir été présent quand ils étaient petits. Tout ça pour ça ?
Réfléchissez bien avant de vous lancer. Ecrire, c'est magnifique, c'est la vocation d'une vie, mais comme toute vocation, elle nécessite de la patience, du talent et des sacrifices. C'est une drogue dure, comme le fait de monter sur scène ou de danser. Une fois que l'on a chopé le virus, c'est foutu. Vous ne pouvez plus rien faire d'autre. Vous acceptez des ouvrages de commande, des boulots de "nègre" littéraire, des réécritures de manuscrits ineptes, tout sauf le néant.
Honnêtement, ne le faites pas si vous êtes fragiles sur le plan psychologique. Bon courage !      

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n°3850
poil2plume
Les scaroles s’envolent, le céleri reste
Profil : Habitué(e)
Posté le 14-03-2011 à 16:55:24  profilanswer
 

Allez, j'enfonce encore le clou du réalisme sordide sur le chapitre de l'écriture et de l'édition. Imaginons que vous soyez publiés, ô jeunes écrivains pleins de promesses ! Vous êtes très fier de votre premier roman, ou BD ou tout ce que vous voudrez. Pour vous, c'est le plus beau bouquin de l'année, une nuée de journalistes va se précipiter sur vous et vous bombarder de questions, pensez vous.
Révisez votre copie. Votre premier salon du livre se déroulera à Metz ou à Gaillac ou à Paimpol, qu'importe. Juste en face de vous et de votre gentille pile de livres tout neufs, il y a des barrières de sécurité pour endiguer le flot des fans qui viennent mendier un autographe à ... Marc Lévy. Pendant trois heures, vous êtes noyés derrière des postérieurs qui écrasent vos super bouquins. Vous voyez une queue monstrueuse et pas l'ombre d'un futur lecteur pour votre magnifique roman.
Bon, la queue se résorbe, le calme est revenu dans l'allée centrale, vous espérez qu'on va ENFIN s'intéresser à VOUS. Un type s'approche, il regarde vos livres, il demande qui est l'éditeur. Vous lui proposez un catalogue de la maison d'édition, le type est d'accord. Pendant que vous avez le dos tourné pour chercher le papier, le type en profite pour se curer le nez et vous coller une crotte sur la couv. de l'un de vos chers bébés. Le temps que vous ayez réalisé, l'individu a disparu.
Sinon, vous aurez droit au sourire condescendant du gros con qui vous toise, vous et vos merveilles en lançant un sonore : "Ca, c'est de la merde !" Après quoi, une gentille mamie vous raconte sa vie en long, en large et en travers. Arrive le dimanche soir et le dernier train pour rentrer chez vous. Vous êtes claqués, vous n'en pouvez plus. Lundi matin, votre éditeur chéri vous appelle : combien de ventes ? Vous avez honte, vous êtes en-dessous de tout et vous bredouillez : zéro.
Après ça, courage les petits, écrivez, réécrivez, tuez-vous à la tâche. Anna Gavalda a écumé dix éditeurs avant de tomber sur la perle rare...

n°3852
erlena
Profil : Novice
Posté le 17-03-2011 à 14:50:13  profilanswer
 


http://images.flu.fr/private/photo/4137463413/private-category/fillepleurs-1448120e5a.gif
 
c est encourageant tous ça .comme disait une de mes profs de francais  "bienvenue dans la realité".et moi qui m exerce plein d entrain...http://images.flu.fr/private/photo/4137463413/private-category/triste-crise-1448125f3b.gif


Message édité par erlena le 17-03-2011 à 14:59:52
n°3853
poil2plume
Les scaroles s’envolent, le céleri reste
Profil : Habitué(e)
Posté le 17-03-2011 à 20:54:10  profilanswer
 

erlena, ta prof a raison, hélas. La réalité n'existe qu'à partir du moment où on la vit. Tu dois sans doute être très jeune, ce n'est pas un reproche, mais un constat. J'ai écrit mes premiers textes à 14 ans, et j'étais aussi naïve que la plupart des jeunes auteurs qui viennent ici chercher de l'aide. Après, on finit par voir la réalité. On l'accepte ou on change de rêve. Keep smiling !

n°3855
erlena
Profil : Novice
Posté le 18-03-2011 à 13:45:00  profilanswer
 

oui je vais avoir 20 ans.c est l avantage et le desavantage de la jeunesse...plein d illusion ,de reve .puis apres la chute ...boum!et moi qui me renseigne en plus en ce moment sur la profession d ecrivain public...

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n°3857
poil2plume
Les scaroles s’envolent, le céleri reste
Profil : Habitué(e)
Posté le 18-03-2011 à 14:40:54  profilanswer
 

Ecrivain public ? Oui, pourquoi pas. Mais ce n'est pas très drôle d'écrire pour les autres. A la longue, on s'use, on perd son élan pour créer ses propres livres. J'ai été "nègre" pour une maison d'édition et je t'assure que tu en baves. L'auteur est nul, mais il te tanne parce que tes propres écrits ne lui plaisent pas. Assez dur, quand on voit que le type ne sait pas aligner correctement trois phrases...

n°3858
erlena
Profil : Novice
Posté le 18-03-2011 à 17:14:20  profilanswer
 

oh je vois. ce qui m inquiete c est le risque de ne pas trouver de boulot ou pas assez de client .lobstacle pour moi est la distance des lieux de formation.il y a une sacré  distance entre strasbourg et toulon.

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n°3860
poil2plume
Les scaroles s’envolent, le céleri reste
Profil : Habitué(e)
Posté le 18-03-2011 à 19:52:42  profilanswer
 

Où est le problème ? A ton âge, j'ai vécu un an à Londres, c'était formidable ! Evite de t'encombrer d'un copain type futur mari et futur père de tes gosses. Tu perds ton temps. Ou alors, tu fais autre chose. Des tas de gens ont raté leur vie à cause de leur besoin mimétique de faire comme tout le monde. Quand on embrasse une carrière comme l'écriture, on n'est PAS tout le monde. Assume-le ou non, à toi de voir.

n°3861
erlena
Profil : Novice
Posté le 19-03-2011 à 15:42:15  profilanswer
 

merci pour le conseil   :wahoo:


Message édité par erlena le 19-03-2011 à 15:43:32

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