Citation :
Ensuite, direction la BNF pour aller rendre visite à un artiste un peu plus maudit que Hergé, Antonin Artaud, sur lequel les récents disques de John Zorn ont attiré mon attention. Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver quelques points communs entre Artaud et moi : nous sommes tous les deux marseillais, il est né un 4 septembre, je suis né un 5 ; et nous avons eu tous les deux des idées similaires sur le théâtre. (...) Mais trêve de modestie. L’exposition Artaud rassemble des autoportraits, des portraits, de ses étranges dessins surréalistes (dont les « hits » : le théâtre de la cruauté, la maladresse sexuelle de Dieu), quelques « sorts », des extraits de films (dont « la coquille et le clergyman »), des cahiers de Rodez et d’Ivry en pagaille, beaucoup de lettres, autour d’une galerie centrale qui retrace sa douloureuse vie. Naturellement, on n’a pas le temps de tout lire. Mais c’est assez pour se plonger dans l’univers étrange de cet artiste, à la fois poète, dramaturge, essayiste, dessinateur, cinéaste qui semble avoir passé sa vie à souffrir de la double postulation – et à souffrir tout court, au demeurant. Je tiens ses dessins pour l’égal des œuvres des plus grands surréalistes, Dali et Ernst notamment.
Il peut être intéressant, pour se familiariser avec le personnage, de lire le bon ouvrage qui lui est consacré dans la collection « Découvertes Gallimard » par Evelyne Grossmann. Les 26 volumes des œuvres complètes viendront plus tard. Je note avec intérêt que Paulhan s’est révélé pour Artaud un soutien de tous les instants, et que ce dernier a eu une liaison platonique avec Colette Thomas, la femme d’Henri, si je ne m’abuse.
Ah, Henri Thomas ! Encore un auteur qui mériterait d’être plus lu. Mais je digresse. Artaud pour 7 euros, en somme, cela vaut le coup. Ouvert même le dimanche.
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