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LA REPONSE :hello: :hello: EQUIPE DE FRANCE | Un regard sans concessions sur les «Bleus» Guy Roux: «On joue avec les restes»
Guy Roux, l'entraîneur retraité devenu consultant, voit un avenir sombre pour l'équipe de France. Et l'ancien technicien de l'AJ Auxerre n'en fait pas partie.
Par Philippe Dubath Guy Roux est connu partout. Dans les stades d'Allemagne, où il est consultant pour Canal + et Europe 1, on le voit être accosté par des Ukrainiens, des Moldaves, des Russes, des Indiens, qui tous viennent avec déférence lui demander son avis, lui poser trois questions. Et à chaque fois, l'ancien entraîneur de l'AJ Auxerre, 68 ans, répond tranquillement, avec le sourire, prenant le temps qu'il faut. Certains journalistes demandent même à être pris en photo avec lui. Et le sourire de Guy Roux se fait plus radieux, l'œil tout vif, quand c'est toute une bande de jeunes filles qui arrivent pour être immortalisées en sa compagnie. Hier, il était en train de regarder Suisse - Togo à la télévision quand à notre tour nous l'avons questionné. De la Suisse, il dit: «Elle est plus dynamique que la France, je vois des gars comme Magnin, comme Barnetta, c'est bon, c'est vivant. La Suisse fait son football, son match. Et elle a un public, un peuple derrière elle.» Mais la France, alors? Comment perçoit-il cette équipe qui devra gagner avec deux buts d'écart - ce qu'a fait la Suisse hier - contre le Togo? «C'est la fin d'une génération. On joue avec les restes. Mais si les restes n'étaient pas revenus, on ne se serait pas qualifiés, on ne serait même pas en Allemagne. Pour le sélectionneur qui arrivera, après l'actuel, ce sera dur, il n'y a pas beaucoup de relève.»
Justement, Guy Roux ne pourrait-il pas être le sauveur, l'homme capable de redonner du panache à la France? «Non, ce n'est plus de mon âge, même si j'ai toujours dit que sélectionneur de l'équipe de France, c'est un métier de retraité. J'ai fini d'être entraîneur, je fais des publicités qui m'amusent, je suis consultant professionnel, j'honore mes rendez-vous, je fais mon boulot avec cœur et conscience. Ici, en Allemagne, je n'arrête pas de voyager. Tenez, j'ai dû m'acheter trois chemises aux soldes car je n'ai pas le temps de faire laver mes affaires. Ça me plaît, c'est ma vie d'aujourd'hui».
On insiste: non, pas d'équipe de France? «Il y a d'autres gens, des Luis Fernandez, Didier Deschamps, ou d'autres. Non, moi, je n'aurais plus l'énergie. Ma carrière, je l'ai bâtie sur ma force morale, j'en aurais moins aujourd'hui. Mais entraîner me manque. Au début, c'est comme un chagrin énorme. Puis avec le temps ça s'adoucit. Il y a mon travail. C'est moins stressant. Regardez, aujourd'hui, je suis à l'hôtel, et je n'ai pas 15 chambres de joueurs à surveiller en me demandant quelle ânerie ils vont inventer.» On en revient à la France, à Zidane: «C'est un peu la fin. Il ne joue plus très bien. Il y a un moment que ça dure. Il y a quelques mois déjà qu'il ne fait plus gagner son équipe. C'est l'horloge du temps, c'est comme ça. J'espère quand même que la France passera en huitièmes de finale. Mais rien n'est sûr.»
Et Guy Roux reparle du poste de sélectionneur: «Vous savez, moi, je ne peux pas être un candidat potentiel, je ne fais pas partie des instances, je ne suis pas un officiel, je n'ai même pas l'entrée gratuite dans les stades en France. Non, non, pas moi. Je préfère mon travail. D'ailleurs, puisque je travaille, je ne touche pas de retraite, et c'est moi qui paie pour les autres anciens qui eux ont arrêté. Ça, ça me plaît!» Puis l'entraîneur reprend le dessus: «Vous avez vu les Africains, c'est honteux, les Ivoiriens l'autre jour, les Togolais aujourd'hui (n.d.l.r.: faute de Patrick Müller), ils n'ont pas droit aux même penalties que les autres!» Lucide, toujours lucide. Ph. D.
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