Après l’écrasante victoire de son homologue russe lors des dernières élections législatives, notre cher président s’est empressé de félicité ce dernier alors que ces élections sont entachées de soupçons de fraudes massives, ou encore qualifiées de ni libres, ni équitables, ni démocratiques par l’Allemagne. Pour Poutine cette victoire renforce la légitimité de ses actions...
Rappelons nous aussi par la même occasion la remise de la Légion d’Honneur le 22 septembre 2006, à ce même Poutine par notre ancien président à l’occasion d’une visite en France... Reporters sans Frontières réagissait : " Les questions du démantèlement des libertés publiques en Russie, du musellement de la presse, ou de la politique de terreur et d’information zéro qui prévaut en Tchétchénie n’ont fait l’objet d’aucune déclaration publique à l’issue de cette visite. Le choix des autorités françaises de décerner la Légion d’Honneur à Vladimir Poutine apporte une quotion choquante à sa politique". En ajoutant : "Qu’un prédateur de la liberté de la presse soit élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur, est une insulte faite à tous ceux qui, en Russie, luttent pour la défense de la liberté de la presse, la liberté d’être informé et pour l’existence d’une démocratie effective dans ce pays". http://www.rsf.org/article.php3?id_article=18985
Le 7 octobre 2006, soit seulement 2 semaines plus tard, Anna Politkovskaïa, principale journaliste anti-Poutine, connue pour ses dénonciations sur les crimes commis en Tchétchénie, la corruption du pouvoir et les mensonges du régime, était assassinée. http://www.liberation.fr/actualite/monde/209255.FR.php
Une pétition demandant la création d’une commission d’enquête internationale pour établir la vérité sur l’assassinat d’Anna Politkovskaïa circule sur le site de RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=19162
Et pour couronner le tout, Mr Sarkozy reçoit depuis le lundi 10 décembre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, en déroulant le tapis rouge pour ce dernier. "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort" déclarait alors Rama Yade... La secrétaire d’Etat française aux Droits de l’homme étant sommée quelques instants plus tard par son président de rentrer dans les rangs. Lionel Lucas, député UMP des Alpes Maritimes, et membre de la commission d’enquête sur les infirmières bulgares réagissait sur France Culture sur la venue du Guide à l’Assemblée : "C’est désespérant d’être contraint de recevoir les dictatures du monde entier uniquement pour des contrats d’affaire et quand bien même cela promettrait d’évoluer, en tout cas ce n’est pas leur place à l’Assemblée Nationale. Et je peux comprendre des relations d’états à états mais en tout cas je ne peux pas le supporter à l’assemblée nationale qui est quand même l’héritiare de la délaration des Droits de l’Homme et du citoyen. A ce rythme là, dans 25 ans on pourra recevoir aussi Ben Laden. Kadhafi il y a 25 ans, c’était Ben Laden. C’était l’ennemi public. Mais aujourd’hui, il est devenu fréquentable...." Notre cher président réagissait à tout ça en déclarant que 10 milliards d’euros de contrats avaient été signés avec la Lybie.
Mais où va-t’on ???