L’histoire pourrait ressembler à celle de stars d’Hollywood. Les journaux à potins devineraient la rupture tandis que sous les flashes des paparazzis, on tenterait de garder bonne figure. La lune de miel du couple Merkel-Sarkozy, si tant est qu’elle n’ait jamais eu lieu, est en tous les cas bel et bien terminée.
Lors de la rencontre au sommet de Meseberg, lundi, le président et la chancelière se sont prêtés au jeu des photographes : bises attendries, regards langoureux et, même quelques pas sous un parapluie, bras dessus, bras dessous. Le Berliner Morgenpost titrait ce matin sur le « flirt franco-allemand ».
Mais voilà qu’un journal rhénan, le Rheinische Post, s’inquiète de tensions sans précédent entre les représentants des deux pays. Le quotidien régional s’en remet aux informations de représentants de l’UMP selon lesquelles Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances, serait persona non grata à Paris. La pomme de discorde : l’indiscipline française en matière budgétaire. Le ton impertinent de Steinbrück à ce sujet lors d’un conseil européen aurait profondément agacé le président Sarkozy. Ce dernier tiendrait encore rigueur à Angela Merkel de n’avoir pas tancé son ministre.
Derrière les fiertés de diplomates vexés, l’agacement est bien plus profond, depuis des mois, entre Paris et Berlin. Les Allemands s’irritent de voir Nicolas Sarkozy leur voler la vedette dans nombre de dossiers : les affaires européennes, l’épisode des infirmières libyennes, les initiatives pour la transparence des marchés financiers, l’énergie, etc… L’activisme médiatisé du voisin n’est pas bien vu dans un pays ou le « style Merkel » a revalorisé le pragmatisme discret en politique.
Quand les médias comme le Rheinische Post ne se laissent pas berner par l’angélisme des discours livrés lors des rencontres officielles, on ne peut qu’applaudir.
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