LE PARTICULARISME DU MOIS D'AOÛT
Pour RESF, le mois d'août est une période propice à la multiplication des contrôles. Le réseau, qui tient un compte journalier des sans-papiers poursuivis, relève qu'à Paris, au moins six parents d'enfants scolarisés ont été placés en rétention mardi.
Dans un communiqué, RESF s'inquiète également du fait que la police s'en prenne à des parents. "Jusqu'ici, les parents d'enfants scolarisés qui passaient au tribunal administratif voyaient le plus souvent leur arrêté préfectoral de reconduite à la frontière cassé par le juge au titre du respect de leur vie personnelle installée en France. Beaucoup de parents étaient libérés du commissariat avant la fin de leur garde à vue", précise le texte.
En marge d'une réunion avec le ministre de l'intérieur italien, Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement a contesté l'augmentation des interpellations, assurant "qu'il n'y a pas de particularisme du mois d'août".
Chute d'un enfant sans papiers
Un enfant russe de 12 ans de parents sans papiers a été hospitalisé dans un état grave après une chute accidentelle du quatrième étage d'un immeuble à Amiens, jeudi 9 août. Il voulait fuir avec son père la police qui s'apprêtait à les interpeller. L'enfant est dans le coma, et son pronostic vital "est engagé", selon le procureur d'Amiens, Patrick Beau.
Selon M. Beau, le garçon a tenté de descendre derrière son père le long des balcons de l'immeuble pour échapper à la police venue demander à la famille de répondre à une "convocation pour audition". Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), car pour le procureur, "les conditions de l'accident restaient incertaines".
Cet accident survient alors que le Réseau éducation sans frontières dit observer une accélération des interpellations de sans-papiers. A l'initiative du réseau associatif qui regroupe cent quatre-vingt-cinq organisations, une centaine de personnes ont manifesté sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris, aux cris de "Arrêts des rafles, arrêt des expulsions".
Des arrestations massives et aveugles.
Sur les 86 sans-papiers retenus après leur arrestation le 1er août, 66 ont été remis en liberté depuis vendredi par des juges des libertés et de la détention (JLD), qui ont refusé la prolongation de leur rétention demandée par la préfecture.
Selon l'avocate de plusieurs d'entre eux, Me Isabelle Corrales, les procédures d'interpellation, de placement en garde à vue ou en rétention, "bâclées", présentaient des "irrégularités flagrantes".
"C'était ni fait, ni à faire", a expliqué le conseil, en évoquant par exemple le défaut de signature de l'intéressé sur des documents, "l'absence de pièces administrativesessentielles" au dossier ou d'interprète lors des procédures.
Mme Blandin, qui a visité samedi le centre de rétention de Lesquin (Nord), a souligné qu'elle y avait "rencontré des gens complètement traumatisés par la violence de leur arrestation, violences physiques (...) mais surtout psychologiques", les interpellés ayant par exemple été traités, selon elle, de "bougnoules" par les policiers.
Alors que les sans-papiers poursuivaient leur grève de la faim, les pompiers ont indiqué lundi avoir dû transporter, comme la veille, une vingtaine de personnes vers des hôpitaux. Une situation qui engendre parfois tension ou lassitude, les pompiers évoquant des "manoeuvres répétitives" et le Samu reconnaissant des difficultés...
http://www.lemonde.fr/
Message édité par moggy le 14-08-2007 à 20:55:50
---------------
Abuser les aveugles pour faire régner les borgnes...
www.gravitezero.ift.fr