Fait pas bon vieillir...
Jacques Chirac rectifie certains propos sur le nucléaire iranien
01/02/2007 - 11h46
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a déclaré dans un entretien à la presse que la possession par l'Iran d'une ou deux bombes nucléaires ne serait pas très "dangereuse", avant de rectifier ses propos, rapportent jeudi des journaux.
Le chef de l'Etat français a fait ses déclarations lors d'une interview accordée lundi au Nouvel Observateur, au New York Times et à l'International Herald Tribune avant de reconvoquer mardi les journalistes pour corriger ses dires.
Selon l'International Herald Tribune daté de jeudi, Jacques Chirac a commencé lundi par décrire comme "très dangereux" le refus de l'Iran de cesser de produire de l'uranium enrichi, qui peut être utilisé à des fins civiles comme militaires, avant d'évoquer l'hypothèse d'un Iran possédant la bombe atomique.
Ce n'est pas tant le fait de détenir "une bombe nucléaire" qui serait "dangereux", a-t-il poursuivi selon l'Observateur et le Herald Tribune - "Une, peut-être une deuxième un peu plus tard, (...) qui ne lui servira à rien".
"Où l'Iran enverrait-elle cette bombe ? Sur Israël ? Elle n'aura pas fait 200 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasé", a-t-il alors lancé.
Dans un premier temps, explique le Herald Tribune, il n'a pas été possible de déterminer si les propos de Jacques Chirac reflétaient sa pensée profonde ou s'ils l'avaient dépassée.
Toujours est-il que le président "a jugé nécessaire de revenir sur ses propos", écrit Le Nouvel Observateur.
Il a d'abord dit aux journalistes qu'il était persuadé avoir parlé "off the record", c'est-à-dire que ses déclarations ne seraient pas publiées, indique le Herald Tribune, avant de concéder avoir utilisé "un raccourci extrêmement schématique", selon Le Nouvel Observateur.
"Plus encore, a-t-il ajouté d'après l'hebdomadaire, c'est une formule que je retire."
"AU DETOUR D'AUTRE CHOSE"
"C'est moi qui avais tort et je ne veux pas le contester. J'aurais dû faire davantage attention à ce que je disais et comprendre que, peut-être, j'étais 'on the record'", a déclaré Jacques Chirac, selon les propos diffusés en anglais par l'International Herald Tribune et traduits par Reuters.
Le président français a en revanche maintenu que "si l'Iran possédait une bombe nucléaire et si elle était lancée, elle serait immédiatement détruite avant de quitter le ciel iranien", rapporte Le Nouvel Observateur.
"Et il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition", a ajouté le chef de l'Etat.
"Ce qui est très dangereux, a-t-il insisté, c'est la prolifération."
L'Elysée a apporté jeudi des précisions sur les circonstances de l'entretien, indiquant que l'interview devait porter sur l'environnement, en prévision de la Conférence mondiale sur l'environnement, à Paris.
"A l'occasion de cette interview, le président a eu une question sur l'Iran à laquelle il a répondu par courtoisie, bien que ce ne soit pas le thème de l'entretien", a-t-on déclaré.
"Compte tenu de ce que les journalistes présents voulaient faire quelque chose de considérable, le président a souhaité revoir les journalistes de façon plus longue sur l'Iran explicitement, car c'est une question qui suppose un traitement approfondi", a-t-on expliqué. "Ce n'est pas une question que l'on traite au détour d'autre chose".
"Le président a réaffirmé la position constante de la France sur l'Iran : elle demande à l'Iran de respecter ses engagements dans le nucléaire au titre du Traité de non-prolifération (TNP) tout en réaffirmant son droit au nucléaire civil", a-t-on souligné.
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