Citation :
Pas d’effet Sarkozy chez les patrons de PME incultes…
Après les ménages, la déprime gagne les entreprises.
Pas pour les mêmes raisons…
Pour les premiers, la cause du désenchantement est la parfaite connaissance de ce qui les attend, avec les modifications annoncées des contrats de travail, entraînant une précarisation élargie de l’emploi. Les mesures annoncées et mises en place, comme les heures supplémentaires défiscalisées sont loin de calmer leurs inquiétudes car tous les salariés savent que les heures supplémentaires sont à la discrétion du patron et, pour en avoir, il faut que les carnets de commande soient pleins. Ce qui est loin d’être le cas. Bref, le salarié attaqué sur sa sécurité de l’emploi, sa sécurité sociale, sa durée de travail, son pouvoir d’achat, la destruction des services publics, n’a pas le moral et préfère économiser que consommer. Cela se comprend aisément.
Pour les patrons, la baisse de moral a d’autres sources. Elle tient à l’attente déçue d’une relance économique attendue comme la solution à tous les problèmes. Elle prend également sa source dans un sentiment grandissant de solitude face aux soucis financiers, aux difficultés de s’imposer sur un marché, au manque de lisibilité de leur avenir. Pourtant nombre de mécanismes d’assistance aux chefs d’entreprise existent. Encore faudrait-il que ceux-ci s’y intéressent afin de dépasser la méconnaissance des aides et mécanismes d’accompagnements qui leurs sont dédiés.
A l’occasion d’un billet sur la piètre performance française en terme d’exportation, nous avions pointé du doigt les insuffisances structurelles françaises, où les TPE (Très Petites entreprises) sont trop nombreuses et peu performantes.
Jean Louis Besnard avait, avec talent, expliqué que l’augmentation du SMIC, le fameux “coup de pouce” que Sarkozy a refusé cette année, avait une influence directe sur le développement des entreprise et que la déflation du coût du travail favorisait les sociétés les moins performantes au détriment de celle qui recherchaient des gains de productivité, des produits innovants où de nouveaux débouchés.
Une nouvelle étude TNS-SOFRES ne fait que confirmer ce que l’on savait : nombre de petites d’entreprises sont gérées par des personnes ignorantes des règles du marché communautaire, des aides possibles et des accompagnements. Bref, beaucoup de petits patrons qui réclament de la souplesse dans la gestion humaine, moins de charge, moins de contrôles de l’Etat, mais plus d’aides, sont souvent des incompétents !
Le moral des patrons de PME est en berne
C’est la conclusion du Monde à l’étude TNS-SOFRES auprès des patrons de PME et TPE. On y trouve quelques chiffres intéressants, et cela montre qu’il existe au moins un problème culturel chez les dirigeants de PME/TPE, qui n’est pas lié aux salariés.
L’étude est disponible au format .PDF chez tns-Sofres. Son analyse est elle aussi disponible au format texte.
Voici ce que le Monde nous explique dans sa newsletter du midi :
Les dirigeants de PME en France ont le moral en berne et sont pessimistes vis-à-vis de la situation économique à venir, après avoir connu une baisse de leur activité en septembre pour certains, souligne l’enquête mensuelle BNP Paribas Lease Group-AFP. Le baromètre BPLG-AFP de vitalité des PME-PMI a chuté de 19 points en septembre à 34 points, son niveau le plus bas depuis février 2007, où il était à 37 points.
Il n’y a donc pas d’effet Sarkozy remarquable, ou plutôt si, il y en a eu un: Un feu de paille en juillet vite lessivé par les pluies d’août.
Les dirigeants de PME et de TPE ont du espérer un choc, des mesures capables de relancer la machine comme l’avait promis l’UMP pendant la campagne. Rien n’est venu, d’ailleurs cela aurait été étonnant vu le délai. Mais ce qui est sûr c’est que le choc de confiance ne s’est ni produit chez les consommateurs dont le moral est en berne lui aussi, ni chez les dirigeants de PME et de TPE.
Une fois ceci admis, il faut reconnaître que cette étude contient des informations utiles, que personne dans les syndicats patronaux ne commentera.
Elles sont assez lourdes de sens, je vous préviens.
L’existence de financement communautaires accessibles aux PME est un peu mieux connu : un dirigeant de PME sur deux a entendu parler (dont 26% voient ce dont il s’agit, et 26% en ont entendu parler sans voir très bien ce dont il s’agit), de même que 31% des dirigeants de TPE. Les autres mesures prises par l’Union européenne sont connues au mieux un dirigeant sur quatre, et encore de façon floue :
- 28% des dirigeants savent qu’une Charte européenne des Petites entreprises a été adoptée (mais seuls 7% voient ce dont il s’agit)
- 26% savent qu’un représentant de l’Union européenne pour les PME a été nommé (dont 8% voient ce dont il s’agit)
- 22% ont entendu parler de l’application du principe « Penser aux PME d’abord » selon lequel toutes les nouvelles propositions législatives sont soumises à un examen de leur impact potentiel sur les PME
- Et enfin, seuls 11% des dirigeants connaissent – mais surtout de façon vague – le réseau SOLVIT, qui peut apporter son aide à une entreprise qui estime que la législation européenne n’est pas appliqué correctement.
Les dirigeants de PME et de TPE sont donc ignorants des mesures de soutien aux PME existant au niveau européen.
Ce taux d’ignorance est compris entre 60 et 90% suivant la nature de ces mesures: Financement, soutien en cas de problème lié à l’application de la réglementation européenne. Ils sont donc incultes dans leur domaine.
On se demande ce que font les syndicats de dirigeants de PME et de TPE: ils ne doivent pas savoir communiquer avec leurs membres. Il est aussi possible de penser que ces dirigeants de PME et de TPE soient moins informés du fait de leur non usage des NTIC (Nouvelles Technologie de l’Information et de la Communication), de l’accès à Internet dû a un retard d’appropriation des ces technologies.
A moins que ce ne soit un problème de compétences générales ou de culture.
Il est clair qu’il faut donc faire un effort vers les PME, c’est ce que proposait Ségolène Royal pendant la campagne, et ce que soutiennent des économistes de la nouvelle école (non psycho-rigides). Cela ne nécessite pas de casser le code du travail, mais de donner du tonus aux neurones.
Voilà donc quelques chiffres qui permettent d’illustrer les débats. On voit clairement que le problème n’est pas forcément lié aux salariés, mais peut se trouver dans l’organisation des entreprises, la culture de celles-ci et la formation des dirigeants. Etonnant non ?
Alain Renaldini et Rva pour Sarkintox
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