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Le Monde soutient Royal

 


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Le Monde soutient Royal

n°20807
Faf.
Pas facho
Profil : Idole
faf5
Posté le 03-05-2007 à 12:28:52  profilanswer
 

Je suis surpris de lire cela aujourd'hui sous la plume de Jean-Marie Colombani :  
 
"Ségolène Royal a esquissé un "désir" de changement, tracé une perspective. Sa défaite, surtout si elle était lourde, plongerait inévitablement le PS dans les règlements de comptes, le retour en force de tous les archaïsmes et de toutes les utopies négatives. Sa victoire lui donnerait l'autorité pour engager ce travail de réinvention indispensable. C'est un pari. Pour le pays, il mérite d'être tenté."

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n°20818
Faf.
Pas facho
Profil : Idole
faf5
Posté le 03-05-2007 à 12:49:27  profilanswer
 

J'ajoute cette analyse intéressante du débat :  
 
"Mme Royal est parvenue à bousculer M. Sarkozy
LE MONDE | 03.05.07 | 12h35  •  Mis à jour le 03.05.07 | 12h35
 
Elle est "heureuse", il est "concentré". On perçoit bien quelques légers raclements de gorge, mais ce qui frappe, c'est l'aisance, l'évidence, avec laquelle tous deux abordent ce débat télévisé, mercredi 2mai. "Quel président ou présidente serez-vous?", leur demande Arlette Chabot. Nicolas Sarkozy a été désigné par le tirage au sort pour être le premier à s'exprimer. Phrases courtes, ton assuré, réponses précises, presque disciplinées. Il veut être, dit-il, un président qui "prend ses responsabilités" dans une "République irréprochable".
 
 
Ségolène Royal jette quelques regards sur les fiches posées devant elle. Des chiffres pleuvent. Nombre de chômeurs, déficit de la Sécurité sociale, niveau moyen des retraites, statistiques des agressions, pourcentage d'augmentations des violences à l'école "depuis les cinq dernières années". Et aussitôt, les yeux plongés dans ceux de son adversaire, une question directe : "M.Sarkozy, estimez-vous que vous avez une part de responsabilité dans la situation dans laquelle se trouve la France aujourd'hui?"
 
On y est. Trois minutes à peine après l'ouverture du débat, le ton de la confrontation est donné. A Mme Royal, la bataille de la compétence, et la vivacité combative sur le "bilan", quitte à prendre des libertés avec les thèmes que tentent d'imposer les deux journalistes au profit de ceux qu'elle a choisis. A M. Sarkozy, la sérénité affichée du favori qu'il espère asphyxiante pour Mme Royal. "Vous avez parfaitement raison", "je ne veux pas polémiquer", répète-t-il. Elle se dégage de ses rets, vient le chercher sur son terrain favori – "Il y a deux jours, une femme policière s'est fait violer tout près de son commissariat" –, l'interrompt, jongle avec les sujets, nombre de fonctionnaires, avenir de l'hôpital public, décentralisation, réforme de l'Etat, lutte contre la pédophilie, réduction de la dette et ode aux petites et moyennes entreprises, au risque de la confusion.
 
"Mme Royal ne m'en voudra pas, mais comme elle a évoqué tous les sujets en même temps… On ne va pas pouvoir approfondir…", observe avec un sourire satisfait M. Sarkozy, qui place ainsi son premier message sur le "flou" prêté au programme de la candidate socialiste. Réplique immédiate et ferme de MmeRoyal. "Laissez-moi la responsabilité de mes prises de parole, si vous le voulez bien." "La précision n'est pas inutile dans le débat public…", glisse M. Sarkozy, qui semble prendre l'avantage sur sa rivale.
 
Cet avantage, il espère bien le conforter sur la question des 35 heures, en dénonçant la "stricte logique socialiste du partage du temps de travail". "Si vous pensez que les 35 heures ont fait autant de dégâts, pourquoi ne les avez-vous pas supprimées pendant ces cinq ans?", rétorque MmeRoyal. "Je serai la présidente de ce qui marche, sans œillères", lance-t-elle en conclusion de cette première partie du débat. "Je veux être le président qui fasse que ce qui ne marche pas, marche", lui répond le candidat de l'UMP.
 
Le thème des "sécurités" en matière de santé, logement et retraite offre à M. Sarkozy une occasion de querelle sur la précision. "Je veux revaloriser les petites retraites tout de suite", annonce MmeRoyal. "Vous les payez comment? – Par une taxe sur les revenus boursiers. – De combien? – Les partenaires sociaux décideront. Je vous donne déjà les principes. – C'est d'une précision bouleversante!", observe-t-il, avant de se rappeler à son devoir de candidat apaisé. "Les retraites, c'est un sujet qui devrait faire consensus entre la gauche et la droite…" MmeRoyal décline et annonce sa volonté de "remettre à plat les lois Fillon". "Vous voulez tout démolir?", insiste-t-il. "Remettre à plat, ce n'est pas démolir, vous êtes très brutal", dit-elle. Il devient mordant. "Sur l'idée de François Hollande de créer une CSG supplémentaire… – Vous ferez un débat avec François Hollande quand vous le souhaiterez. – Cela ne vous engage pas? – Non. – Très bien, il sera content de l'apprendre."
 
La politique fiscale s'invite à son tour dans le débat. Mme Royal évoque cette "riche héritière qui, grâce à vous et au bouclier fiscal, va toucher un chèque de 7 millions d'euros". M. Sarkozy ne "connaît pas cette dame", mais se souvient une nouvelle fois de M. Hollande "qui a dit qu'il n'aimait pas les riches". "Il ne doit pas s'aimer lui-même…", souffle-t-il. Elle ne relève pas. Sur l'environnement et le nucléaire, elle reprend l'offensive, très sûre d'elle et cherche son regard, qu'il préfère réserver aux journalistes. "Vous venez de faire une série d'erreurs, il faudra que vous révisiez un peu votre sujet !", ironise-t-elle à propos des réponses de M.Sarkozy sur l'EPR.
 
Mais c'est l'éducation et la politique familiale qui offrent à la candidate socialiste la plus belle occasion de s'imposer face à son contradicteur. Il vient d'évoquer le "droit opposable" à la garde d'enfant. Mme Royal retient un fou rire. "Les femmes vont aller devant le tribunal pour demander une place en crèche? Mais soyez sérieux! C'est cela la société que vous proposez ?", s'exclame-t-elle.
 
M. Sarkozy se tasse sur son fauteuil, sonné. "Ce n'est pas gentil de dire des choses comme cela", dit-il. Il cherche une porte de sortie en évoquant la question des "enfants handicapés dans les écoles", mais c'est une colère qui s'engouffre. "Là, on atteint le summum de l'immoralité politique. C'est moi qui ai créé le plan Handiscol et c'est votre gouvernement qui l'a supprimé!", s'enflamme Mme Royal. "Calmez-vous ! – Non, je ne me calmerai pas. Il y a des colères saines!" Le candidat de l'UMP croit tenir la faille. Il lui reproche de "perdre ses nerfs" et ajoute : "Pour être président de la République, il faut être calme." Patrick Poivre d'Arvor propose une diversion. "Peut-être pourrait-on passer au sujet de l'Europe…" Il se fait souffleter par la candidate. "Vous permettez. Moi aussi, j'ai l'intention de me faire respecter!" Le débat se poursuit, de plus en plus vif. "Il faut garder ses nerfs et utiliser des mots qui ne blessent pas", répète M. Sarkozy. Elle le fixe, railleuse, presque canaille : "Vous êtes blessé?" "Non", répond-il. "Donc tout va très bien!", lance-t-elle.
 
Il est déjà 23h10, l'Europe, le Darfour et l'Iran apaisent un peu le débat. Mme Royal parvient toutefois à instiller les mots "brutal" et "dangereux" à propos de M. Sarkozy sur la question des sans-papiers. Elle n'entend pas les rappels des journalistes sur l'horaire déjà largement avancé et le dépassement de son temps de parole, dont M. Sarkozy lui fait "bien volontiers" cadeau pour se hâter vers sa conclusion. Ses mots sont prêts, polis comme des galets. Il rend hommage "au talent et à la compétence" de celle qu'il présente "davantage comme une concurrente que comme une adversaire". Elle esquive l'hommage réciproque. "Le débat politique, c'est d'abord un débat d'idées", relève-t-elle.
 
Nicolas Sarkozy se tourne vers la caméra pour s'adresser "aux Français" : "Je ne les décevrai pas, je ne les trahirai pas, je ne leur mentirai pas", conclut-il. Même regard caméra pour Ségolène Royal qui évoque Angela Merkel et invite les électeurs "à faire le choix de l'audace et de l'avenir" pour construire "une France présidente". Le compteur affiche 74 minutes et 20 secondes de temps de parole pour MmeRoyal, 72 minutes pour M. Sarkozy. Ce compteur-là ne les intéresse plus."


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