encore un petite info de dernière minute...
ARIS (Reuters) - A nouveau courtisé par les principaux candidats à l'élection présidentielle, Nicolas Hulot met les points sur les i.
Il affirme dans une tribune publiée par Le Monde qu'aucun d'entre eux n'a pris conscience de l'urgence écologique.
"La gravité de la crise écologique n'a pas percuté le logiciel des principaux candidats", écrit l'auteur du "Pacte écologique", signé le 31 janvier par la majeure partie des candidats à l'Elysée.
"Le défi, c'est bien de parvenir à un approfondissement du progrès humain tout en inversant la tendance au plus de production et de consommation. A ce jour, aucun des principaux candidats n'a vraiment souhaité le relever", estime l'animateur de télévision, qui a renoncé à la course à l'Elysée fin janvier.
Dans un entretien à Politis, il explique qu'il ne regrette pas de ne pas avoir fait acte de candidature. "Quel bénéfice la cause écologique aurait tiré que je passe une parole universaliste à une posture partisane", s'interroge-t-il.
La Fondation Nicolas Hulot et l'Alliance pour la planète, qui regroupe 80 associations, organisent dimanche 1er avril une conférence au Zénith, à Paris, "pour que le pacte écologique ne soit pas un poisson d'avril" - un rassemblement destiné à "envoyer un signal fort aux candidats".
Dans la foulée, les organisations de défense de l'environnement appellent à une manifestation sur la place du Trocadéro pour récolter de nouvelles signatures du "Pacte écologique".
UN PACTE LÉGISLATIF
Après avoir adressé une mise en garde aux candidats la semaine dernière, Nicolas Hulot s'est lancé dans une nouvelle série de consultations. Il a rencontré lundi Dominique Voynet, mardi Ségolène Royal et mercredi François Bayrou. Il doit également s'entretenir avec José Bové cette semaine.
"Notre objectif n'est pas de mettre en scène une quelconque distribution de médailles entre les candidat(e)s", explique-t-il dans les colonnes du Monde.
"Passeurs de la conscience écologique, notre analyse indépendante a pour seule vocation de permettre au citoyen d'en tirer les conséquences politiques".
Les engagements des principaux candidats "sont une bonne chose" mais "ne constituent pas pour autant le changement de cap auquel nos sociétés sont conviées", déplore-t-il à moins d'un mois du premier tour du scrutin présidentiel.
"La priorité écologique (...) semble désormais rangée au rang des accessoires ou, du moins, jamais envisagée comme le préalable indispensable hors duquel aucun projet de société ne tiendra la route du futur", s'attriste Nicolas Hulot, qui fait une exception pour Dominique Voynet. "Mais elle a peu de chance d'être élue présidente de la République", dit-il.
Sur le modèle du "Pacte écologique", Nicolas Hulot et l'Alliance pour la planète préparent un pacte législatif qu'ils soumettront aux candidats aux élections législatives. Les signataires feront partie d'un futur groupe parlementaire de réflexion "synergie écologique" qui pourra "s'activer à l'occasion de moment cruciaux".
Le "comité de veille écologique" de la Fondation et l'Alliance pour la planète évaluent en permanence les programmes des différents candidats "qui ont jusqu'au 22 avril pour améliorer leurs scores".
Le classement est actuellement dominé par les Verts, qui obtiennent 16,5 sur 20. Ségolène Royal, qui s'est présentée mardi comme "la seule candidate de l'écologie" au sortir de sa rencontre avec Nicolas Hulot, est deuxième avec 13 sur 20.